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Polar, noir et blanc

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Par Florence Meney

 

Pendant des pages et des pages de ma lecture de L’envers de l’espoir, de l’Allemande Mechtild Borrmann, j’ai eu du mal à discerner en quoi le roman pouvait être étiqueté comme policier. Et pourtant, il n’y a pas à dire, l’intrigue policière y est bel et bien présente, complète et bien étayée. Mais c’est sans doute qu’elle s’intègre avec une parfaite harmonie et même qu’elle se subordonne à la richesse d’un récit qui suit avant tout les destins humains, d’hommes et surtout de femmes qui se croisent, s’aiment et se tuent, évoluant à travers les décennies marquées par l’apogée puis la chute du Bloc communiste. Avec, symbole ultime de l’absurdité mortifère du totalitarisme, la tragédie de Tchernobyl.

 

L’histoire

 

Une femme vieillie avant l’âge par la solitude et la souffrance, Valentina, vit ou plutôt survit dans l’indigence absolue, au coeur de la zone interdite de Tchernobyl. Elle y attend désespérément le retour de sa fille disparue dans le sillage d’autres jeunes femmes, parties pour échapper aux ruines de leur monde vers des promesses de cieux plus cléments et d’une vie facile en Allemagne. Dans un cahier, à la lumière rare et pour tromper l’angoisse de l’absence, Valentina relate pour sa fille les années d’horreur et de mensonges qui ont entouré la catastrophe de la central nuclaire, dont la gravité a longtemps été niée par les autorités soviétiques et dont les consequences se ressentent encore aujourd’hui. Loin de là, dans une campagne allemande, un homme solitaire recueille une jeune fille traquée par un groupe de malfaiteurs sans merci. En Ukraine, un enquêteur brave l’interdit de ses patrons pour tenter de remonter à la source d’un traffic humain. Le passé des protagonistes, leur present et puis leur avenir ou plus souvent son absence se déploieront sous nos yeux pour se rejoindre en un paroxysme implacable et désespérant de lucidité.

 

L’envers de l’espoir est un roman magnifique, tracé d’une plume poétique qui jamais ne succombe au lyrisme facile. L’auteure parvient à faire surgir des ruines dévastées de la campagne entourant Tchernobyl la beauté d’un soleil hivernal et la grandeur d’une âme droite qui tente de survivre, contre toutes probabilités. Celle qui s’est aussi distinguée à travers quatre autres romans semble trouver sans effort les liens légers et forts qui vont nous attacher à ses personnages, ces êtres lourds de leur passé et de leur origine, tous, dont l’étoffe est tissée dans les larmes et l’abandon, dans la lâchetés des gouvernants aussi. Car L’envers de l’espoir est aussi et peut-être avant tout un réquisitoire sans appel contre les régimes politiques des pays de l’Est de l’après-guerre, l’auteure renvoyant dos à dos communistes et régimes du monde dit libre.

 

Au passage et sans jamais trop s’appesantir, le roman touche une foule de sujets encore brûlants d’actualité, de l’enfance martyrisée aux disparités sociales, en passant par la force du mensonge et l’incommunicabilité entre les êtres.

 

À lire, absolument.

 

L’envers de l’espoir
Mechtild Borrmann

Éditions du masque

2016

L'envers de l'espoir

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Published by Florence Meney - - Roman allemand

Le mariage de plaisir

Tahar ben Jelloum est un écrivain que j’ai toujours lu avec plaisir. J’ai encore en mémoire le magnifique « L’Enfant de sable » ou l’angoissant "Cette aveuglante absence de lumière ». Cet auteur nous plonge en plein centre d’un monde magrébin qui nous est inconnu avec une langue tellement belle et une poésie aux odeurs de cannelle.

« Le mariage de plaisir », comme à peu près toute la production littéraire de Tahar ben Jelloum, jette un regard critique sur la société marocaine. Il se penche sur un aspect méconnu de nous, Américains du Nord, le racisme entre les personnes de race blanche arabe et les Noirs de l’Afrique subsaharienne.

Amir est un marchand d’épices à Fès ; il y vit avec son épouse et ses enfants. Son dernier fils est un enfant trisomique qui en peu de temps, devient le soleil de tous ceux qui l’entourent même si au début de sa vie, son père veut le jeter à l’eau comme un vulgaire déchet.

Chaque année, Amir quitte Fès pour se rendre au Sénégal afin de faire provision des épices qu’il vend dans sa boutique. Et comme l’islamisme le permet, il s’y marie avec une très belle femme noire, le temps d’un « mariage de plaisir ». Cette notion un peu particulière autorise les voyageurs musulmans à se marier en toute légalité, pour une durée bien définie, afin d’éviter toute tentation aux hommes de fréquenter les prostituées.

Tous les ans, Amir épouse donc Nabou et il découvre passion, liberté et créativité sexuelle. Pour ce séjour, il amène Karim, son fils trisomique, autant pour lui faire connaitre un autre monde que pour lui présenter sa « femme temporaire ». Mais cette fois-ci, l’échéance de son mariage lui pèse … et il décide de ramener la belle Nabou pour en faire son épouse permanente. Cependant, il est bien conscient que ce ne sera pas facile. Lalla Fatma, sa première épouse légitime, ne voit pas la chose du même œil et décide de faire toutes les misères du monde à cette « femme de mauvaise vie » !

Ce n’est que le début des problèmes de la belle Sénégalaise ; elle sera victime de nombreuses manifestations de racisme et d’ostracisme. Et tout devient encore pire à la naissance de ses jumeaux, un garçon blanc comme son père et l’autre, aussi noir que sa mère.

Cette histoire, extraordinairement bien écrite, nous trace un portrait assez sombre de l’ouverture à la différence d’une certaine catégorie de personnes marocaines. Sans généraliser outrageusement, on imagine bien cette société peu ouverte, refermée sur elle-même et capable de hiérarchiser les gens en fonction de l’intensité de la couleur de la peau. Tahar Ben Jelloum pose un regard perçant et dur sur l’homme raciste, incapable d’accepter l’autre pour des raisons futiles.

Comme dans chacun de ses textes, Tahar Ben Jelloum décrit le monde magrébin avec un style et un langage bien personnels. On le lit pour ses qualités de conteur, mais aussi pour la beauté de sa langue. Pour mieux connaitre ce monde si éloigné du nôtre. Autant quand il décrit les rues étroites et achalandées de la ville impériale, autant quand il nous balade dans les rues de Dakar, l’auteur réussit à nous faire vivre, voir et sentir l’atmosphère des endroits que ses personnages foulent.

Prenez plaisir à suivre Tahar Ben Jelloum et ses personnages attachants et tellement humains. Marchez avec Amir ! Admirez Nabou ! Écoutez Karim ! Vous ne regretterez pas ce voyage au pays des mariages de plaisir.

Quelques extraits

« Le corps de Nabou, d’une souplesse magnifique, se donnait avec force et élégance aux fantaisies d’Amir. C’était comme si un être invisible leur dictait ce qu’il fallait faire et leur suggérait qu’ils étaient en train de vivre une expérience qu’ils ne revivraient jamais. »

« Tu sais, un vieux sage disait qu’il faut rendre grâce à Dieu d’avoir inventé le cheval, sinon, les Blancs auraient utilisé les Noirs comme monture. »

« Fès était le tombeau du Temps, la source enchantée de l’Esprit, le refuge des repentis et le divan des poètes qui tissaient de leurs vers les ruelles sombres et étroites. »

« L’heure fatidique était venue. L’heure où l’absent est présent dans tous les esprits. »

Bonne lecture !

Le mariage de plaisir

Tahar Ben Jelloum

Gallimard

2016

261 pages

Tahar Ben Jelloum nous présente son roman.

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Published by Richard - - Romans magrhébins

Les enfants désobéissants finissent toujours par être abandonnés.

Les enfants indociles

Les enfants indociles de Marie Charrel

Toujours dans ma veine de m’éloigner un peu (pas trop loin, quand même …) du polar, j’ai eu le grand plaisir de lire « Les enfants indociles » de Marie Charrel. Quelle belle et bonne surprise ! J’ai tout simplement adoré ! Autant j’ai aimé l’histoire (presque un thriller …), autant j’ai aimé le style et l’écriture de Marie Charrel.

Je vous le dis d’entrée de jeu, je vous recommande fortement la lecture de ce merveilleux roman qui saura vous charmer de bien des façons.

Claire Jarnon est une jeune femme taciturne, solitaire et sans grandes ambitions. Sa vie tourne autour de son emploi de rédactrice d’horoscope quotidien et de sa grand-mère, une auteure à succès, excentrique et anticonformiste. Madeleine Jarnon vit dans une résidence pour personnes âgées depuis plus d’un an. C’est elle qui a élevé Claire, sa mère et son père ayant tour à tour quitté le foyer sans un mot d’avertissement. La grand-mère a tenté, avec plus ou moins de succès, de combler ce vide, cet abandon, en offrant à Claire, une enfance déjantée, peuplée de surprises et de défis à surmonter.

Un jour, Claire apprend que sa grand-mère a disparu. Évaporée dans la nature. Plus aucune trace d’elle. Serait-elle abandonnée encore une fois ? Est-ce son unique destin d’être quittée par les gens qu’elle aime ? Cela lui semble impossible ! Elle décide donc de partir à sa recherche.

Et comme son extravagante grand-mère ne fait rien comme les autres, très rapidement, Claire recevra une série de lettres, lui offrant des défis à surmonter. Et cela, en se servant de la phrase qui animait toujours les jeux de sa jeunesse : "cap ou pas cap ?"

À travers des épreuves qui semblent parfois loufoques, parfois effrayantes, Claire partira à la recherche d’elle-même, de ses peurs et de ses ambitions secrètes. Rencontrant des personnages farfelus, dépassant ses propres limites, elle se plongera dans l’imaginaire littéraire de sa grand-mère pour combattre graduellement, l’héritage particulier de sa jeunesse marquée par l’abandon. Comme un poussin naissant, Claire brisera sa coquille, son armure, en réalisant chaque épreuve de son parcours. Entre autres, porter des chaussures zombies pendant toute une journée, poser nue, démissionner de son emploi, etc.

Marie Charrel nous propose ce conte moderne comme une chronique consacrée à la vie. Et en même temps, elle met en scène une allégorie, preuve vivante des bienfaits de la littérature. Claire, c’est un peu, beaucoup nous, qui grâce aux personnages, au récit et à l’imaginaire des auteurs que nous rencontrons, nous permettent d’enjoliver la vie et d’apprendre ce qui nous habite vraiment. La littérature demeure un miroir fidèle de ce que nous sommes, mais surtout, de ce que nous devrions ou voudrions être.

En prime, Marie Charrel nous charme avec une écriture toute en nuances, avec une poésie intime et inspirante. Les extraits des romans de la grand-mère Magda (surnom de Madeleine) mettent une touche onirique au récit et participent grandement à la beauté de l’écriture. Préparez-vous à passer par une gamme d’émotions fort variées, du ludique au tragique, de l’excentrique au dramatique, et ce, toujours avec une écriture créative et limpide. Marie Charrel réussit le défi de nous amener au-delà des mots et de s’adresser directement à nos sentiments.

Je vous recommande grandement ce roman pour le plaisir de lire, pour découvrir une auteure remarquable et surtout, pour jouir du bonheur qu’apportent les idées et les phrases de ce récit.

En voici quelques exemples, juste pour vous mettre l’eau à la bouche, vous mes lecteurs, enfants indociles !

« Cet enfant-là avait un don très spécial. Il murmurait à l’oreille des anges. »

« - Maman, murmura Claire et le mot lui écorcha les lèvres.

Les « m » comme des petits poignards. Les « a » tels des épines.

Maman. »

« Alors que certains nourrissent cette illusion longtemps, parfois même toute leur vie, Claire avait compris qu’elle n’était pas une personne spéciale. »

« Elle avait des seins comme des brioches chaudes à peine sorties du four, des hanches comme celles d’une contrebasse enchantée. Et ses fesses ! Je vais vous confier quelque chose, souffle-t-il en se penchant un peu plus. Ces fesses étaient aussi belles que la croupe des Brésiliennes. »

Et un titre formidable : « De l’art d’oser la folie pour trouver la sagesse. »

Et enfin, je m’arrête ici, car j’en aurais des dizaines d’autres … : "Ta grand-mère était une enfant indocile. Elle est devenue une femme libre. »

Bonne lecture !

Les enfants indociles

Marie Charrel

Rue Fromentin

2016

236 pages

Une présentation du roman

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Published by Richard - - Romans français

Inhumaine de Patricia Cornwell

Par Florence Meney

Les amateurs de l’univers sombrissime des enquêtes de l’experte médico-légale de Virginie Kay Scarpetta retrouveront avec plaisir leur héroine, ce quasi alter-égo de l’auteure américaine Patricia Cornwell, dans son roman Inhumaine, publié en français chez Flammarion. Fidèle au reste de son œuvre substantielle (plus d’une vingtaine de romans tous plus touffus les uns que les autres), la maitresse du polar médico-légal offre au lecteur un plongeon haletant dans un univers oppressant où règne le crime et où le mal rôde dans les moindres recoins, n’accordant aucun repos aux protagonistes.

Le Mal est partout et il est féminin

Kay Scarpetta enquête cette fois encore sur une mort pas ragoutante (à quand un macchabé appétissant ?) et hautement suspecte. Un cadavre bien juteux est retrouvé dans une vieille demeure de Cambridge. Jusque là, rien que de la routine pour l’experte, jusqu’à ce qu’une glaçante vidéo impossible à arrêter surgie sur son téléphone ne vienne plonger Scarpetta dans l’horreur de la menace faite à ses proches. Quel esprit maléfique cible-il ainsi dans ces images la nièce adorée de l’enquêteuse ? Les vieux fantômes de Scarpetta sont-ils revenus la hanter sous les traits de Carrie Grethen, psychopathe de génie ? Thème récurrent chez l’auteure, son héroine se retrouvera entièrement seule pour affronter les forces des ténèbres qui menacent de pulvériser son monde et d’anéantir ses êtres chers. Inhumaine nous ramène, un peu vieilli mais guère assagi, le comparse malcommode de Scarpetta, le détective Pete Marino, cet attachant malotru, en plus du mari de l’experte, l’agent du FBI Benton Westley. Bien sûr, comme toujours chez Cornwell, le fil complexe de l’intrigue se nouera et se dénouera jusqu’aux ultimes pages, faisant au passage la terre brûlée sur toutes les certitudes. Car le monde de Scarpetta (et sans doute celui de Cornwell) est un monde de complot, de violence et de cruauté, où l’homme est un loup pour l’homme et où les technologies de pointe sont mises au service des violations de la vie privée des individus.

Hymne à la froideur

Au fil de ses ouvrages, Patricia Cornwell a prouvé son impeccable maitrise du genre ainsi que sa capacité à renouveler les intrigues et à conserver intact l’intérêt des lecteurs pour ses écrits. Cependant, la froideur de son approche et la distance infranchissable qu’elle impose vise à vis de son personnage de tête et dans une moindre mesure de tous les autres (hormis Marino, dont le corps empâté semble touché par une sorte de grâce) empêche dans Inhumaine comme dans les romans précédents l’auteure de cette chronique d’éprouver une quelconque empathie, ce qui, avouons-le, limite un peu le plaisir de la lecture. Sans avoir à offrir des personnages roses et bleus, un roman policier, pour susciter l’adhésion du lecteur, doit savoir insuffler à son héros (ou son anti-héros) des caractéristiques, positives ou négatives, mais accrocheuses, qui donneront envie de s’y attacher, même si ce n’est que pour mieux le détester. C’est à mon sens le défaut principal de l ‘œuvre de Patricia Cornwell, mais cette réserve est toute personnelle et sa valeur est tout à fait relative quand on sait que la romancière a vendu 100 millions de livres traduits en 36 langues.

A propos de Patricia Cornwell

Patricia Cornwell est née à Miami, en Floride. Chroniqueur judiciaire, elle fut informaticienne au bureau du médecin légiste (Chief Medical Examiner) de l'État de Virginie, où elle assista à ce titre à un nombre considérable d'autopsies. Elle est membre émérite de l'Académie internationale du John Jay College de justice pénale dédié à l'étude des scènes de crime, et a contribué à fonder l'Institut de sciences médico-légales de Virginie..

Inhumaine

Patricia Cornwell

Une enquête de Kay Scarpetta

Flammarion

2016

Derrière un roman, il y a beaucoup de travail !

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Published by Florence -

« Elle avait envie d’avoir mal partout et néanmoins de continuer, elle aurait voulu que son corps ne soit plus qu’une immense douleur, parce que c’était la seule façon qu’elle connaissait de rester en vie. »

"Jusqu'à la chute"

Jusqu'à la chute de Catherine Lafrance

Attention ! Derrière cette couverture, qui semble tout innocente, tranquille, se cache un roman noir profond, une lente descente aux enfers qui vous fera frémir! « Jusqu’à la chute » est le roman du deuil, le deuil d’une personne qui part et dont l’absence enlève tout désir de vivre. Mais ce roman de Catherine Lafrance est aussi le roman de l’espoir, celui qui nourrit notre résilience et nous transporte vers la lumière. Celle qui éclaire, de loin, les jours trop sombres.

« Jusqu’à la chute » est le troisième roman de Catherine Lafrance ; je n’ai pas lu les deux premiers, mais j’avoue que la tentation est forte d’aller voir la progression de cette auteure. Auteure qui, je pense, aime prendre des risques … et les assumer. Et à qui cela réussit bien.

« Jusqu’à la chute » est construit autour de trois personnages principaux.

Laura est cadre des ressources humaines dans une entreprise bien cotée. Son fils de 20 ans meurt tragiquement d’une façon très particulière (aucunement question de dévoiler cette partie de l’histoire !). Depuis sa mort, elle s’est lancée corps et âme dans le travail, l’alcool et la course à pied.

Lors d’une ballade à vélo, Éric est épargné par un accident fatal qui frappe sa femme, son frère et son meilleur ami. Au moment de ses crises d’angoisse, il monte sur le toit de l’édifice où il habite avec l’intention de se jeter dans le vide. Après quelques minutes, il hésite, laisse passer un moment, la crise s’atténue et il fait marche arrière. Jusqu’à la prochaine fois !

Joe est un jeune Amérindien qui a dû quitter sa réserve pour fuir un passé qui le poursuit et le hante. Après avoir provoqué un incident grave, mais surtout pour fuir une mère aussi maternelle qu’un AK47, il décide de se rendre dans la grande ville, au Sud, retrouver un oncle qui lui a promis un emploi. Le voyage sera difficile, ponctué d’embûches et d’espérances.

Et l’auteure, par ses mots et son style très sensuel, arrive à nous faire partager ses sentiments, son empathie pour des personnages au bord du précipice. On s’identifie rapidement à ces personnes ordinaires qui un jour, voient leur vie basculer. D’un seul coup! Catherine Lafrance entoure ses lecteurs dans un cocon de sensualités enveloppantes et nous plonge, sans avertissement, au cœur du malheur de ses personnages.

Grâce aux talents de l’auteure et malgré la noirceur de ces trois êtres malheureux, on s’attache aux personnages pour ne leur souhaiter que du bien. Tout au long de ces trois histoires racontées parallèlement, on sent l’inéluctable chute, la descente dans le précipice vertigineux du destin. Même s’ils n’ont rien en commun sauf leur malheur, leurs courts moments de joie si furtifs et leur fragile résilience, nous devinons qu’une rencontre est inévitable. Et que probablement, ce sera un choc !

Et pour nous, amateurs de polars et de thrillers, nous terminons notre lecture en appréciant le sens du suspense de l’auteure. Le roman est haletant, les fins de chapitres nous poussent toujours à continuer notre lecture et le rythme demeure effréné malgré quelques descriptions quand même fort nécessaires.

Catherine Lafrance est une auteure à découvrir et je crois que le public friand de polars trouverait un roman à la mesure de ses attentes. J’ai commencé ce roman en pensant que je me reposerais du polar ; au contraire, j’ai été convaincu que l’auteure pourrait être avantageusement comparée à nos auteurs de thrillers préférés.

Je vous recommande « Jusqu’à la chute ». Vous serez conquis !

Et moi, comme amateur de polars, je me souhaite vraiment que Catherine Lafrance se lance dans l'écriture d'un polar. Je suis convaincu qu'elle y réussirait très bien ...pour le plus grand plaisir des lecteurs.

Voici quelques extraits qui ont retenu mon attention :

« C’était facile, au fond. Il n’aurait qu’à se laisser emporter, le corps libre de toute entrave, l’esprit en apesanteur. Le souffle de l’été, chaud et humide, serait comme une caresse sur sa peau durant la descente, et peut-être sentirait-il même le parfum des fleurs accrochées aux balcons devant lesquels il passerait forcément. Qui sait ce que l’on perçoit dans des moments comme celui-là … »

« Bien sûr, c’était un bonheur timide, un bonheur qui marchait sur la pointe des pieds, mais c’était du bonheur. »

Et une très belle phrase de l’auteure dans sa présentation, à la fin du roman : « … même devant la mort nous ne sommes pas tous égaux. Les laissés-pour-compte, les marginaux, ceux qui portent leur misère tout au long de leur vie, les sans-papiers, les sans-espoirs, ceux qu’on a blessés, stigmatisés, écartés, ceux devant qui l’on passe sans les voir, les invisibles à nos yeux… ceux-là n’ont pas de deuxième chance. »

Bonne lecture !

Jusqu’à la chute

Catherine Lafrance

Druide

2015

324 pages

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Published by Richard - - Romans québécois

Dernière escale de Sandra Martineau

Sur la page couverture de « Dernière escale » de Sandra Martineau, il est indiqué … « Roman policier, mais pas que… »! Déjà, cela annonce quelque chose de spécial et le futur lecteur commence à se poser toutes sortes de questions. Très vite, dès les premières pages, on ressent l’impression d’être plongé dans un roman qui transcende le genre.

« Dernière escale », c’est une histoire d’amour qui s’achève. Mais pas que ! C’est aussi un drame psychologique angoissant, une lente mais irréductible descente aux enfers. C’est aussi, un très bon roman policier, un polar passionnant ! Écrit par une auteure aux talents de plus en plus reconnus, quelqu’un que je suivrai avec beaucoup de plaisir.

Richard (non, ce n’est pas moi !), ex-footballeur professionnel, habitué aux honneurs de la gloire, voit sa carrière se terminer dans le scandale de sa vie personnelle. Drame familial dans sa jeunesse, aventures extra-conjugales, drogue et alcool s’additionnent pour former un cocktail explosif qui finit par lui sauter au visage.

Cette croisière à bord d’un paquebot luxueux lui permettra peut-être de chasser ses démons. Malgré tous les plaisirs qui s’offrent à sa famille, à sa femme et à ses deux adolescents, ce sont plutôt ses propres démons qui le pourchasseront. La croisière pourrait-elle rapiécer toutes les brèches de sa vie ? Pourra-t-il oublier qu’il a été responsable de la disparition de sa sœur dont il avait la garde ? Et se pardonner ?

Sera-t-il capable de recréer le contact avec sa femme, ses enfants ?

Sandra Martineau réussit à merveille à précipiter ses lecteurs dans cette spirale angoissante où ses personnages sont aspirés vers l’abime de leurs souvenirs. Le lecteur participe à cette croisière, assis dans son transat préféré sur le pont supérieur. Impuissant, il assiste aux événements qui préparent cette « Dernière escale ». Enfilez votre ceinture de sauvetage … ça va brasser ! Va y avoir de la vague !

Des dialogues percutants, un style sans fioritures inutiles, direct comme un coup de poing de boxeur et une analyse fouillée de la fragilité psychologique des personnages bien développés et crédibles, font de ce huis clos maritime, un thriller passionnant qui saura vous plaire … et vous faire frémir ! L’écriture et l’imaginaire de Sandra Martineau nous dépeignent un environnement bien particulier : le drame humain qui se joue, au milieu de gens qui s’amusent et qui sont inconscients de la tragédie qui se joue, juste à côté d’eux.

Montez à bord mais gardez votre esprit éveillé ! On ne sait jamais qui pourrait être notre voisin de cabine. Et surtout, méfiez-vous de la « Dernière escale » !

Quelques extraits :

Ce qui est angoissant, c’est que cette vérité peut nous arriver à tout moment : « Quelques secondes d’inattention, pour que ma vie se transforme à jamais … »

« Je me laisse submerger par un flot de souvenirs que j’avais emmurés dans un coin de ma tête pour éviter de souffrir. Un chapitre douloureux de mon passé que j’ai tenté de refermer pour vivre ma vie. Cet homme vient de jeter une pierre dans la mare. L’onde de choc se propage et le barrage vient de céder. Tout le chagrin que j’avais réussi à canaliser jusqu’à maintenant est en train de m’envahir. »

Après une violente gifle administrée à sa femme : « En proie à un violent désarroi qui me dévore les entrailles, les mots restent coincés dans ma gorge et je les laisse s’éloigner sans rien dire. »

Bonne lecture !

Dernière escale

Sandra Martineau

Lajouanerie

2016

300 pages

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Published by Richard - - Polar français

Bonjour à vous tous,

Juste un mot, en passant, pour vous dire que « Polar, noir et blanc » n’est pas mort ! Au contraire !

Depuis quelques semaines, je me suis imprégné de ce merveilleux monde du polar en lisant, mais surtout, en me préparant pour les Printemps meurtriers de Knowlton. Encore une fois, ce week-end a été un moment fort, d’activités littéraires intéressantes et le moment de faire des rencontres passionnantes, entre auteurs et lecteurs.

Et j’ai lu. Beaucoup lu. Et pour les prochaines semaines, je vous ferai part de mes commentaires de lecture ! Au fur et à mesure du temps que j’aurai pour écrire. Et aussi, vous aurez la chance, également, de lire les ressentis de lecture de mes deux précieuses collaboratrices, Florence Meney et Sylvie Langlois.

Voici les romans qui feront l'objet de mes prochaines chroniques:

"Dernière escale" de Sandra Martineau (Lajouanerie)

"Jusqu'à la chute" de Catherine Lafrance (Druide)

"L'Affaire Myosotis" de Luc Chartrand (Québec Amérique)

"Rinzen et l'homme perdu" de Johanne Seymour (Expression noire)

"Les enfants indociles" Marie Charrel (Rue Fromentin)

"Brunetti entre les lignes" de Donna Leon (Calmann-Lévy)

"Quand la neige danse" de Sonja Delzongle (Denoël)

"Terreur domestique" de Guillaume Morrissette (Guy Saint-Jean)

"Maria" de Hervé Gagnon (Expression noire)

"L'activiste. Le jour des morts" de Maureen Martineau (VLB éditeur)

Et pour mon plaisir personnel:

"Le méchant qui voulait être pire" de Richard Écrapou et Marthe Pelletier (Monsieur Ed)

Et vous, chers lecteurs et lectrices fidèles et patients, je vous remercie d’être là … malgré mes absences.

Et avant de retourner à l’écriture de ma prochaine chronique, je vous invite à me faire vos commentaires, vos suggestions de lecture et même, si vous le voulez, écrire une chronique que je publierai avec plaisir sur le blogue. Ne vous gênez pas ! Ce sera sans prétention, juste pour le plaisir de parler de nos lectures !

Écrivez-moi en vous servant de la section « contact ». Je vous répondrai le plus tôt possible.

Je vous souhaite de bonnes et de belles lectures. Et des découvertes fascinantes !

À très bientôt !

Richard

En prime, je vous mets quelques bons romans déjà commentés mais qui méritent un rappel …

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Published by Richard -

Serre-moi fort de Claire Favan

Après avoir lu un très bon thriller psychologique, comment réussir à le résumer, sans en révéler les éléments clés et ainsi gâcher le plaisir des futurs lecteurs?

Certains auteurs machiavéliques (oui, oui, on les connaît !) se plaisent à nous faire découvrir très rapidement le criminel et nous tiennent en otage malgré tout jusqu’à la dernière page. Il y en a d’autres qui, en toute impunité, nous bluffent, parsèment leur récit de rebondissements, jouent avec nos peurs et nous charment quand même. Et puis, on se dit, à la fin de l’intrigue : À quand le prochain ?

Claire Favan réussit ce tour de force dans son dernier roman « Serre-moi fort » et encore une fois, la collection La bête noire nous présente un excellent bouquin qui remplit toutes les promesses de la 4e de couverture :

« … horriblement bon ! »

« … l’intrigue s’enroule autour du lecteur tel un serpent. »

« Une des grandes du polar français ! »

« Serre-moi fort » porte bien son nom. Je me permets d’emprunter l’image d’Olivier Norek : « Le lecteur se sent pris au piège d’un serpent qui s’enroule autour de la victime, mais il réagit en lui disant … serre-moi plus fort. » Et Claire Favan se le permet.

Tout commence en août 1994, dans une famille américaine typique, bien tranquille, un père, une mère, deux enfants. Puis le drame s’abat sur la famille : l’ainée disparaît. Les parents sont dévastés, leur vie est bouleversée et à partir de ce jour, tout tourne autour des efforts pour retrouver leur fille, au détriment de leur fils qui lui est bien vivant. Ils orientent leurs recherches vers l’Origamiste, un tueur en série qui hante la région depuis quelques années. Il faut toutefois se rendre à l’évidence : l’enquête ne mène nulle part.

Vingt ans plus tard, des enfants découvrent un charnier où plusieurs corps de femme sont momifiés. Adam Gibson est chargé de l’enquête et doit redonner à chacune de ces momies, l’identité et la sépulture qu’elles méritent … et surtout, il doit retrouver l’auteur de cette tuerie, de cette mise en scène sordide.

Et à partir de ce moment, même si la première partie du roman était passionnante, Claire Favan nous embarque dans un tourbillon incessant où le lecteur est au centre d’un combat à mort, entre le meurtrier et la police. L’auteure ne ménage aucun effort pour nous entrainer dans ses filets, nous aiguiser diaboliquement les nerfs et pourquoi pas, nous précipiter dans l’expression d’une violence non contenue.

Bienvenue dans la tête de ce tueur ! Profitez donc de cette visite pour explorer la noirceur d’un cerveau dérangé. S’il vous plaît, soyez forts, ce que vous verrez, vous habitera pendant quelque temps. Car Claire Favan, en toute simplicité, est capable de vous décrire le pire, de vous faire peur en utilisant des mots justes, précis et tranchants.

Et si vous voulez continuer votre visite au plus profond de l’humanité sordide, attendez-vous à quelques passages douloureux, qui m’ont fait frémir. Ne manquez pas les chapitres où Adam Gibson, l’enquêteur, est coincé dans une révolte des prisonniers d’une institution carcérale à sécurité maximale. Sueurs froides garanties ! Il y a des histoires que l’on oublie rapidement, d’autres qui nous hantent très longtemps.

Amateurs de romans noirs, de thrillers psychologiques, ce roman vous plaira assurément. Faites confiance à votre guide pour vous faire visiter les méandres d’un cerveau malade ! Et comptez bien sur le talent de Claire Favan pour vous surprendre et vous concocter une finale époustouflante.

Voici quelques extraits, juste pour mon plaisir de les relire :

« Ma sœur a disparu, mais au fond, c’est moi qui suis mort. »

« Avec lui, ils ont fait preuve d’un sadisme épuré, d’une douceur écoeurante, d’une lenteur savante, d’un empressement malsain, d’une onctuosité désespérante. »

« J’ai l’impression de voir deux vieux pneus crevés qu’on aurait jamais cru pouvoir dégonfler. »

« Et un jouet, ça ne se rebelle pas. Jamais. Même si son ennemi est vaincu, il doit comprendre qui est le maître. »

Bonne lecture !

Serre-moi fort

Claire Favan

La bête noire

Robert Laffont

2016

368 pages

Claire Favan nous présente son roman

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Published by Richard - - Polar français

Quand j'étais Théodore Seaborn

J’aime beaucoup les personnages récurrents, suivre leur évolution et les retrouver dans de nouvelles aventures et de nouveaux récits. Mais j’aime bien aussi qu’un auteur, de temps en temps, ose sortir de « ses sentiers battus » et me surprenne par quelque chose d’inventif, de nouveau et même d’inattendu. « Quand j’étais Théodore Seaborn » fait partie de ces surprises qui offrent un bien bon moment de lecture, même si tout n’est pas parfait.

Voyons donc ce qui ressort de ce roman,

Théodore Seaborn est un publicitaire de talent, de très grand talent. Quand un jour, il devient moins à la mode, ses idées ne passent plus auprès d’un certain client, son patron le jette à la porte. Cette descente du piédestal est terrible ; plus on est haut, plus la chute fait mal ! C’est la dépression ! Théodore passe tout son temps à regarder les auditions de la Commission Charbonneau et à manger des Coffee Crisp. Sa femme essaie tant bien que mal de le pousser à agir, sa fille lui manifeste toujours son amour inconditionnel, rien n’y fait. Théodore est plongé dans son état dépressif et aucun moyen ne semble fonctionner pour qu’il se relève.

Puis, un matin, se rendant compte que la source de sa drogue préférée était tarie, il se rend voir son « pusher de chocolat », au dépanneur du coin de la rue, avant de souffrir d’une crise de manque,

Il fait alors une rencontre qui va changer sa vie : il croise par hasard une personne qui lui ressemble comme deux gouttes … de chocolat chaud. S’amorce alors une recherche obsédante sur ce sosie, une recherche qui mènera Théodore dans une vie qui n’est pas la sienne, une vie empruntée qui le projettera dans l’enfer du Jihad islamiste en Syrie.

Amis lecteurs, il faut accepter dès le départ que cette situation est un peu tirée par les cheveux, Ma première réaction, mon premier ressenti en a été un de frustration. Non, la coïncidence est trop grosse, ça manque de crédibilité, on repassera pour la vraisemblance ! Mais ensuite, dans un deuxième temps, je me suis dit qu’un auteur pouvait se donner le droit de jouer avec la plausibilité, de la torturer un peu. Et j’ai refusé de bouder mon plaisir pour continuer ma lecture.

J’ai eu de l’intérêt et beaucoup de plaisir à voir ce personnage ordinaire, placé dans une situation de « super héros », se dépêtrer avec ses propres moyens. Bien sûr, il y a eu certains moments où la « force de caractère » de Théodore était sur-vitaminée par rapport au mangeur de Coffee Crisp du début mais plus j’avançais dans le roman et plus j’aimais le récit !

Pour vous le dire franchement, j’ai continué ma lecture parce que l’auteur était Martin Michaud. Aurais-je donné la même chance à un auteur à son premier roman ? Je ne le sais pas. Mais je n’ai pas regretté ma décision. Quoi que l’on dise sur le récit, il demeure que le style et le talent de Martin Michaud sont toujours présents. Des chapitres courts, des rebondissements, une intrigue haletante et une montée en tension digne d’un très bon thriller. Bref, comme toujours avec le père de Victor Lessard, on ne s’ennuie pas et on passe un bon moment de lecture.

Et petit plaisir coupable, j’ai adoré les deux dernières pages, intitulées « Quand j’étais Martin Michaud ». J’aime ces petits moments de folie où l’auteur devient complice avec ses personnages … et ses lecteurs !

Si vous cherchez des citations de ce roman, vous serez déçus. Comme Théodore Seaborn m’accompagnait sur la playa Ensenachos de Cuba, je n’ai pas pris le temps (vacances obligent !) de souligner les passages les plus significatifs. Lecteur, excuse-moi ; auteur pardonne-moi ! On se reprend au prochain ! Promis ! (Je ne veux surtout pas que Jacinthe Taillon ma fasse la peau !)

Bonne lecture !

Quand j’étais Théodore Seaborn

Martin Michaud

Les éditions Goélette

2015

422 pages

Une rencontre avec Morgane Marvier, à la librairie Monet

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Les Belges reconnaissants

Castellac est un petit village tranquille Il pourrait se situer partout dans le monde, même ici au Québec. Toutefois, il est situé en France et c’est le jour des élections municipales. Sans grande surprise, Ludovic Galliani est réélu à la mairie. Comme son père. Comme son grand-père. Castellac est le village des Galliani.

Mais cette année, il a dû combattre une nouvelle opposition. Marianne Grangé, une jeune femme venue d’ailleurs, avec des idées trop différentes et des revendications incongrues pour la majorité des villageois.

Évidemment, elle perd ses élections. Elle décide de rentrer chez elle pour vivre sa déception. En chemin, quatre « gros bras » l’agressent, la violent et lui lancent le message très clair : « Dehors, les étrangers. »

Elle décide de ne rien révéler à personne de ce crime crapuleux, de ne pas porter plainte mais elle songe à un moyen de se venger.

Quelques jours plus tard, le maire nouvellement réélu, est retrouvé mort dans la garrigue près du village. Assurément, il a été assassiné. Pour la majorité des gens du village, l’équation est simple, même elle est déjà résolue. Ça ne peut être que cette étrangère !

Pénélope Cissé, officier de police, nommée à Sète par mesure disciplinaire, est chargée de l’enquête. Pénélope est une belle et athlétique africaine, avec un caractère qui l’amène souvent à s’opposer à la hiérarchie et à adopter certaines méthodes de travail peu orthodoxes. Et la voilà, parachutée dans ce petit village de « Gaulois » qui cachent des secrets légendaires, liés par la consanguinité et sont habitués de bénéficier des avantages de la famille Galliani. L’enquête sera ardue pour cette policière atypique dans ce village homogène qui refuse tout élément extérieur.

J’ai pris un grand plaisir à lire ce récit et à découvrir cette nouvelle auteure, Martine Nougué. Une écriture toute en nuances, des dialogues percutants et des personnages très bien typés font de ce polar un agréable moment de lecture. Rien pour renouveler le genre mais tout pour satisfaire tous les lecteurs du genre. « Les Belges reconnaissants » est ce genre de roman que tout le monde peut apprécier.

Je vous le recommande donc et moi, j’attends le prochain ouvrage de Martine Nougué avec beaucoup de plaisir.

Ah oui, j’oubliais … Et les Belges dans tout ça ? Et bien c’est à vous de le découvrir en lisant ce premier roman, très prometteur.

Bonne lecture !

Les Belges reconnaissants

Martine Nougué

Éditions du Caïmam

2014

215 pages

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