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Publié par Richard

Les visions d’un enfant

Une chronique de Christophe Rodriguez

À 74 ans et pour reprendre une expression familière, Stephen King « ne lâche pas le morceau ». Contrairement à bien des aficionados, je ne suis pas un grand lecteur du maître,  et parfois ses écrits, me sont tombés, des mains. Mais quand il écrit sur l’enfance, il faut considérer que sur ce terrain, sa plume comme ses idées sont imbattables.

Après qui est loin d’être un roman d’horreur, tant mieux, télescope habilement le mode du surnaturel avec un très bon polar, assez excitant. Loin des romans-fleuves qui dépassent souvent les 500 pages, cette nouveauté se lit, et sans digressions.

Jamie, 10 ans tout au plus, serait un enfant comme les autres, s’il n’avait pas le pouvoir de parler aux morts. Le premier chapitre avec de bonnes pointes d’humour ouvre pour ainsi dire le bal . Sa mère qui a connu des revers de fortune est agente littéraire. Sans pour autant délaisser son rôle, elle travaille presque constamment recherchant la perle rare et soutenant ses auteurs vedettes qui apportent de l’eau et de l’argent à la maisonnée évidemment. Si elle devine les visions de son fils, sans pour autant prendre cela pour une lubie, elle continue à penser, du moins pour un certain temps, que les enfants imaginent beaucoup de choses, parfois pour se distraire.

Liz, amie de sa mère, est une policière sur le déclin. Consommant des drogues dures, endettée un peu trop, elle essaie de donner un coup de fouet au destin et Jamie y sera pour quelque chose. Depuis une dizaine d’années, un poseur de bombes astucieux, qui accroche les charges mortelles dans les cabines téléphoniques, nargue les policiers. Une simple erreur lui coûtera la vie (il se suicidera), mais il avait un dernier plan à mettre en exécution. Très au courant du don de Jamie, Liz cherche à entrer en contact avec le tueur décédé qui niche sur un banc de parc. «  Le petit » va réussir à ses risques et périls, puisque le poseur de bombes viendra malheureusement le hanter.

En parallèle , l’auteur fétiche de sa mère, celui qui faisait rouler la maison d’édition, vient de succomber à une crise cardiaque. Dans ses tiroirs, il avait un dernier roman qui pouvait apporter gloire et fortune. Délaissant son amour propre, la maman de Jamie, lui conjure de parler à ce bon vieux Régis Thomas. Qui effectivement, livrera la clé du roman.

Ne pouvant, écrire puisque passé de vie à trépas, c’est la mère du petit Jamie qui se chargera, tel un écrivain fantôme de donner naissance à la saga du romancier, procurant à la famille, un certain vent de liberté et de souffle financier.

Toute l’intelligence de King, passe dans ce petit garçon, qui, narrateur de « ses aventures », se trouve plongé dans les roueries du monde adulte, sans toutefois en vouloir à sa mère. Vous découvrirez aussi l’Oncle Henry, la cupidité de Liz aux abois et finalement, que parfois, les fantômes peuvent servir à quelque chose. Un grand cru et une belle leçon d’écriture!

Bonne lecture !

 

Après

Stephen King

Albin Michel

296 pages

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