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Publié par Christophe

Un formidable roman historique par "un trafiquant d’histoire" !

Par Christophe Rodriguez

Ce n’est pas la première fois que je dis et j’écris tout le bien que je pense du romancier Lionel Noël. Mais avouons qu’avec Halifax Express, ce «  trafiquant d’histoire  » selon les mots du Soleil de Québec s’est surpassé. Alternant entre les faits réels et les personnages qui ont façonné la Seconde Guerre mondiale (le premier ministre William Mc Kenzie King, William Stephenson, maitre-espion, Beria, âme damnée du régime stalinien, le truand Rocco Perri, le Sein Fein et  la pègre irlandaise de Montréal, sans oublier ses bas –fonds et autres lieux mal famés), votre plaisir sera décuplé.

De l’or en barres, ça attise les convoitises

Quand les soldats de la Wehrmacht déferlent sur l’Europe en 1940, la Grande-Bretagne avec Winston Churchill en tête, sait très bien qu’il faudra verser «  du sang et des larmes ». Voulant mettre à l’abri ce qu’il y a de plus précieux qui est aussi le nerf de la guerre, soit l’argent ainsi que les lingots d’or, la banque centrale décide de faire transiter des millions de dollars au Canada par Halifax.

Si tout ceci est véridique, Lionel Noël s’emploie à détourner légèrement le cours des évènements en créant un casse de toutes pièces, organisé par l’ennemi juré de l’officier François Lemay; Sean Finnegan. Ce redoutable irlandais, spécialiste des coups tordus, qui rend parfois service à la pègre montréalaise a récemment abattu le meilleur ami de notre héros, lors d’un vol de banque qui a très mal tourné.

Mais, il n’est pas question que d’argent. Dans toutes les capitales, les services de contre-espionnage sont en état d’alerte et en sol canadien, et soviétique Igor Gouzenko (tout ce qu’il y a de plus vrai), annonce qu’il veut passer dans le camp ennemi accompagné de lourds secrets. Si, ce n’était que cela  ! 

Toujours à la poursuite du trouble Sean Finnegan, Françoise Lemay s’active en compagnie de la redoutable Anne Doucet. Il essaie de débusquer la femme, celle qui fit battre le cœur de l’irlandais : « Delphine, Queen et déesse du Montréal exotique », chanteuse à ses heures. Cette filature va les mener au cœur de la Main, lieu de toutes perditions, fief de la pègre italienne qui sent le vent tourner, avec la guerre aux portes.

Admirablement documenté, nous sommes presque en plein reportage, puis l’ami Noël pousse le bouchon un peu plus loin. Entre 1940 et 1945, l’horreur atteindra son comble avec la découverte des camps de concentration et plus particulièrement celui de Ravensbrück où la dame en question a survécu. D’histoires en aventures et de dialogues en découvertes, Halifax Express vous clouera véritablement à votre fauteuil. Cette relecture de l’histoire est sans contredit l’une des très grandes surprises de cette saison littéraire. Si vous passez au Salon du livre de Montréal, courez voir cet auteur aux multiples talents.

Bonne lecture !

Halifax Express

Lionel Noël

Éditions À Lire

448 p

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Commenter cet article

Lionel Noël 10/10/2019 12:26

Merci ???? de cette superbe critique.

Richard 16/10/2019 04:03

Pleinement mérité !