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Publié par Richard

L’enfant qui avait tout vu  !

Une chronique de Christophe Rodriguez

En plein été et un tant soit peu à l’abri du virus, nous avons été happés par cette bande dessinée historique qui relate la terrible bataille du Vercors en 1944. Loin des questionnements peu subtils auxquels nous assistons en ce moment «  Avoir le droit ou pas » et pire encore: porter l’étoile jaune (symbole des camps de concentration) pour évoquer le passeport sanitaire, relève d’une imbécilité crasse.

La ferme de l’enfant Loup parle de courage, de volonté ainsi que de résilience. Puisant dans un classique de la Seconde Guerre mondiale ou plus de mille résistants périrent dans le maquis du Vercors, éliminé par l’armée allemande et de «vaillants miliciens français», les auteurs ont aussi fait appel au cinéma de François Truffaut avec L’enfant sauvage ainsi que la fresque inoubliable du tandem Christin/Bilal, Les phalanges de l’Ordre noir.

Un enfant perdu et la solidarité

À 2341 mètres, chevauchant les départements de l’Isère et de la Drôme, se situe le massif du Vercors. En 1944, ce plateau peu accessible vit arriver des milliers de maquisards ( hommes et femmes), prêts à défendre la liberté et bouter hors de l’hexagone, l’envahisseur. JDM Morvan, à qui nous devons, la très belle version: Les croix de bois de Roland Dorgelès, appuyé son par complice dessinateur/Argentin, Percio et le coloriste Patricio Delpeche fait donc revivre cette épopée tragique avec un enfant –Loup. Ce dernier ayant survécu au massacre de sa famille par les nazis est devenu «  un petit homme des bois ». Vivant de chasse, fuyant les humains, presque analphabète, il deviendra le lien entre tous ces résistants, issus de divers affrontements avec l’ennemi. 

Avec une puissance graphique qui laisse presque pantois, le tandem Morvan/Percio surprend. Ils dressent le portait hétéroclite, de ces hommes et femmes, nous racontent leur histoire et ce qui les animent. Entre la guerre et cet enfant attachant, victime qui finira par comprendre, grâce à de judicieux allers –retours, vous plongerez corps et âme dans cette histoire émouvante, dont la conclusion vous tirera presque des larmes.

Une lecture utile en ces temps si troublés, un morceau d’humanité où le courage ainsi que la passion ne se discutaient pas, quand les enjeux étaient loin d’un bout de tissu facial. La liberté en tout ce qu’elle a de plus crucial et non pas «  la liberté du moi d’abord ».

Bonne lecture !

 

 

La ferme de l’enfant-Loup

JDMorvan/ Percio/ Delpeche

Albin Michel

68 pages

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