Polar, noir et blanc

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Les sept vies du Marquis

« Ce n’est pas ma façon de penser qui a fait mon malheur, mais celle des autres. »

Marquis de Sade

« Les sept vies du Marquis » est un roman inclassable !

Il n’est pas un polar … mais peut-être un roman biographique à saveur de polar !

Il n’est pas un thriller … mais plutôt un roman historique haletant et prenant !

Il n’est pas un roman noir … et pourtant, son portrait de Paris, de ses rues sombres et glauques, de ses habitants et de la Bastille d’avant la Révolution …

Il n’est même pas un roman policier … malgré la présence de célèbres enquêteurs qui ont traversé l’histoire … l’inspecteur Marais, Joseph Fouché et le lieutenant général de la Police, monsieur de Sartine. Et d’une enquête qui a duré toute une vie.

À vrai dire, on s’en fiche de ce qu’est « Les sept vies du Marquis », car Jacques Ravenne nous présente un excellent roman, une visite passionnante de la France du XVIIIe siècle, un portrait détaillé de la société parisienne avant, pendant et après la Révolution et nous raconte la vie rocambolesque d’un certain Donatien Alphonse François de Sade, mieux connu sous le nom du divin Marquis de Sade.

Hôtel de Condé, à Paris, le 2 juin 1740, le divin Marquis fait son apparition sur la terre. Son père quitte le lit de sa maîtresse pour aller faire connaissance avec ce fils qui marquera l’imaginaire de bien des personnes … et cela, au fil des siècles.

Le jeune François grandit dans une atmosphère trouble au milieu d’une famille dysfonctionnelle et criblée de dettes. Magouilles, tromperies, adultères, voilà le quotidien du jeune Marquis. Puis devenu adulte ( ? ), sa famille organise un mariage de convenance pour obtenir une dot qui lui permettra de renflouer les finances des Sade. Commencent alors une suite d’allers retours entre la recherche de la liberté pure, les plaisirs de toutes sortes et des séjours en prison plus ou moins longs.

Ombre furtive dans la noirceur des coulisses, tout près de sa proie, Joseph Fouché, ministre de la Police pour les Rois, pour l’Empire et même pour les Révolutionnaires, surveille, enquête, questionne tout ce qui bouge autour du divin Marquis. Il nous entraîne dans les imprimeries illégales, les cafés les plus sordides et les bordels les plus lugubres … ou les plus chics !

Tout au long de la vie mouvementée du plus connu des auteurs de romans érotiques, le lecteur découvre les multiples facettes des 74 années truculentes du célèbre Marquis de Sade. Et même si nous connaissons les grands moments de sa carrière, Jacques Ravenne réussit à maintenir notre intérêt en nous racontant chaque moment avec talent est suspense.

« Les sept vies du Marquis » est un régal pour les lecteurs ! Vous y découvrirez les différentes facettes de ce personnage complexe et étonnant : « un libertin à scandales sous Louis XV, un prisonnier rebelle sous Louis XVI, un politique redouté sous la Révolution, un écrivain à succès sous le Directoire, réputé fou sous l’Empire, Sade a été aussi et surtout un grand amoureux … »

Amateurs de polars ou fans de romans historiques, passionnés de thrillers ou de romans noirs, lancez-vous à la découverte de ce personnage fascinant dans ce roman inclassable mais tellement intense. Sous la plume de Jacques Ravenne, avec ses talents de raconteur et sa verve d’auteur de romans à succès, vous passerez un excellent moment de lecture.

Quelques citations :

« Le duc hoche respectueusement de la perruque. Petit et sec, il a une tête d’oiseau empaillé sur laquelle sa femme plante de vigoureuses cornes. »

La philosophie de l’inspecteur Marais :« Il faut toujours laisser crier le peuple, ça le calme, ça l’épuise. Mieux vaut qu’il vive l’insulte à la bouche que la colère au bout des poings. »

« La Gothon est une des beautés du village. Des formes opulentes, des jambes de marbre. Bref, des arguments à tous les étages. »

Sade, en parlant de Choderlos de Laclos : « Que voulez-vous, c’est un constipé. Il a déféqué un livre, il y a une éternité et il croit qu’il a écrit l’étron du siècle. »

Bonne lecture !

Les sept vies du Marquis

Jacques Ravenne

Fleuve éditions

2014

492 pages

Jacques Ravenne présente "Les sept vies du Marquis"

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Une illustration de Mika !
Une illustration de Mika !

Bonjour à vous tous !

Je vous fais un petit rappel !

Demain le 12 août, c'est la journée spéciale où vous vous rendrez dans une librairie pour acheter un livre québécois !

J'aimerais bien qu'à votre retour, vous me laissiez un commentaire sur le blogue pour nous révéler quel(s) livres(s) vous vous êtes procurés. Allez vite à la fin de cette chronique et dites-nous votre coup de coeur de la journée.

Et si cela est possible, il serait génial que vous preniez une photo de vous avec votre livre, votre libraire et la devanture de votre librairie. Ou mieux encore, les trois ! Je vous invite à mettre votre photo sur la page Facebook de l'événement ou sur la page Facebook du blogue Polar, noir et blanc.

Alors, demain, on se retrouve à la librairie !

Moi, j'irai à la librairie Monet; mes livres sont déjà réservés ! Et j'en profiterai pour bouquiner quelques livres d'auteurs d'ici.

Et comme j'ai déjà fait mettre de côté deux imagiers de Mika (pour ma belle Héloïse !), j'espère qu'elle me pardonnera si j'emprunte son illustration pour enjoliver cette publication !

Bonne journée et surtout bonne découverte !

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Published by Richard -

"Métastases" un premier roman pour David Bélanger

Quel plaisir de lire un premier roman et de se dire, une fois le livre terminé: " je pense que cet auteur ira loin !" Non pas que je vienne de lire un chef-d’œuvre ni un roman sans défaut ! Non, non ! Mais un auteur plein de talents, avec une imagination débordante, un sens de l’ironie surprenant et une facilité à jouer avec la langue, tout cela réuni dans un premier roman plein de promesses.

Dans «Métastases», David Bélanger prend plaisir à torturer toutes les règles du polar et d’en faire une agréable salade de clichés, épicée par des personnages saugrenus et dégustée par des lecteurs au sourire continu. Voilà le menu ! Assez apétissant pour en demander une deuxième portion !

Éva Burns, une jeune femme à la réputation douteuse, est retrouvée assassinée. Elle a un défaut majeur : elle est belle et cela se voit !

L’enquête est confiée à deux policiers : Norman Petiroux, vieux flic typique des romans policiers, seul dans la vie. Il accompagne allégrement sa solitude avec les nombreux goulots des bouteilles d’alcool. Guy Descars (tiens, tiens !!), jeune flic, apprenti dans le métier, vient de se faire larguer par sa femme (les policiers de roman ont toujours beaucoup de succès auprès de leur douce…) et a connu un passé trouble, abusé sexuellement.

Et un troisième personnage intervient à quelques occasions, passant un commentaire sur l’enquête, échangeant un clin d’œil avec le lecteur, anticipant une réaction du lecteur, rappelant un moment important ou même jetant un regard amusé sur une situation : l’auteur, incognito ou presque, se glisse donc entre les moments d’action ou de réflexion pour nous accompagner dans notre lecture. J’adore ces moments !

Le lecteur est donc invité à participer à une enquête complètement déjantée où nos deux policiers font preuve de compétences suspectes et de raisonnement à l’emporte-pièce. Interrogatoires créatifs, enquêtes sur des terrains minés, raisonnements plus ou moins logiques, nos deux loustics avancent vers une résolution incertaine du crime.

« Métastases » est un plaisir de lecture différent ! Le Québec connaît peu d’auteurs qui se consacrent aux polars amusants. À part Patrick Senécal et sa série sur Malphas et les romans de François Barcelo, il y a de la place pour un auteur de romans policiers qui fait sourire … ou même rire.

Au même titre que Donald Westlake aux Etats-Unis, Arto Paasilinna en Finlande, Samuel Sutra en France et le Catalan Eduardo Mendoza, David Bélanger pourrait faire sa marque au Québec. Il possède déjà de nombreuses qualités essentielles à ce genre de romans, une facilité déconcertante à jouer avec la langue, un style jouissif, une imagination sans limite pour tourner habilement une phrase qui nous fait sourire et un sens de l’humour très efficace.

Pour ses prochains romans, j’aurais maintenant un défi à lancer à David Bélanger. Pour devenir un auteur complet de polars, il faudra, dans ses futurs romans, donner une place importante à l’enquête, au crime, au criminel et aux enquêteurs. Pour rejoindre les grands nommés plus hauts, il faudra installer un équilibre entre le polar et la comédie. Mais surtout, David, je me laisse aller à dire le contraire de ce que je viens de mentionner, ne quitte jamais les bois pour retourner dans les sentiers battus.

Amis lecteurs, ensoleillez les jours de pluie par cette lecture rafraîchissante et donnons-nous rendez-vous autour du prochain roman de cet auteur à découvrir !

Pour vous donner une idée du style de David Bélanger, quelques extraits :

« On voit de la satisfaction sur le visage de Petitroux : tous les policiers ne savent user du mot vétille avec autant d’à-propos. »

« Leurs deux visages reçoivent par grandes décharges d’images de lueurs diverses – parfois la lumière se fait crue et souligne les cernes de Descars, parfois elle s’apaise et tombe, duveteuse, sur la texture de gâteau dont semble être faite la joue de l’inconnue. »

« … elle garde tout de même ce parfum d’incohérence – mais qu’est-ce que ça sent, une incohérence ? »

« Il ne pousse pas la discussion, il la laisse s’étouffer sans égard pour nous, on s’ennuie à les regarder ne pas se parler, à concevoir l’abattement de Petitroux, à pénétrer ses pensées qui macèrent dans le jus de la fatalité, alourdies du pathos de se savoir à l’article de la mort – vous voyez, juste à en parler, on tombe dans le stéréotype, mais ne traitons pas de chute ici, ça porte malheur d’aborder ce sujet dans un ascenseur. »

Et juste pour mon plaisir, en espérant que l’auteur me le pardonnera, voici quelques titres de chapitre qui m’ont fait sourire … :

  • Au pied dans les plats ;
  • Là où nous voulions offrir un titre métaphorique sur le repas afin d’assurer une étrange continuité ;
  • L’agneau pleure dans une assiette ;
  • Le chemin des toilettes ;
  • Des avec plusieurs s ;
  • Épargnons-nous l’ellipse.

Bonne lecture !

Métastases

David Bélanger

L’instant même

2014

231 pages

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Le 12 août, j'achète un livre québécois

Bonjour à vous tous,

Je me permets, aujourd'hui, de copier un texte que j'ai pris sur Facebook, de deux auteurs québécois qui ont amorcé un mouvement pour faire du 12 août prochain, une journée spéciale pour la littérature québécoise.

Je vous transmets donc cette invitation en vous invitant à adhérer à ce mouvement et à vous rendre dans une librairie de votre quartier, encourager un auteur d'ici, en achetant un livre écrit ici, au Québec.

Vous mes lecteurs habituels, vous savez que je trouve important d'encourager le polar québécois en particulier et la littérature québécoise, en général. Alors, profitez de cette journée pour faire une découverte et faites-le moi savoir. Le 12 août, je ferai une chronique spéciale où vous pourrez nous parler de votre achat en me laissant un commentaire.

Je remercie Patrice Cazeault et Amélie Dubé pour cette initiative géniale !

Voici donc son message:

Le 12 août, j'achète un livre québécois.

Une amie auteure m'a récemment fait remarquer qu'il serait facile de dynamiser le marché du livre québécois. On lit partout que la situation est précaire, que les éditeurs en arrachent et que les auteurs ne vendent plus. Facile, me confie mon amie, on n'a qu'à acheter plus de livres!

Oh, si ce n'est que ça! Réglons le problème maintenant!

Donc, le 12 août, je me déplace chez mon libraire préféré et j'achète un livre québécois. Si je ne trouve pas celui que je veux? Je le commande. S'ils ne peuvent pas me le commander? Je fais une crise. Ou je l'achète en numérique, tiens.

Parce que, sérieusement, c'est le noeud du problème. Stimulons la demande et observons le résultat...

Il y a des plumes extraordinaires à découvrir au Québec. Des univers à explorer, des mots pour nous faire rêver, pour nous secouer, nous surprendre, nous tirer des larmes ou nous faire éclater de rire. Des mots soigneusement choisis pour nous faire vivre quelque chose de précieux, de différent.

Si un gars peut amasser 50 000$ sur Kickstarter pour préparer un grand bol de salade de patate... je dis qu'on peut transformer le marché du livre, ne serait-ce qu'une journée, grâce à nous tous.

Oh, et si ça fonctionne bien, l'année prochaine, je créerai l'événement «Le 12 août, j'achète DEUX livres québécois».

(Patrice Cazeault et Amélie Dubé, auteurs québécois)

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"Ombres et soleil" de Dominique Sylvain

Certains personnages nous habitent, d’autres nous émeuvent, quelques-uns nous touchent plus que d’autres ; Ingrid Diesel et Lola Jost font tout cela et en plus, on voudrait bien les avoir comme amies, à notre table ou dans notre salon, pour parler de tout et de rien.

Voilà une des grandes forces de cette extraordinaire auteure qu’est Dominique Sylvain, nous plonger au cœur des aventures de ces deux pétroleuses et quand notre lecture est terminée, se demander quand on se reverra ! Le plus vite possible, évidemment !

« Ombres et soleil » est la suite de « Guerre sale » (cliquez ici), publié en janvier 2011.

Les amateurs de Dominique Sylvain et ceux qui « devraient » le devenir, retrouveront dans ce roman, les nombreuses qualités de l’auteure : une intrigue complexe mais toujours bien ficelée, des personnages attachants, une histoire touchant les relations internationales, des dialogues savoureux et un sens de l’humour intelligent. Une bien belle recette ! Cependant, je conseille à tous, et c’est loin d’être un problème mais plutôt une excellente suggestion de lecture, de commencer par « Guerre sale » afin de bien comprendre le déroulement de la petite et de la grande histoire de ces deux romans.

Alors, de quoi est fait « Ombres et soleil » ?

Lola Jost s’ennuie ! Entre deux verres de porto, un plat de coquillettes au jambon et quelques pièces de puzzle, Lola tourne en rond, pense à Ingrid. Puis, un jour, elle reçoit la visite d’un ancien collègue qui lui apprend l’assassinat d’Arnaud Mars, retrouvé en Côte d’Ivoire, avec une balle dans la tête. Et le pire, tout semble accuser le commandant Sacha Duguin, le grand ami de Lola : l’arme du crime, les circonstances et quelques conclusions … rapides. Sacha, l’obsession maladive de Philippe Hardy, chargé de l’enquête.

Très rapidement, Lola informe Ingrid qui vit le bonheur parfait dans son Amérique natale, danseuse dans un chic cabaret de Las Vegas. « Fini le striptease, vive les paillettes et le french cancan. »

L’équipe du tonnerre est recréée, la chimie opère encore et Ingrid est toujours très habile à torturer joliment la langue française. Commence alors la recherche de la vérité pour disculper le commandant Duguin et pour retrouver les véritables coupables. La course commence ! Très rapidement l’enquête prend des allures de conflits de relations internationales que le lecteur suit avec un intérêt certain. L’intrigue est tellement bien ficelée que jamais, on ne se sent perdu et toujours, on suit le développement, grâce au style et au talent de l’auteure.

Et évidemment, Dominique Sylvain, dans un équilibre parfait, nous plonge dans un récit d’enquête qui prend souvent l ‘allure d’un excellent roman noir. Puis, par la magie de son imagination, une réplique « dieselesque » ou une répartie « jostienne », allègent l’atmosphère et provoque le sourire du lecteur.

J’adore !

Et comme je le disais en début de chronique, à quand le prochain ? Lola et Ingrid, restez donc pour le dîner ! On sortira une bonne bouteille !

Et en guise d’amuse-gueule, voici pour vous, chers lecteurs de Polar, noir et blanc, quelques extraits qui, je l’espère, rendront hommage à l’immense talent de Dominique Sylvain.

Une citation qui m’a fait rire … en me regardant dans un miroir : « Il avait perdu des cheveux mais gagné des sourcils. »

« Le quai du métro était bondé et la rame parfumée au stress matinal. »

« … Ingrid avait échangé son accoutrement brésilien contre une tenue « sobre » : bonnet tyrolien rose, veste en fausse fourrure, pantalon kaki moulant, Doc Martens montantes. »

Et évidemment, nous les amateurs de Dominique Sylvain, on espère tous qu’elle « ne changera pas d’une Toyota » même si elle s’améliore de roman en roman … ! Et moi, personnellement, parce que j'aime beaucoup Dominique Sylvain, j'encourage tous mes lecteurs québécois à lire cette auteure qui saura vous charmer (voir mes suggestions sur Rue des libraires, à la fin de cet article)

Bonne lecture !

Ombres et soleil

Dominique Sylvain

Vivian Hamy

2014

295 pages

Dominique nous présente son roman

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La fascinante histoire de Victoria Bergman: "Persona"

Je me méfiais de cette couverture noire m’annonçant un autre auteur suédois (même s’ils sont deux) qui pourrait captiver l’amateur de polars en moi. Est-ce que je me dirigeais vers une déception ou plutôt vers la découverte d’un digne descendant de Maj Sjöwall et Per Wahlöö ? La réponse se situe quelque part entre ces deux possibilités.

Mais ce qui est clair, c’est que j’ai très hâte de lire le deuxième tome (que je n’ai malheureusement pas !!)

Au début de ma lecture, j’ai été un peu décontenancé par la façon dont les personnages évoluaient dans l’action. L’enquête piétinait, la psy tergiversait et je me demandais ce que j’allais faire avec ce roman ! Mais au fur et à mesure de ma lecture, les deux auteurs m’ont carrément emberlificoté dans cette intrigue complexe. La découverte des personnages, de leur vie, de leur passé et de leur présent, me poussait à la recherche de leur avenir … et peut-être vers l’explication et la résolution des crimes commis.

Et me voilà pris dans le tourbillon. Accroché et scotché. Et en plus, cette fin ouverte, malgré la révélation finale, ouvre un champ vaste de possibilités … passionnantes.

Bon, il y a quand même une histoire … que j’essaierai de vous raconter sommairement.

Sofia Zetterlund est psychothérapeute. En plus de ses nombreuses occupations professionnelles, elle suit deux cas très difficiles : un ancien enfant-soldat et une femme, Victoria Bergman, ayant eu une enfance marquée par la violence. Les deux semblent avoir des signes de personnalités multiples.

Jeanette Kihlberg est chargée de l’enquête sur le meurtre d’un jeune garçon retrouvé près d’une station de métro. Le corps du garçon est sauvagement mutilé et étrangement, il est momifié. Très rapidement, un deuxième corps est retrouvé. Un tueur en série rôde donc dans la ville.

Les deux femmes ont des vies personnelles assez compliquées et nagent difficilement dans les eaux troubles de leur vie. En plus, les drames qu’elles côtoient à chaque jour, influencent grandement leurs actions au quotidien. Mais, inexorablement, on sent que ces deux femmes vont se rencontrer et que le choc ne sera pas banal. Loin de là !

Dans des allers-retours complexes entre l’enquête de la policière et les thérapies de la psychologue, on plonge dans les méandres de la pensée humaine, troublée et perturbée et, bribe par bribe, on voit se matérialiser les étranges portraits des victimes qui peuvent devenir des bourreaux. Jusqu’où ces personnes aux psychologies multiples et aux comportements déviants peuvent-elles se rendre dans la spirale du mal ?

« Persona » est un roman difficile d’approche mais une fois maitrisé, il devient tout à fait passionnant. Malgré une structure un peu complexe, on réussit à bien suivre le déroulement. L’approche que je vous conseille est de le commencer comme un roman qui compte trois tomes et non comme un récit de 500 pages. Les auteurs prennent le temps d’installer les personnages, nous montrent toutes les nuances de leurs pensées profondes et nous amènent graduellement vers des moments très prenants, avec des rebondissements étonnants.

J’attendrai donc avec impatience la sortie du 2e tome en livre de poche pour retrouver cette vie passionnante de Victoria Bergman.

Voici quelques extraits … pour vous mettre l’eau à la bouche :

« Combien de souffrance un être humain peut-il infliger aux autres avant de cesser lui-même d’être un être humain et de devenir un monstre ? se demanda-t-elle. »

« Dans l’album qu’elle a sous les yeux, elle vieillit à chaque page qu’elle tourne. Les saisons et les gâteaux d’anniversaire se succèdent. »

« Les mythes sont tangibles. »

« Elle voulait faire la différence entre mal tourner et mal agir. »

Bonne lecture !

Persona

Les visages de Victoria Bergman, tome 1

Erik Axl Sund

Actes noirs

2013

475 pages

Une présentation de "Persona"

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Published by Richard -

Un roman incontournable : "Bondrée"

Andrée A. Michaud m’avait déjà séduit par son roman « Rivière tremblante » et la lecture de « Bondrée » vient me confirmer que cette auteurs a un talent fou, qu’elle écrit des romans atypiques et passionnants et qu’à chaque fois, elle prend des risques littéraires énormes et toujours, elle réussit à nous donner d’ excellents romans qui nous laissent bouche bée.

Je vous le dis, sans réserve, il faut lire Andrée A. Michaud pour se plonger dans des polars d’atmosphère où les pensées des personnages vous habitent pendant et après la lecture.

« Bondrée », c’est l’histoire d’un lac et des estivants qui l’entourent.

« Bondrée », c’est « Boundary Pond», lac frontalier où se regroupent, chaque été des familles américaines et des familles québécoises

« Bondrée », c’est le rappel d’une légende, Pierre Landry qui hante les bois entourant le lac depuis les années 40. L’image de ce trappeur qui s’est suicidé à cause d’une femme trop belle qui lui refusait son amour. C’est aussi Little Hawk, cet amérindien qui a connu la violence du débarquement dans Omaha Beach, en Normandie.

« Bondrée », c’est le passé, celui du crime de Esther Conrad et son fameux cœur de pierre.

« Bondrée », c’est aussi le destin de Zaza Mulligan et de Sissy Morgan mais aussi ceux de Andrée Duchamp et de Françoise (Frenchie) Lamar, des jeunes filles innocentes qui jouent à être adolescentes.

« Bondrée », c’est un endroit où on craint la forêt et les pièges qui ressortent de la terre.

Mais avant tout, « Bondrée » est un roman magnifiquement écrit, qui vous prendra aux tripes et qui vous chavirera pas les émotions, les peurs et les angoisses qu’il dégage.

Été 1967, tout le Québec vibre pour l’Exposition universelle de Montréal et les jeunes chantent « Lucy in the sky with diamonds ». Les familles arrivent l’une après l’autre et les habitudes reviennent très rapidement.

Le 21 juillet, Zaza revient chez elle à travers bois. La nuit est belle et sa tête tourne sous l’effet de l’alcool. Tout à coup, un craquement dérange la quiétude de la nuit. L’ivresse se transforme en peur. Le surlendemain, on retrouve le corps de la jeune fille, la jambe prise dans un piège à ours rouillé. Accident ou meurtre ?

Stan Michaud, l’inspecteur chargé de l’enquête est américain ; il sera secondé par Cusack, son adjoint. Dès que Michaud apprend les circonstances de la mort de la jeune adolescente, il se rappelle immédiatement le crime, non-résolu, d’Esther Conrad, « … seize ans, l’un des boomerangs qui le frappaient de plein fouet chaque fois qu’un autre était lancé. »

Puis, quelques jours plus tard, Sissy Morgan disparaît à son tour ! Le village est secoué ! On la retrouve dans la même position que son amie, la jambe arrachée à son corps par un autre piège à ours et les cheveux arrachés, scalpée comme au premier temps de la colonie. Ce n’était donc pas un accident ! « Un tueur vivait parmi nous. »

Sans indices, sans mobiles, avec un climat de légende et une violence incompréhensible, l’enquête de Stan Michaud sera difficile.

Andrée A. Michaud nous présente un roman d’une construction très particulière. Comme dans son roman « Rivière tremblante », il n’y a aucun dialogue. Le roman alterne entre un narrateur omniscient et une narration remplie de candeur par la jeune Andrée Duchamp qui pourrait être la prochaine victime. Le lecteur est plongé dans les profondeurs de la psychologie des personnages et envahi par les pensées et réflexions des habitants, des victimes et de l’assassin. En plein jour mais aussi, au milieu de la nuit, fréquentée régulièrement par l’insomnie.

L’auteure nous donne l’impression d’habiter ce bord de lac, de vivre au quotidien l’émoi de ses habitants, tout en assistant au développement progressif de l’enquête des policiers. Tout en nuances et en subtilités, l’écriture de l’auteure nous enchante et les phrases nous charment par leur musicalité et leur tendresse. Au fil des pages, on ressent la douce torpeur des sous-bois, la fraicheur de l’eau sur la plage, l’odeur de la viande qui grésille sur le BBQ et l’inquiétante paranoïa des habitants.

Assis dans la cuisine avec l’homme et la femme, on se doute, plus que les parents, que les enfants écoutent aux portes et participent à la peur collective. Les propos et le point de vue de la jeune adolescente sont rafraichissants, même dans ce climat d’horreur et d’angoisse. À chaque intervention, elle est un peu plus vieille que lors du chapitre précédent ; à chaque chapitre, elle apprend de la vie comment se construire une maturité.

Comment vous dire le plaisir que j’ai eu à lire ce roman ? En vous disant seulement que vous vous devez de le lire !

« Bondrée », c’est aussi un titre incontournable !

Et pour apprécier le style d’Andrée A. Michaud, voici quelques extraits :

« Quand elle prenait cette voix, on entendait le futur qui se précipitait vers nous avec ses gros sabots et on avait envie de se cacher six pieds sous terre, comme si le futur ne savait pas où nous trouver. »

« Ils y avaient tous laissé une part d’eux, un reste de candeur ayant survécu à l’âge adulte, une image, un rêve dans lequel la forêt ne se repliait pas dans une atmosphère d’outre-tombe, dans lequel le monde était encore vivable. Il y avait des lieux maudits et celui-là en était un, qui dissimulait ses pièges depuis des décennies. »

« La mère et la fille n’avaient que leur colère à opposer à la mort et elles se réfugiaient dans une haine sans véritable objet pour éviter de tomber dans le gouffre où vous entraînent les larmes. »

Et enfin, une superbe réflexion de la petite Andrée Duchamp :

« Ça me faisait trop mal de penser que la vieillesse rabotait les matins et laissait des éclisses de bois neuf à l’entrée de votre chambre. »

Bonne lecture !

Bondrée

Andrée A. Michaud

Québec Amérique

2014

296 pages

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"La sélection naturelle" de Sylvie-Catherine de Vailly

L’année dernière, Sylvie-Catherine de Vailly publiait la première enquête de l’inspecteure Jeanne Laberge, « La valse des odieux », roman que j’avais beaucoup aimé. Cette année, l’auteure nous revient avec un autre roman mettant en vedette son personnage fétiche, la première inspectrice du Service de police de la communauté urbaine de la ville de Montréal. Si « La valse des odieux » était plein de promesses, « La sélection naturelle » les tient toutes et nous donne un très bon moment de lecture, un récit prenant et une inspectrice qui prend une profondeur des plus intéressantes.

Jeanne Laberge est confrontée à quatre morts qui semblent à tout le monde, naturelles ou accidentelles : un obèse morbide meurt d’une crise cardiaque pendant un repas pantagruélique, un bébé naissant meurt d’une façon tout à fait inexplicable, une femme est plongée dans un coma profond après un accident de la route et une prostituée est morte dans une ruelle glauque de Montréal. Aucun lien ne semble relier ces quatre morts mais pour Jeanne Laberge, son instinct lui dicte de fouiller un peu plus ces quatre affaires.

Finalement, elle rencontre un médecin qui lui fait certaines révélations, lui trace le chemin vers une enquête plus ciblée. Un certain symbole, retrouvé près des quatre victimes, vient appuyer les réflexions de Jeanne et la conforte dans son opinion. Ces morts semblent être criminelles ! Mais quel est le lien qui les relie ? Quatre modes opératoires différents peuvent-ils appartenir à un seul meurtrier ?

Intuitive et intelligente, l’inspecteure Laberge se lance sur la piste ne sachant pas trop ce qu’elle trouvera au bout de ses recherches. Envers et contre tous, dans une société encore très machiste mais quand même supportée par son patron l’inspecteur-chef Claude Levasseur, l’inspecteure Laberge se met à la poursuite des criminels, accompagnée de ses adjoints qui croient plus ou moins en ses capacités. L’auteure nous dresse un portrait réaliste du Montréal des années 60, ce qui donne un charme particulier au roman.

Sylvie-Catherine de Vailly réussit encore à nous offrir un roman intéressant, haletant, une histoire complexe et bien ficelée. Malgré le titre, qui selon moi en dit un peu trop, elle réussit à semer les indices tout au long de son enquête pour maintenir notre intérêt et alimenter notre esprit de lecteur de polars.

L’auteure continue à nous dépeindre un personnage d’inspectrice sympathique, qui prend de la profondeur et à qui on s’attache de plus en plus.

Quand la dernière ligne est lue, un mot nous revient en tête : encore ! Surtout cette dernière phrase … porteuse de nouvelles aventures bien particulières ! À vous de la découvrir …

Avant de passer aux quelques extraits, je ne peux que vous parler d’une scène géniale qui m’a beaucoup marqué. Sans rien révéler du personnage et de l’action, je vous avertis, chers lecteurs, qu’à un certain moment, sur un lit d’hôpital, l’auteure nous décrit parfaitement le réveil d’une conscience, avec ses allers-retours et cette lumière qui guide parfois l’inconscient vers le réel. Ou l’irréel ! À ne pas manquer !

« Ce n’était plus le brouillard qui se refermait sur elle, mais la noirceur qui envahissait sa conscience. »

« Il pensait alors oublier son passé, mais il avait vite compris que l’on efface rien, on apprend seulement à vivre avec ses souvenirs. »

Bonne lecture !

La sélection naturelle

Sylvie-Catherine de Vailly

Recto-Verso

2014

220 pages

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Reflex de Maud Mayeras

Certains livres vous marquent plus que d’autres ! On referme la dernière page, on prend quelques secondes pour souffler, réfléchir et on se demande si on a aimé ou non, et jusqu’à quel point on recommande la lecture que l’on vient de terminer.

Généralement, c’est de cette façon que votre dévoué blogueur se comporte à la fin de sa lecture !

Cependant, après avoir terminé la lecture de « Reflex » de Maud Mayeras, jamais je ne me suis demandé si j’avais aimé ou pas. Non ! Tout ce qui émergeait, c’était les émotions vécues, l’empathie envers les personnages et la boule de sentiments qui bloquait impérativement ma respiration. Ce roman n’est pas truffé de sang et de violence ; ce roman s’adresse au lecteur par le biais de son cœur et de sa compréhension de la misère humaine qui se transmet de génération en génération comme un héritage de douloureux malheurs. Ce roman n’est pas un roman policier, il est un formidable thriller psychologique, du genre de ceux qui vous clouent sur votre chaise de lecture et qui vous serrent le cœur dans un étau de fièvre et d’émotions.

Iris Baudry est une photographe judiciaire, appelée à toute heure du jour et de la nuit sur les scènes de crimes les plus atroces. Un appel la ramène sur les lieux de son enfance, à l’endroit même où il y a quelques années, son fils a été assassiné. Troublée, elle revoit sa mère qui a pourri son enfance, habite temporairement la maison où elle a vécu et se rend compte que les circonstances du meurtre du jeune garçon ressemblent à celles de son fils.

Tous ces éléments déclenchent un pénible retour en arrière, une succession d’images où le père trop vite parti, la mère, croque-mitaine despotique et la perte tragique de son fils hantent les jours et les nuits de la photographe. Les murs de la maison familiale deviennent l’écran où le film de son enfance se déroule comme une succession de violences physique et morale.

Quelque part en septembre 1919, Julie Carville vit une enfance normale. Heureuse. Elle fêtera bientôt ses 13 ans ! Tout bascule quand elle rencontre sur sa route, trois soldats qui l’agressent et la violent sauvagement ! Enceinte, elle se fait jeter à la porte de la maison par son père parce qu’elle a entaché l’honneur de la famille. Ostracisée par sa famille et répudiée par les gens du village qui la traitent de trainée, elle se retrouve quelques mois plus tard, dans un pensionnat pour jeunes filles où la tendresse, la compréhension, la douceur et le pardon ne faisaient pas partie des qualités exigées aux religieuses qui y oeuvraient.

Lucie y est née et sa descendance viendra assurément rejoindre l’histoire des meurtres des jeunes garçons.

« Reflex » est un roman passionnant ! En plus, il est superbement bien écrit ! Maud Mayeras semble posséder une plume qui glisse sur le papier avec une douceur toute en contradiction avec le ton et la noirceur de son roman. En plus, elle a commencé une grande partie des quelques 58 chapitres du roman par une phrase qui revient, d’une façon lancinante, comme un mantra obsédant : « Je n’aime pas … »

J’ai trouvé cette idée géniale … pour son pouvoir d’évocation et sa capacité à situer un personnage envoûtant ! Et au fur et à mesure, ces incipits de chapitre se transforment en un clin d’œil triste et désolant, entre l’auteur et le lecteur. En prime, ces premières phrases nous donnent de beaux moments de poésie, une écriture qui souvent nous charme par sa beauté et son pouvoir d’envoûtement

Inutile de vous dire que je vous conseille grandement ce roman, complexe et haletant qui vous transporte vers une finale pleine de rebondissements. Et ce, malgré une petite erreur (une grossesse qui dure 11 mois !) que le travail d’édition aurait dû corriger ! Mais les grandes qualités du roman et de son auteure compensent grandement cette coquille.

Quoi de mieux pour vous illustrer le style et le ton de Maud Mayeras dans ce roman, que de terminer cette chronique en citant le premier paragraphe du dernier chapitre :

« Je n’aime pas les adieux. Ils ne me font rien. Ni bien, ni mal. Que dalle. Les adieux sont une foutue perte de temps. »

Et voici quelques autres extraits, avant de vous souhaiter une bonne lecture !

« La mort donne dans le détail, elle ne cherche pas à faire beau, elle fige l’homme dans toute sa plus ridicule simplicité. »

« Je n’aime pas les lueurs vives du matin, celles qui rendent vos peurs moins visibles. Elles les planquent jusqu’à la nuit tombée, où elles vous abandonnent avec délectation à vos terreurs délaissées. »

« Il faut que je la voie. Je veux contempler sa déchéance, la regarder danser au milieu des fous, rire en la regardant crever à petit feu. Peut-être alors serai-je enfin soulagée. »

Bonne lecture !

Reflex

Maud Mayeras

Éditions Anne Carrière

2013

364 pages

Maud Mayeras présente "Reflex" !

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Published by Richard -

Une enquête d'Aloysius Pendergast: Tempête blanche

Vous ne connaissez pas encore cet élégant agent du FBI, aux cheveux blonds presque blancs, aux yeux bleus perçants, habillé de noir et portant un drôle de prénom, Aloysius Pendergast ? Vous n’avez jamais lu ce duo extraordinaire, Douglas Preston et Lincoln Child, qui donne vie à ce personnage hors du commun, souvent imprévisible mais toujours efficace ? Vous n’avez jamais été happé par les récits bien montés, thrillers époustouflants qui passionnent le lecteur dès les premières pages ?

« Tempête blanche » sera donc pour vous, une excellente porte d’entrée donnant accès à la découverte de romans écrits à quatre mains, complices, harmonieuses et parfaitement synchronisées. Ce roman vous transportera dans l’univers d’Arthur Conan Doyle, au sein d’un riche village du Colorado et dans l’histoire sordide d’un ours mangeur d’hommes, ayant fait son repas d’onze prospecteurs, en 1876. Comment une enquête de Sherlock Holmes, totalement inconnu jusqu’à maintenant, peut-elle aider à résoudre deux enquêtes autour de meurtres crapuleux pendant qu’un pyromane embrase toute la région ?

Corrie Swanson est étudiante à l’Institut John Jay de justice criminelle ; de plus, elle est la protégée d’Aloysius Pendergast, qui l’a prise sous son aile. À la recherche d’un sujet de thèse, elle se penche vers une histoire sordide qui a eu lieu en 1876 et veut analyser les ossements des hommes qui ont été dévorés par un ours, dans la montagne près du petit village de Roaring Fork, une station de ski pour gens très, très riches.

Ses recherches réveillent des souvenirs chez quelques résidents du village qu’ils voudraient bien garder enfouis, au plus profond de la montagne. Et pendant ce temps, des personnes meurent dans des incendies criminels, allumés par un pyromane impitoyable. L’enquête bouleversera la quiétude de cette petite ville, dépassera grandement les compétences du chef de police locale, nous fera rencontrer une galerie de personnages assez intrigants dont une dame aux pouvoirs qui semblent illimités, Betty Brown Kermode, propriétaire de l’agence immobilière.

Au centre d’un complot contre elle, Corrie est emprisonnée et son protecteur devra intervenir pour la sortir des filets de la justice et lui donner un coup de main pour qu’elle puisse continuer son enquête. Commencent alors deux enquêtes extraordinairement intelligentes où en provenance de l’au-delà, Conan Doyle, par une information que lui aurait révélée Oscar Wilde (comme vous voyez, j’ai de la suite dans mes lectures … !) viendra aider Pendergast dans son enquête.

Une remarque qui m’apparaît être assez révélatrice du talent de ces deux auteurs : ils ont le chic pour développer les « acteurs de soutien » ! Corrie Swanson, que l’on a déjà rencontrée dans un autre roman, prend la place première dans cette aventure et Pendergast, joue un rôle plus effacé, plus en nuances (même si à un moment donné, il touche au fantastique) … et le lecteur l’accepte et s’en réjouit. À cause de sa prestance, son style, Aloysius prend beaucoup de place mais il laisse quand même à sa protégée quelques rayons de soleil qui la mettent en valeur.

Comme dans tous les romans que j’ai lus de ces deux auteurs, j’ai retrouvé une bonne histoire, un mystère complexe et une enquête finement brodée. Le personnage de Pendergast à lui seul, vaut le détour. Quand on commence la lecture d’une enquête de Preston Child, il faut s’attendre à dormir peu … toujours à l’affut du prochain chapitre, victime du syndrome du « encore quelques minutes avant d’éteindre la lumière ».

Alors, si vous ne les connaissez pas, partez à leur découverte ; et si vous les avez déjà rencontrés, « Tempête blanche » mérite un petit détour !

Bonne lecture !

Quelques extraits :

Une description de Pendergast :

« Son visage, d’une blancheur irréelle, semblait sculpté dans un bloc d’albâtre. Il avait les cheveux d’un blond tirant sur le blanc et ses yeux bleu argenté lui donnaient des allures d’extraterrestre. Jenny se demanda un instant s’il s’agissait d’une star. »

« L’exaspération qui habillait ses traits céda peu à peu la place à un sentiment bien différent : l’admiration. »

« Corrie devait choisir entre la peste et le choléra. »

Tempête blanche

Preston & Child

L’Aechipel

2014

427 pages

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