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Publié par Florence

Chronique rédigée par Florence Meney, collaboratrice à Polar, noir et blanc.

La "Dopamine" est un neurotransmetteur essentiel dans le règlement de l’humeur. C’est aussi le titre d’un petit livre tout discret dans sa couverture brune genre papier kraft semblant défier toutes les règles d’attractivité qui s’est glissé subrepticement dans la pile de mes services de presse. Pourquoi et comment, avec son allure humble et son modeste volume, a-t-il attiré mon attention? Qui sait? Mais je ne peux que me féliciter de l’avoir entamé par un après-midi ensoleillé, car, dès la première ligne, il m’a saisie aux tripes et ne m’a pas lâchée.

Nombreux sont les romans qui s’attachent à aborder, à décrire, à disséquer le mal de vivre sous toutes ses formes, mais Dopamine  parvient à nous y plonger avec une étonnante vérité. Ce premier opus de Jeanne Dompierre, publié chez Québec  Amérique dans la collection La shop, plonge en effet dans l’histoire trouble d’une jeune fille de bonne famille aux prises avec les troubles de l’humeur,  avec les tourments de la personnalité limite et les troubles alimentaires. Une jeune femme qui est en théorie choyée par la vie mais plutôt mal aimée et très seule dans sa souffrance.

Ayant touché le fond du baril et épuisé son entourage et jusqu’à elle-même, elle doit impérativement passer par la case centre de désintox pour repartir sur l’échiquier de sa vie. Le lecteur suit son récit à la première personne dans cet univers clos, quelque part entre prison et camp de vacances, un milieu qu’elle rejette avec violence avant d’en accepter l’aide. La plume sobre et incisive de l’auteure nous force à adhérer aux hauts aux bas de notre anti-héroïne, fuyante, charmeuse et immature, intelligente, manipulatrice et attachante, à travers les rapports aussi fluctuants que son humeur avec les thérapeutes et les pensionnaires du centre. A coups de bribes d’espoir et de ressac, Jeanne Dompierre nous rappelle que la guérison est un processus complexe et fragile, mais que reprendre pied est possible.

Rien de simplet ou de jovialiste dans ces  trop courtes 160 pages, ni a contrario de complaisance excessive dans la noirceur. Un bon premier roman qui laisse bien présager pour la suite en ce qui concerne cette auteure.

 

Résumé de l’éditeur :

Tu n'as jamais été bien nulle part. Déjà, petite, tu avais le sentiment d'être immense, de prendre trop de place, une place qui n'était pas la tienne. Enfant, tu te rêvais ailleurs. Tu ne pouvais pas encore comprendre qu'il était impossible d'échapper à cette vie-là, même si tu ne l'avais pas choisie. Tout le monde a peur. Tout le monde ment. Sans jamais trouver tout à fait le courage de fuir pour de bon, tu as continué à multiplier les tentatives d'évasion, même temporaires. Le parfum de l'adrénaline t'enivrait, tu t'es mise à le traquer partout, dans le mensonge et dans le vol, puis dans l'inanition, dans le sexe, dans la drogue. Être une jeune femme de bonne famille ne met pas à l'abri de tous les périls. À la dérive et obnubilée par le désir de mourir, elle aboutit dans un centre de désintoxication. Entre les thérapies, les moments de détresse et les cigarettes dans le stationnement, elle apprendra à se confronter à elle-même. Au bout de deux mois à faire semblant d'y croire, peut-être sera-t-elle enfin devenue un humain de meilleure fabrication ?

 

Dopamine

Roman

Jeanne Dompierre

Québec Amérique

160 pages

 

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