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Publié par Sylvie

 Ça, c’est comme demander comment on joue un concerto pour violon. Peu importe que toutes les notes soient écrites, que vous puissiez les lire ou même que vous soyez un grand violoniste. Il vous faut atteindre un état ou vous ne pensez plus à ce que vous êtes en train de faire. Vous le faites, tout simplement. 

Chronique rédigée par Sylvie Langlois, collaboratrice à Polar, noir et blanc

 

Un roman noir, puissant, truffé à la testostérone.

 

Afrique du Sud, township de Nyanga près du cap. Un taudis délabré rongé par le temps abrite sous ses décombres un bar glauque. Tout près, dans le stationnement, à côté de deux rutilantes voitures, une blanche et une rouge sang, se cache une jeune itinérante noire, affamée, espérant mettre la main sur les restes d’un simple burger jeté dans le conteneur à ordure par un grand noir en costume sombre et chemise blanche.

Mal lui en prit, elle se dirige vers le conteneur, y grimpe et au moment d’atteindre son butin, elle entend des voix, une voiture démarre, elle se laisse tomber au sol, aveuglé par les lumières de la voiture qui se dirige droit sur elle. Impact.

Au volant, Dirk, un jeune et riche Afrikaner, bourré jusqu’à la moelle. Accompagnés de ses acolytes, ils prennent la fuite laissant la jeune fille agonisant sur le sol desséché. Qui va se soucier de la mort d’une délaissée pour compte, la police locale s’en balance, une autre de plus ou de moins dans ce bled perdu passera inaperçu dans ce coin ou règne la désolation.

Tout le monde s en fout, sauf Turner, un flic noir du Cap. Déterminé à rendre justice coûte que coûte, il identifiera facilement le coupable. Même si celui-ci est le fils de la richissime Margot Le Roux, propriétaire d’une mine de manganèse. Turner est déterminé à traverser le désert pour rendre justice et de son côté, Margot est prête à tout pour protéger son fils promu à une carrière d’avocat. Elle ne laissera pas un simple flic venu des Township ruiner l’avenir de son fils. La rencontre entre le policier et le clan de la famille Leroux sera sans merci, un affrontement dont personne n’en ressortira indemne, ni même vous chers lecteurs ! Un magistral duel de titans entre la justice et le pouvoir de l’argent et de la corruption.

La mort selon Turner, est un roman noir, une lecture coup de poing qui vous laisse pantois. De chapitre en chapitre, la pression monte, les morts parsèment le chemin de Turner. C’est violent, sanglant, cruel. On est happé par le rythme époustouflant. Tim Willocks, avec son écriture implacable m’a bouleversé, choqué, scotché... une certaine scène se déroulant dans le désert m’a secoué les entrailles au plus haut degré. Ouf, Ahurissant !

Mais, il m’a aussi surtout ému par la précision et la justesse de ses mots, j’ai ressenti une certaine empathie pour Turner, ce protagoniste dont la force nous ébranle et vient chercher nos émotions.

Une ballade sanguinaire dans un désert aride, au pays de la soif, au côté d’un flic aux principes bien ancrés, possédant une certaine zénitude et qui tout en contraste n’a pas peur de sombrer dans une violence insatiable pour atteindre sa soif de la vérité.

On le lit... oui, si on n’a pas froid aux yeux et le cœur bien ancré !

Tim Willocks, rejoint le rang des grandes pointures avec ce très, très bon roman noir.

Bonne lecture !

 

 

Tim Willocks

La mort selon Turner

Sonatine

2018

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