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Publié par Richard

Du blues, un vrai thriller et une chanson cachée !

Une chronique de Christophe Rodriguez

Avouons que nous sommes gâtés cette saison. Après Les promises (Albin Michel) de Jean-Christophe Grangé qui plongea avec férocité dans l’histoire de IIIe Reich, voici que Hervé Gagnon, grand spécialiste des Templiers et du Montréal des années 1900 avec son bienaimé Joseph Laflamme, nous fait découvrir dans un fascinant thriller aux accents du sud, la vie plus que mouvementée du bluesman Robert Johnson. Né en 1911 et disparu de façon brutale (empoissonnement) en l’année 1938 à Greenwood, Robert Johnson fut une icône du blues, et source d’inspiration pour  Jimi Hendrix, Eric Clapton, Bob Dylan ou Keith Richards.

Classé en 2003 comme l’un des cinq grands guitaristes de blues, son aura, plus que mystérieuse alimenta la nouvelle et pas que dans le monde de la musique. Comme l’emplacement exact de sa tombe n’est pas connu, trois stèles marquent donc le passage sur terre, de cet homme qui comme dans l’opéra Faust, aurait signé un pacte avec le diable pour conserver sa voix ainsi que son style unique.

Séducteur sans être un gigolo, il attisa la jalousie, d’où sa mort prématurée. Sans avoir une abondante discographie, certaines de ses compositions sont devenues des standards tels Kind Hearted Woman Blues, Crossroad blues, From Four Till Late, Me and The Devil Blues et bien entendu, Sweet Home Chicago!

Fou de blues et de polar

Avec cette brique de 500 pages qui vous tiendra en haleine du début à la fin, Hervé Gagnon a cédé au plaisir coupable de nous faire partager son amour pour Robert Johnson et le blues. Au fil des pages, et entrecoupées d’extraits de chansons qui servent admirablement ce polar musclé, où nous retrouvons, des accents de James Lee Burke, un clin d’œil appuyé au roman/film : Angel Heart/ Falling Angel de William Hjortsberg, et pourquoi pas Le matou (Yves Beauchemin) avec la présence inquiétante d’un collectionneur; l’auteur nous transporte sur les routes du blues, de nos jours et bien avant..

Tout commence quand l’historien Donald Krane et l’anthropologue Virginia Craft reçoivent un étrange coup de fil. Une ville dame leur propose de récupérer une petite boite qui contient certains objets ayant appartenu à la légende du blues, Robert Johnson. Toute l’intelligence de l’auteur sera de vous faire aimer le blues, le suspense intelligemment construit aux frontières du surnaturel avec ses « mojos » qu’ils soient blancs ou noirs, les poudres de sorciers et l’adorable arrière grand-mère, Mama Cornelia qui cache bien des secrets, cigare au bec et verre de «  moonshine » accompagnant ses observations et son combat contre le fantôme du passé.

Le blues est cruel et certains chanteurs en feront les frais, parce que la 30e chanson de Robert Johnson s’avéra être la clé de tout. Heureux nous fûmes après cette ode au blues que nous classerons sans contredit comme l’un des livres les plus achevés de l’année littéraire. Et pour compléter le tout, faites confiance au guitariste/chanteur Steve Hill qui ouvre la marche de façon splendide.

Bonne lecture !

 

Crossroads

Hervé Gagnon

Hugo/ Roman

530 pages

 

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