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Publié par Richard

Des enfants  à la dérive

Une chronique de Christophe Rodriguez

«  Libaarté »,  «  dictature », «  guerre civile ». Combien d’âneries ou de faussetés lisons-nous et pas uniquement sur les réseaux sociaux au sujet du passeport vaccinal et l’imposition du masque. Ce nombrilisme de gens à l’abri du danger fait oublier qu’ailleurs, les exactions, la guerre dans son plus simple appareil sont monnaie courante. Encore une fois, nous souhaitons à ces agités du bocal, de lire `Un coin de ciel brûlait".

Ce polar qui télescope le roman avec la réalité la plus dure qui soit et qui touche les enfants, nous transporte en Sierra Leone, un des pays les plus pauvres du continent africain. Rongé par une guerre civile qui fit entre 100 et 200 000 morts, ce n’est hélas qu’un chiffre en dessous de la réalité, Laurent Guillaume place l’enfant-soldat  au cœur du trafic de diamant, principale ressource de ce petit pays.

Sauve-toi Neal

À douze ans, le petit Neal Yeboah ne se doute pas que sa vie va suivre un cours tragique. Quand la guerre éclate en 1992 au cœur de la Sierra Leone, il est enrôlé comme enfant soldat, après avoir vu sa famille disparaitre sous la machette des bourreaux. Trente ans plus tard, la journaliste d’enquête Tanya Rigal enquête sur les meurtres mystérieux de supposés hommes d’affaires, tous reliés de près ou de loin au veau d’or diamantaire.

De Freetown à Morovia et de Nice à Washington, nous allons croiser la route de puissants personnages, certains honnêtes (cela existe) et de mercenaires qui au rythme des évènements vont devenir intégrantes de ce flamboyant roman, dramatique dans tous les sens du terme qui pourrait rappeler à certains, les écrits d’Albert Londres sur la construction des chemins de fer en Afrique (1923) et son « Ébène noire ».

Toute l’intelligence du romancier, ancien capitaine de police, est de transposer l’angoisse du lecteur, dans ce petit garçon, devenu malgré lui, un féroce soldat, tireur d’élite. De la sauvagerie qui déferle sur les villages, à l’innocence perdue du petit Neal, tout pousse le lecteur dans ses derniers retranchements.

Montée comme une mécanique implacable à la manière d’un John Le Carré, cette brique de 500 pages est aussi une dénonciation en règle d’un certain ordre mondial qui trafique, et peu importe, la vie si fragile des innocents et des enfants.   

Bonne lecture !

 

 

Un coin de ciel brûlait

Laurent Guillaume

Éditions Michel Lafon

493 pages

2021

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