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Publié par Richard

Une chronique de France Lapierre

Je suis une « abonnée » aux romans de Sergine Desjardins[1]. Avec « Un souvenir, mille remords », elle est au sommet de son art! Avant d’esquisser l’histoire, précisons que l’écriture de Sergine Desjardins est rythmée, imagée et chargée d’émotions.

Sur la page liminaire, on lit la mise en garde de Susan Sontag :

« Ne détournez pas le regard. Comprenez de quoi se nourrit une guerre. »

Le ton est donné. La toile de fond du roman se situe vers fin de la Deuxième Guerre mondiale, en Europe, mais aussi au Québec.

Au Québec, Rose Dubeau travaille à l’école de tir de Mont-Joli alors que sa sœur Dorothée se trouve un emploi à l’Arsenal de Québec. Les deux sœurs vivront des vies tout à fait différentes. L’une devra accoucher en cachette à la Miséricorde alors que l’autre sera parachutée en Normandie.

L’intrigue est dense et complexe. Sergine Desjardins parvient à mêler les destins des Québécoises à celui de Kalinda Cohen, une Tsigane emprisonnée à Auschwitz. La narration en parallèle est menée avec maitrise et le récit est riche en rebondissements.

Les détails quotidiens de la vie au camp d’Auschwitz-Birkenau sont explicites et souvent difficiles à supporter. J’ai beaucoup lu sur les camps de concentration; j’ai même visité la maison d’Anne Frank et les camps d’Auschwitz-Birkenau. Le travail de recherche est colossal, mais jamais on ne sent la documentation plaquée sur l’intrigue; elle s’y intègre parfaitement.

Les femmes sont fortes dans les romans de Sergine Desjardins. Au moment où Inge, la mère de Kalinda, s’apprête à révéler à la kapo que sa fille est une virtuose afin qu’elle soit admise dans l’orchestre des femmes et ainsi lui sauver la vie, voici le dialogue entre la mère et la fille :

« Et puis, cette autre qui récite chaque jour de la poésie. Toutes ces femmes ont une chose en commun.

  • Laquelle demande Kalinda? en reniflant.
  • Elles ont une vie intérieure riche, remplie de beauté, répond Inge.
  • C’est ce qui leur permet de garder espoir?
  • Oui. La force mentale peut être plus forte que la force physique.  p.162

La résilience n’est pas ici un vain mot.

De nombreuses années après la fin de la guerre, les survivant.e.s se retrouveront dans des circonstances pour le moins étonnantes, mais tout à fait plausibles.

Si vous ignorez ce qu’est le syndrome Tako-Tsubo, vous l’apprendrez. Tout comme vous rencontrerez un musicien tsigane, nommé Django Reinhardt ou que vous constaterez le pouvoir des arts et de la musique…Je n’en dis pas plus.

Je vous laisse le plaisir d’être emporté.e dans cette histoire foisonnante qui se classe dans les romans historiques d’ici à lire absolument!

Bonne lecture!

 

Un souvenir, mille remords

Sergine Desjardins

Guy Saint-Jean éditeur

2021

 

 


[1] Romans de Sergine Desjardins : https://www.sergine-desjardins.com/

 

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