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Polar, noir et blanc

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Un coeur sombre

La plume de R. J. Ellory vient encore une fois me barbouiller le cœur. Si le cœur de son héros semble sombre, sa prose tout en contraste est imprégnée d’une lumière incandescente. Ellory est un conteur admirable, un grand styliste, il ne fait pas que raconter son histoire, il la dessine, la teinte de sa palette chromatique, d’où en découle un tableau d’une grande maîtrise.

Et ce dernier roman ne fait pas exception, il démontre encore une fois son immense talent à vous amener à travers les contrées de l’âme humaine, au plus profond des esprits torturés, obscurs et malveillants.

"Peut-on un jour expier toute culpabilité destructrice qui nous ronge ?"

New York, East Harlem, quartier mal famé de Manhattan, y règne Sandià, le roi incontesté de la pègre portoricaine, aussi connu sous le nom de l’homme pastèque. L’arrondissement entier lui appartient, y gravite autour tout ce qu’un quartier de ce genre peut vous offrir dans ses aspects les plus sinistres et les plus sombres. La corruption est maîtresse de maison et Vincent Madigan, inspecteur notoire y baigne en toute impunité, caché derrière son masque honorable d’homme de loi.

Vincent est un être torturé par ses errements et ses vices qui l’ont amené peu à peu à commettre souvent l’irréparable. Il a accumulé une immense dette auprès du numéro un local, Sandià, qui risque de lui coûter beaucoup plus que sa vie.... sa dignité d`homme et de père. Il n’a donc plus le choix, avec l’aide de trois malfrats qui ignore tout de son identité, il organise une razzia dans une des piaules du dealer véreux. Si tout fonctionne selon son plan et qu’il réussit son coup, il mettra la main sur un magot de plus de 400 000 dollars, un pactole inespéré.

Mais le braquage finira en queue de poisson. Tout part en vrille, une vraie zone de guerre, des tirs incontrôlables, s’ensuit un carnage sanglant et non sans conséquence lourde. Tous battent en retraite. Percé à jour, Vincent devra donc revoir sa stratégie et par la force des choses, rejouer ses pions et éliminer ses acolytes.

`` La destination ne dépend jamais d’une seule facette du voyage, et si on parle de la vie, la destination qu’on avait prévue n’est de toute manière jamais celle où on arrive. Et ce n’est jamais une seule chose qui nous fait perdre le contrôle, qui fait que notre vie nous échappe. ``

Mais le destin ou le mauvais œil, appelé le comme vous le voulez, n’en a pas fini avec notre inspecteur. En route pour le commissariat, celui-ci recevra un appel de la centrale et devra retourner sur les lieux de son propre crime. Ironie cruelle du sort, l’enquête lui sera confiée, et sur les lieux il découvrira que non seulement l’argent dérobé est inutilisable, mais qu’il y a une malheureuse victime, dommage collatéral. Tapis à l’intérieur, gît une petite fille, l’abdomen perforé par une balle perdue.

Les forces de l’ordre ainsi que les caïds sont sur les dents. Des têtes tombent et les morts s’accumulent. La traque au coupable est mise en branle, qui a planifié ce bain de sang. Se sentant acculé au pied du mur, jouant sur deux tableaux à la fois, Vincent n’a plus d’option, il doit coûte que coûte sauver son salut en misant sur son plus gros atout, découvrir qui est la petite fille. Que faisait-elle planqué entre ses quatre murs ? Qu’a-t-elle vu ? Un sentiment terrible de culpabilité l’assaille, brodant entre remords et insouciance, il doit expier. Encore faut-il que l’homme souhaite se racheter !

Madigan est un personnage tout en contraste, teinté de noir et de blanc. Il a rejoint le club des personnages que l’on n’oublie pas, ceux qu’on ne peut ou ne veut détester, malgré leurs failles profondes. Antihéros sans remords, loser dans la vie, abandonné par ses femmes et ses enfants, anesthésié par l’alcool et les drogues, mais aussi ravagé par ses fautes et ses peurs.

L’auteur nous dépeint une Amérique rongée par ses propres spectres. Une terre de complots, de corruptions et de manipulations, une terre où chaque être se déshumanise pour son propre salut.

Un roman très noir, nimbé d’une atmosphère sombre et très prenante. Un roman d’une construction remarquable, on y entre en se demandant si Ellory saura une fois de plus nous surprendre et on en ressort avec cette certitude, oui, le pari est gagné. Un roman captivant, une réussite à coup sûr !

Si vous êtes tout comme moi, un lecteur assidu de l’auteur, alors courrez chez le libraire. Je l’ai littéralement dévoré d’une traite.

Extrait :

« Des choses se produisent. Pour la plupart mauvaises. Trop pour s’en souvenir. Vous oubliez les détails, évidemment. Les détails sont sans importance jusqu’à ce qu’ils en prennent, et alors ils deviennent vitaux. »

« Il souffrait, émotionnellement, mentalement, spirituellement. C’était comme si son cœur pleurait dans une pièce sombre et qu’il ne pouvait que l’entendre, jamais le voir ni le toucher, jamais le consoler. »

« Il frissonna. Il se sentait transparent. Il avait l’impression que le monde entier le voyait tel qu’il était vraiment, que le monde entier voyait le petit poing serré de son cœur sombre dans sa poitrine.il avait honte. Non, il n’avait pas honte. Il se sentait juste petit, infiniment petit. »

Un cœur sombre.

R.J Ellory

Sonatine

488 pages.

Chronique rédigée par Sylvie Langlois, collaboratrice à Polar, noir et blanc.

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Published by Sylvie -

Camus doit mourir

Jean Charbonneau nous avait déjà surpris avec un polar tout à fait passionnant « Tout homme rêve d’être un gangster ». Roman historique et polar faisaient une belle équipe pour nous faire découvrir le Montréal mafieux du début du XXe siècle. Gagnant du prix Saint-Pacôme du meilleur premier roman de l’année 2013, l’oeuvre suivante de cet auteur devait atteindre une qualité supérieure, si non au moins égale.

« Camus doit mourir » confirme le talent de Jean Charbonneau comme auteur de romans historiques ayant une touche plus ou moins prononcée de romans noirs. Et franchement, cette troisième oeuvre me semble être encore meilleure que les deux premières. Et allons-y franchement, si vous tenez à ce que j’assigne une catégorie à ce roman, passez votre chemin. J’en suis incapable … et c’est tant mieux comme ça !

« Camus doit mourir » est un excellent roman. Et avec ce titre accrocheur, il est grandement temps que je vous parle de l’histoire.

Paris, août 1944, le navire nazi coule. Les Américains et les hommes du général Leclerc sont aux portes de la Ville lumière. Comme il se doit, les rats désertent le navire avant même que le capitaine ne provoque son retour vers son Créateur (qui ne doit pas en être très fier !). Les Allemands quittent Paris précipitamment, les Français respirent enfin même si tout n’est pas encore joué. Et ce ne sont pas tous les Français qui fêtent d’avance leur Libération. Les collabos et les membres de la Milice voient la fin de la guerre avec le sentiment de vivre leurs derniers jours. Leurs jours de gloire s’achèveront probablement dans la violence, avec des actes aussi terribles que ceux qu’ils ont commis.

Même s’il est résigné, Francis Béard est convaincu qu’il doit faire un dernier geste pour passer à la postérité, pour devenir une célébrité française : tuer Albert Camus ! Pourquoi Camus ? Ce membre de la milice aux méthodes cruelles voue une admiration sans bornes à Louis-Ferdinand Céline et comme Camus est déjà considéré comme un des meilleurs écrivains contemporains, sa disparition confirmerait la place de Céline au panthéon de la littérature française.

Le lecteur crapahute littérairement dans un Paris en détresse, entre les pensées noires du milicien célinien et la réclusion de Camus, protégé par les collabos et les communistes qui le couvent dans un appartement miteux. Béard, toujours effrayant dans ses plans meurtriers pour enterrer « L’étranger » et son créateur, devient doux comme du coton quand il parle à son chat. Camus vit dans sa prison comme Sisyphe où chaque jour est un éternel recommencement de la journée d’avant ; seule la belle Ève l’aide à supporter son statut de prisonnier en liberté.

Au départ, nous savons tous que Camus survivra à la Deuxième Guerre et qu’il pourra continuer son œuvre … (mais pas se rendre au Panthéon !!!) mais ce serait là nier le pouvoir de la fiction littéraire et le libre arbitre de l’auteur. Malgré tout, le lecteur se laisse aller au rythme des deux personnages vers une finale inéluctablement dramatique, imprévisible. L’homme révolté devant l’absurdité de la vie …et de la mort !

J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman. L’histoire bien racontée se donne des allures de vérité au travers de l’Histoire que l’on connaît. En même temps, le lecteur se doute bien que le romancier a pris quelques libertés et parsemé le récit de faits et gestes nés de son imagination. Par exemple, je ne peux passer sous silence la scène où le milicien déguste un succulent dos de lapin rôti. Inoubliable !

Je vous recommande sans aucune réserve ce livre de Jean Charbonneau, que vous soyez amateur de polars ou pas, ce récit inclassable ( et ça, c’est un compliment !), se rapprochant plus du roman historique tout en faisant partie de cette tendance, ma foi très agréable, de la fiction biographique. Vous avez lu Camus ? Vous retrouverez l’auteur et peut-être des réponses à quelques questions que vous vous êtes posées. Vous ne connaissez pas Camus ? Alors, « Camus doit mourir » vous intéressera quand même et peut-être qu’ensuite, « L’étranger » se retrouvera dans votre liste de future lecture. De même que les prochains ouvrages de Jean Charbonneau.

Quelques extraits :

« - Les polars, c’est pour les abrutis. Ce n’est pas de la littérature. C’est du journalisme déguisé. Je parie que tous les auteurs de polars piquent leurs histoires dans les journaux à sensation : les meurtres scabreux, le cambriolage des bijoux d’une aristocrate quelconque, les manigances démoniaques d’un esprit pervers. »

« Les perdants ne sont jamais magnifiques. »

« Tout ce que son père lui a légué est son nom de famille et le fardeau de la peine de sa mère. »

Bonne lecture !

Camus doit mourir

Jean Charbonneau

Québec Amérique

2016

246 pages

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Published by Richard - - Romans québécois

Les anges sans visage

Coup de cœur ! Coup de poing !

« Les anges sans visages » de Tony Parsons !

Je ne connaissais pas cet auteur et j’ai commencé à le lire avec un peu d’appréhension. Mais dès les premières pages, j’ai été conquis.

Publié en anglais sous le titre de « Slaughter Man », ce roman sorti l’an passé, est la deuxième aventure de l’enquêteur Max Wolfe. Comme souvent, le titre anglais annonce mieux qui est le tueur, un abatteur.

Dans un quartier huppé de Londres, le soir du Jour de l’an, une ombre s’est glissée dans la maison des Wood. Quelques minutes plus tard, dans cette maison cossue, ne restaient plus qu’un carnage à la « Charles Manson » et une photo révélant la disparition d’un petit garçon de quatre ans. Le père et la mère, les deux adolescents ont été tués par une arme peu ordinaire : un pistolet d’abattage.

L’inspecteur Wolfe, père célibataire d’une petite fille et homme d’une grande douceur, devient pugnace quand il court après les méchants. Dans ses recherches, il se rend compte qu’il y a trente ans, un criminel s’est servi de ce genre d’arme pour tuer un père et ses trois garçons. Y a-t-il un lien entre les deux scènes de crime ? Pourtant, le « slaughter man », l’exécuteur, est un homme malade, en traint de mourir dans une petite caravane.

L’enquête est menée de main de maître par Wolfe, soutenue par son équipe de fins limiers. Toutes les pistes sont analysées, même celles qui se tournent vers la famille très riche de Mary Wood, la mère assassinée …que les gens reconnaissent comme Mary Gatling, la Vierge de glace, la skieuse qui avait annoncé avant les Jeux olympiques qu’elle n’aurait pas de relations sexuelles avant le mariage.

Une première conclusion s’impose, terrible et effrayante: « Les Wood ont été assassinés parce qu’ils étaient heureux. »

Le récit est passionnant et ce qui ajoute à la qualité du roman, c’est la richesse de la relation entre cet enquêteur et sa fille. Comme pour beaucoup d’enquêteurs, Wolfe est envahi par son métier, mais il réussit avec tendresse à être un père présent pour sa fille.

Un autre exemple ! Une superbe scène où la sœur d’une des victimes serre tendrement le policier, dans un moment d’intimité très émouvant.

Je vous recommande avec beaucoup d’emphase ce roman de Tony Parsons. Vous ferez comme moi, une très belle découverte ! Et en plus d’un auteur, vous ferez connaissance avec un policier aussi humain que compétent, un père aimant et un homme droit qui croit en la justice. Ce genre de personnage est de moins en moins fréquent.

Quelques extraits :

« Au-delà, le bois qui avait presque englouti le cimetière de Highgate s’étendait dans le brouillard. Les équipes de fouille étaient parties et les anges de pierre nous observaient, cachés entre les arbres. »

« La carrosserie jaune et bleu vif de sa voiture … nous rendait à peu près aussi discrets dans cette longue rue morne qu’une camionnette de glacier dans les dunes du Sahara. »

« Eddie Burns n’était sans doute pas un mauvais garçon. Il avait juste l’aisance sociale d’une laitue. »

Bonne lecture !

Les anges sans visage

Tony Parsons

Éditions de la Martinières

2016

348 pages

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Published by Richard -

Les enquêtes de Monsieur Lapin

Polar, noir et blanc parle habituellement de polars et ses lecteurs (plus d’une centaine par jour …) en sont aussi friands. Mais en plus d’être lecteurs, la plupart d’entre nous sont parents … ou grands-parents. Et nous voudrions bien que notre ferveur pour la lecture soit partagée par nos enfants et nos petits-enfants. Pascal Hérault et Geneviève Després nous offrent depuis quelques années, des albums qui pourraient grandement nous aider dans notre mission de passeur de passion.

Monsieur Lapin et sa fiancée, Suzy, forment un couple parfait : lui, beau comme un dieu lapin, vedette de cinéma reconnu et gagnant de tous les concours de beauté ; elle, célèbre mannequin, son poil doux et roux fait rêver tous les amateurs de carottes de la terre. Ils s’aiment tendrement !

Troisième personnage, le fameux commissaire Mastiff, un morse colossal qui ne craint rien et possède des habiletés d’enquêteur reconnu mondialement par tous les animaux.

Dans une première histoire, notre beau monsieur Lapin se réveille un bon matin et en se regardant dans le miroir, s’aperçoit qu’il s’est fait voler ses oreilles ! Quel malheur ! Il se rend donc au commissariat pour informer la police de ce larcin insolite. Une paire de lunettes rouges oubliée sur les lieux du crime sera un premier indice important pour le super limier Mastiff.

Étrange ! Monsieur Lapin, ne ressemblant plus à un lapin sans ses oreilles, apprend qu’il est probablement victime d’un « serial voleur » parce que le coq, le chat angora et le paon se sont aussi fait subtiliser un aspect de leur anatomie.

Comme dans tous les autres albums, Mastiff et monsieur Lapin possèdent un flair évident ; les parents qui liront ces histoires à leur enfant remarqueront le sens du détail et de l’observation parfaitement holmésiens de notre morse enquêteur.

Dans « Suzy a disparu », Mastiff doit élucider la disparition de la belle fiancée de Monsieur Lapin, l’affriolante Suzy. Monsieur Lapin est dévasté, mais avec courage, il enquêtera même jusque dans les bas-fonds et les égouts de la ville. Les jeunes lecteurs seront sûrement ébahis par son esprit de déduction, qualité essentielle d’un fin limier.

Enfin, dans la troisième aventure, Monsieur Lapin est en vacances avec sa belle Suzy. Tout à coup le drame éclate, certains clients se sont fait voler leur maillot. Monsieur Potame, le directeur de l’hôtel collabore à l’enquête. On découvre des indices inquiétants. Chaque victime est interrogée. Et finalement …

J’ai vraiment aimé ma découverte de cette série. Et j’ai très hâte d’en faire profiter mes petits-enfants. Les histoires de Pascal Héraut sont bonnes, le suspense adapté au plaisir des enfants de six à neuf ans et les petits assisteront à une véritable enquête. L’utilisation de personnage récurrent vient aussi faciliter la lecture et l’intérêt des petits lecteurs.

Et comme dessert, vous admirerez, à chaque page, les magnifiques illustrations de Geneviève Desprès. Complément indispensable de l’album, les illustrations sont colorées et rigolotes. Le mini-drame de chaque enquête est donc atténué par ces dessins que l’on regarde avec ravissement. Qu’ils lisent l’histoire ou qu’ils se la fassent raconter, les jeunes pourront déguster chaque illustration avec un plaisir renouvelé. Et de plus, à chaque page, Geneviève Després crée une atmosphère différente, toute en nuances, en émotion et en humour. Les personnages sont expressifs et les enfants pourront facilement les décoder et comprendre leurs sentiments.

En ce qui me concerne, si ce n’était de devoir briser les albums, j’aurais aimé mettre quelques illustrations de cette artiste sur les murs de mon bureau et de ma bibliothèque.

Alors, parents et grands-parents, je vous recommande ces trois albums et le petit nouveau qui arrivera à l’automne, « Le voyage de Monsieur Lapin ». Un album vraiment très coloré !

Ne le dites pas aux petits, mais vous y prendrez, vous aussi, un plaisir de lecture et de relecture. Mais attention, quand vous admirerez les illustrations de Geneviève Després et que vous vous serez perdus dans son imaginaire … peut-être que votre enfant vous réveillera pour que vous tourniez la page …

Bonne lecture !

Les oreilles de monsieur Lapin

Texte : Pascal Hérault

Illustrations : Geneviève Després

Les 400 coups

2010

Suzy a disparu

Texte : Pascal Hérault

Illustrations : Geneviève Després

Les 400 coups

2012

Les vacances de monsieur Lapin

Texte : Pascal Hérault

Illustrations : Geneviève Després

Les 400 coups

2015

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Published by Richard -

La chambre verte

Certains auteurs sont pour moi de véritables phénomènes et leur livre, d'authentiques OLNI, des objets littéraires non identifiés. Martine Desjardins semble être de ceux-là !

Peut-être ! Car je n’ai lu qu’un roman de cette auteure québécoise et je suis tombé en bas de ma chaise … de lecture. Sans dommage ni fracture !

Et comme cela m’arrive souvent, par la magie de Facebook, j’ai pu échanger un peu avec cette auteure … et j’ai pu confirmer ma première impression. On ne s’ennuie jamais avec Martine Desjardins ; elle possède une imagination fertile et débridée. « La chambre verte » en est une preuve vivante ( … vivante comme un roman peut l’être, évidemment !).

Bon, essayons de vous résumer l’histoire.

Le récit tourne autour d’une pièce, d’une certaine maison construite par Louis-Dollard Delorme. Un peu grippe-sou, ce charmant patriarche ferait passer Séraphin Poudrier pour un dépensier incontrôlable. Lors de la construction de cette maison, il a imaginé une pièce centrale, logée dans les fondations de l’immeuble, une chambre forte, blindée, peinte à la couleur vénérable de l’argent qui pour lui a une odeur. Une odeur de sainteté.

Quatre-vingts ans plus tard, après une période fastueuse où cette maison avait une architecture très bancaire, deux huissiers, lors d’une saisie, découvrent dans cette chambre verte, le cadavre d’une femme momifié avec une brique dans la bouche.

Commence alors, ce récit complètement déjanté, d’une maison qui nous raconte ses habitants, leur vice et leurs rares qualités, leurs habitudes et leurs travers. Chaque page est une surprise, chaque élément révélé vient surprendre le lecteur. Évidemment, cette maison a plus que juste une paire d’oreilles ; elle nous parle, nous explique et nous révèle les secrets les mieux gardés de cette saga familiale.

Leur journée se passe à faire de l’argent et leur soirée, à le compter. Quand la journée a été fructueuse, on se paie une … tasse d’eau chaude.

Puis, un jour, une jeune fille vient pour louer un appartement. Pénélope Sterling (Penny pour les amis) s’installe dans l’entourage de la famille Delorme. Elle provoque l’intérêt ($$$) de la famille, car elle a inventé un jeu qui lui rapporte gros. Immédiatement, tout est mis en place pour « arranger » un mariage avec le fils de la famille. Belle façon d’augmenter rapidement le pécule familial !

Voici le prétexte pour nous faire faire le tour de la saga familiale des Delorme en commençant par les débuts fortunés de Prosper Delorme, la construction de la maison et les multiples façons d’économiser de l’argent, en faire et parfois même en dépenser …juste un peu ! Cette famille ne possède pas juste de l’argent, elle invente des trésors d’imagination pour en avoir plus et pour en dépenser moins. De la crème glacée ? Non, on peut lécher autre chose. Acheter de la chapelure ? Nenni, quand on possède la matière de base. Goûter le fumet d’un bon steak ou d’une viande grillée ? Pourquoi pas, surtout quand on a le nez fin …

Bref, toutes les aventures payantes de cette drôle de famille vous feront sourire et même parfois, rire aux éclats. Martine Desjardins possède (eh oui … l’esprit de possession semble s’être transmis par osmose …) un sens de l’humour oulipien, surréaliste, qui goûte le caramel à la fleur de sel.

Chaque personnage de cette famille vous offrira des trésors de plaisir, autant dans leurs nombreux travers que dans leur humanité très monétaire. Les Delorme, grand-père, père et fils, les trois vieilles filles, Morula, Blastula et Gastrula, tous les personnages sont tricotés habilement par l’auteure. Mais mon personnage favori aura été la « belle » Estelle, la tendre épouse de Louis-Dollard.

« La lumière du jour n’est pas tendre envers ses cinquante-quatre ans et met en relief la flaccidité de ses chairs. Le bas de son visage, alourdi par une épaisse bourre adipeuse, lui pend du cou et tremble comme un fanon de dinde à la moindre déglutition. Ses cheveux ont la couleur de la laine d’acier. Ses yeux mornes ne sont plus qu’une fente transversale entre ses paupières boursoufflées … »

Vous dire à quel point j’ai aimé ce roman, pendant l’écriture de cette chronique je devais me retenir de le relire, en tout et en partie. Je m’amusais à relire les passages surlignés en jaune (ma méthode de travail !!) et j’avais de la difficulté à m’arracher à ma lecture pour écrire une ou deux phrases et reprendre ma lecture.

Je vous avertis, lire du Martine Desjardins crée une accoutumance impossible à soigner ! Alors, soyez prévenus ! Le pire qui pourra vous arriver, c’est d’être complètement accroc. Pas de problème, il vous restera, comme à moi, quatre autres livres pour guérir ? Non, pour accentuer la dépendance !

Voici quelques extraits … commencera, ici, le début de votre dépendance. Vous ne voulez pas succomber ! Alors, passez votre chemin et ne vous ennuyez pas trop ! La vie est longue … sans sourire !

« Non seulement elle a conservé sa taille de jeune fille, mais elle l’a doublée. »

« Je ne connais pas meilleur usage aux dollars que l’accumulation. »

« Estelle entreprit de lui inculquer le principe fondamental de l’économie, celui auquel elle-même adhérait depuis sa plus tendre enfance : ménager sa salive. »

Bonne lecture !

La chambre verte

Martine Desjardins

Alto

2016

248 pages

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Published by Richard - - Romans québécois

Le nuage d'obsidienne

Eric McCormack est un écrivain canadien-anglais très peu connu au Québec. Il y a quelques semaines, je ne le connaissais pas, je ne l’avais jamais lu. Et maintenant, une vingtaine de jours après avoir lu un article dans le journal Le Devoir qui parlait de ce « dieu des livres », je me suis mis à en parler à tout le monde. Exactement comme je l’avais fait, il y a plusieurs années quand j’avais découvert le génial « Robertson Davies ».

Après cette critique de Louis Hamelin, je me suis procuré « Le nuage d’obsidienne », dernier livre écrit par cet auteur né en Écosse en 1938 et habitant au Canada depuis 1966. Il était temps que je découvre cet écrivain et la seule consolation pour ce retard, c’est qu’il me reste tous ses livres à lire ! Comme disait Jules Renard : « Quand je pense à tous les livres qu’il me reste à lire, j’ai la certitude d’être encore heureux. »

Alors sur cette pensée que bien sûr, beaucoup d’entre vous partagent, essayons de faire un résumé de ce roman foisonnant et passionnant.

En voyage d’affaires au Mexique, Harry Steen est surpris par un orage aussi subit que violent. Pour se protéger de la pluie, il entre dans une boutique de livres anciens. À travers le capharnaüm de vieux ouvrages, un bouquin d’une dimension rare, attire son regard. Le titre : « Le nuage d’obsidienne ». Intrigué, il le feuillette et se rend compte que l’auteur raconte un « événement des plus singuliers, de mémoire d’homme … » et que cette anomalie de la nature s’est déroulée à Duncairn, en Écosse. Tout de suite, car il a lui-même vécu quelque temps dans ce petit village du comté d’Ayshire dont il garde un souvenir douloureux, il achète le livre et le rapporte chez lui.

Après quelques recherches, il découvre que ce nuage d’obsidienne est un événement climatique extrêmement rare, peut-être que même, ce serait une légende « rurale ». Sans en être obsédé, il commencera à chercher la vérité sur ce livre, sur son auteur et sur le phénomène climatique. Débute alors, une histoire passionnante, la biographie foisonnante de ce Harry, né dans les quartiers pauvres d’une grande ville écossaise.

Le récit de la vie de Harry Steen vous projettera aux quatre coins du monde et son histoire, riche en rencontres et en aventures, vous étonnera. En plus de la pauvreté de son enfance, il vivra des deuils qu’un enfant ne devrait pas à subir. Débrouillard, il fera tout pour pouvoir réussir des études universitaires. Puis, il se retrouve à Duncaïrn où il devrait enseigner …mais une malheureuse histoire d’amour avec la belle Myriam se termine abruptement. Cette très courte idylle l’habitera toute sa vie ; le visage de cette femme ne le quittera plus jamais.

Cependant, sa rencontre avec un riche industriel bouleversera sa vie. Il épousera sa fille sans nécessairement l’aimer et il prendra la charge de l’entreprise, parcourant le monde pour vendre les pompes que son usine fabrique. Jusqu’au jour, où il découvre ce livre …

Je n’ai lu qu’un roman de cet auteur, mais déjà, je me retiens pour ne pas crier au génie ! Je me garde bien de le faire, mais je vous le dis, ce roman est génial. Tout au long de ma lecture, je me suis régalé. Parfois une phrase, souvent des faits, une émotion qui nous touche, un événement prenant, un retour en arrière surprenant, un drame bouleversant ; ce roman est une suite de petits éléments qui, tous réunis, nous donnent un grand livre. On le referme en criant au génie !! Rien de transcendant, mais à la fin, de la grande littérature !

Conséquence évidente après ma lecture, j’en parle à tout le monde que je rencontre et je me commande ses oeuvres …

Alors malgré le coût élevé de ce livre, laissez-vous tenter par ce nuage d’obsidienne. Les romans sont dispendieux chez Christian Bourgois éditeur, mais généralement, on y retrouve la qualité qui justifie le prix. Et quand vous l’aurez entre les mains, admirez la page couverture ! Magnifique … comme à l’intérieur !

« Mais je n’avais naturellement pas la moindre idée de ce qu’en tentant de résoudre les énigmes soulevées par Le Nuage d’obsidienne, je trouverais la réponse au grand mystère de ma propre existence. »

« Certains bibliothécaires semblaient assez pâles et détachés du monde pour n’être en réalité que les fantômes d’autres bibliothécaires venus se perdre dans ces coursives des siècles auparavant. »

Et, même si cela peut paraître « démoniaque », je ne mettrai pas de citation pour montrer la façon bien particulière dont les femmes de l’île d’Oluba font l’amour à leur homme. À vous de le découvrir … mais laissez-moi vous dire que les fortes cuisses et les jambes musclées des Olubiennes conviennent parfaitement au rite amoureux du « paratac » !

Bonne lecture !

Le nuage d’obsidienne

Eric McCormack

Christian Bourgois éditeur

2016

475 pages

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Published by Richard - - Romans canadiens-anglais

Block 46

« Block 46 » de Johana Gustawsonn est un thriller de bonne qualité que la majorité des lecteurs apprécieront, une très bonne lecture de vacances. Pour ma part, je ne connaissais pas cette auteure, je l’ai donc découverte avec ce roman. Je dois dire, au départ, que j’aime ce genre de romans où l’action et l’enquête sont dépendantes d’une cause remontant à une époque ultérieure. Et Johana Gustawsson, petite-fille de déporté, a su choisir un événement historique qui a sûrement marqué sa famille. Et qui vous marquera aussi, comme lecteur.

Voici l’histoire, sans trop en révéler.

Cette soirée devait être le grand soir de sa vie, de sa réussite professionnelle. Mais malheureusement, pour Linnéa Blix, ce fut la dernière journée de sa vie.

À Londres, ses amis s’inquiètent ! Spécialisée dans le comportement et les motivations des tueurs en série, Alexis Castells, sa grande amie écrivaine, part aussitôt en Suède où on retrouve le corps de Linnéa Blix sauvagement mutilé, la gorge tranchée, les yeux énucléés et un « Y » gravé sur le bras.

Parallèlement, à Londres, Emily Roy, une profileuse renommée d’origine canadienne, enquête sur une série de meurtres d’enfants ayant subi les mêmes blessures. Comme elles se sont déjà rencontrées, Emily et Alexis vont unir leurs efforts pour élucider les crimes de ce qui semble être l’œuvre d’un seul tueur en série.

1944, camp de Buchenwald. Erich Ebner, un jeune juif allemand, étudiant en médecine, est interné. Ses connaissances en médecine le sauvent quand il est affecté au Block 46 pour aider le Doktor Horst Fleischer dans ses « recherches » ! Le jeune Erich fera tout pour survivre, sauver sa peau et garder l’espoir de retrouver, un jour, sa liberté.

Évidemment, le lecteur aura compris très vite qu’il y a un lien évident entre ce qui se passe dans ce Block de la mort et les horribles meurtres perpétrés à Londres sur des enfants et en Suède où on a retrouvé le corps de Linnéa Blix.

Pour un premier roman solo, Johana Gustawsson a très bien relevé le défi d’un thriller bien ficelé. Des chapitres courts et souvent percutants donnent un rythme intéressant au développement du récit. Bien sûr, tout lecteur de polars fera vite le lien entre le passé et le présent dans cette sordide histoire ; mais l’intérêt du roman ne se situe pas là ! Car l’auteure a su tricoter ce récit avec du fil barbelé bien serré, guidant le lecteur vers une finale qui le surprendra quand même.

La rencontre avec les personnages d’Emily Roy et d’Alexis Castells est prometteuse. Signe de réussite évidente, le lecteur que je suis, demande un rappel pour ces deux personnages, partenaires improbables, mais efficaces. On en veut encore ! Mais aussi, on veut que ces deux enquêtrices développent plus leur personnalité, nous dévoilent leurs histoires et nous guident dans d’autres enquêtes passionnantes. Elles ont de l’avenir !

Johana Gustawsson possède une écriture et un style très bien adapté au thriller. Pas nécessairement haletant, mais gardant son lecteur captif. Le ton est juste, les phrases sans fioritures et pas un mot de trop ne vient créer de la distorsion. Johana Gustawsson appelle un chat, un chat et parfois, la description des violences est assez explicite. Cœurs sensibles, ne passez pas votre chemin, ce serait dommage pour vous. Il y a aussi quelques phrases géniales qui nous arrêtent, demandent une relecture, juste pour apprécier et admirer les joyaux qui la composent.

Sans conteste, je voudrais bien revoir cette écrivaine et cette profileuse dans un prochain roman. Mais ce qui est certain, c’est que je serai en première ligne pour lire le prochain roman de Johana Gustawsson !

Merci à Jacques Saussey de m’avoir fait connaître ce roman !

Scandinavement vôtre !

Quelques extraits :

« La maison avait été construite à l’orée d’une plage, juste assez loin de la mer pour qu’on embrasse sa majesté, juste assez près pour qu’on en reste intimidé. Des vagues noires et mousseuses caressaient les galets couronnés de neige, comme au prélude au coucher de soleil imminent. »

« Alexis flotta dans l’univers de sa nièce, puis dans celui de son neveu, un univers douillet qui sentait bon les câlins. »

« Elle devait continuer à s’envoyer en l’air avec n’importe qui quand ses hormones la tourmentaient, mais jamais avec quelqu’un. »

Bonne lecture !

Block 46

Johana Gustawsson

Bragelonne Thriller

2016

329 pages

Block 46

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Published by Richard -

Le 12 août, j'achète un livre québécois (fin, pour de vrai)

Je ne pouvais m’arrêter en si bon chemin !

Comme dans toutes bonnes listes, il y avait des éléments que j’avais oubliés, d’autres qui ne sont pas des polars et des coups de cœur qui me sont apparus après la parution des trois chroniques.

Comme je suis « le seul et unique boss » de ce blogue, j’ai décidé, unanimement, de rallonger un peu ma liste. Et surtout, en demandant à ces oubliés (shame on me !!!) de me pardonner … !

S’il vous reste quelques dollars, voici d’autres suggestions intéressantes :

« La nuit des albinos » de Mario Bolduc

"Quand j'avais cinq ans je l'ai tué" de Laurent Chabin

« Les cahiers noirs de l’aliéniste » de Jacques Côté

« La chambre verte » de Martine Desjardins

« La fiancée américaine » d’Éric Dupont

"Déni" d'Anna-Raymonde Gazaille

« Nowhere Man » de François Gravel

« Projet Sao Tomé » de Michel Jobin

« Je ne tiens qu’à un fil, mais c’est un bon fil. » de Sylvie Laliberté

« Le cri du West Coast Express » de Jacqueline Landry

« Sur ses gardes », de Stéphane Ledien

« L’empire du scorpion » de Sylvain Meunier

« La noirceur » de François Lévesque

« B. E. C. » de Suzanne Myre

« Dragonville » de Michèle Plomer

« Cobayes. Elliot » de Madeleine Robitaille

« Un voyou exemplaire" de Jacques Savoie

« VI » de Kim Thuy

« Abraham et fils », de Martin Winkler

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Published by Richard -

Le 12 août, j'achète un livre québécois (suite et fin)

Mes suggestions de polars québécois ( 3e partie de 3)

Dans le but de vous aider à faire vos achats de livres québécois pour le 12 août prochain, je vous ai préparé une petite liste de suggestions des meilleurs polars, écrits par nos auteurs du Québec. Je la publierai en trois parties, par ordre alphabétique de noms d'auteurs.

Autant pour les lecteurs québécois que pour nos amis européens, je vous mettrai le lien vers le site "Les libraires" où vous pourrez vous procurer ces livres en les commandant en ligne. Une simple inscription et vos polars québécois vous seront livrés à la maison.

Bonne lecture et surtout, bonne journée du 12 août !

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« L’Activiste » de Maureen Martineau

Une autre très bonne enquête de Judith Allison, troisième roman de la série de Maureen Martineau. L’auteure réussit le tour de force d’écrire un polar à saveur écologique sans tomber dans la morale à outrance ni dans le didactique. Comme toujours, l’auteur sait tricoter son histoire et garder l’intérêt de son lecteur.

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« Bondrée » d’Andrée A. Michaud

Andrée A. Michaud m’avait déjà séduit par son roman « Rivière tremblante » et la lecture de « Bondrée » vient me confirmer que cette auteure a un talent fou, qu’elle écrit des romans atypiques et passionnants et qu’à chaque fois, elle prend des risques littéraires énormes et toujours, elle réussit à nous donner d’ excellents romans qui nous laissent bouche bée.

Je vous le dis, sans réserve, il faut lire Andrée A. Michaud pour se plonger dans des polars d’atmosphère où les pensées des personnages vous habitent pendant et après la lecture.

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« Quand j’étais Théodore Seaborn » de Martin Michaud

Dans ce roman, le style et le talent de Martin Michaud sont toujours présents. Des chapitres courts, des rebondissements, une intrigue haletante et une montée en tension digne d’un très bon thriller. Bref, comme toujours avec le père de Victor Lessard, on ne s’ennuie pas et on passe un bon moment de lecture.

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« Terreur domestique » de Guillaume Morrissette

À son deuxième roman, Duillaume Morrissette nous montre une maturité littéraire hors du commun. Ce nouveau joueur dans le monde du polar y fera sa place très rapidement. Ne commencer pas son roman le soir avant de dormir, vous vous retrouverez avec le mot fin juste au moment où le soleil se lèvera. Et vous, il vous manquera une nuit de sommeil.

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« Machine God » de Jean-Jacques Pelletier

Lire Jean-Jacques Pelletier, c’est comme ouvrir un journal et suivre des éléments de l’actualité, en direct, tout en furetant sur Internet et les réseaux sociaux pour compléter sa recherche d’informations. « Machine God », le dernier roman de l’auteur est un feu roulant, une explosion de mises en scène macabres qui nous entrainent dans les méandres pervers de l’intégrisme des religions.

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« Les chroniques de Gervais d’Anceny » de Maryse Rouy

Passionnés du Moyen-âge ? Amateurs de romans historiques ? Maryse Rouy nous transporte dans ce Moyen-âge qu’elle aime tout particulièrement et nous brosse un portrait très révélateur de l’atmosphère et de la vie au XIVe siècle. Sans jamais être didactique, l’auteure nous guide avec style et savoir-faire, dans les méandres d’une ville et dans les couloirs du prieuré, des prisons et des maisons de l’époque. On ne sent pas du tout la recherche ; toutes les informations s’intègrent parfaitement au récit. Et n’hésitez pas à suivre ce personnage de Gervais d’Anceny ; ça nous change du policier avec plein de défauts et, en plus, ses enquêtes sont très instructives.

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« Faims » de Patrick Senécal

L’auteur scrute la nature humaine d’un œil impitoyable en nous montrant la facilité à tomber des deux mauvais côtés du fil de fer. Il n’y a que dans l’imaginaire de Patrick Senécal qu’une soirée au cirque peut déclencher une représentation dramatique du côté noir de l’être humain. Patrick Senécal réussit à nous livrer un roman bouleversant où un petit village prend des airs d’enfer, pavé de mauvaises intentions. D’un simple paradis, le ver de la pomme pourrit toute une population pour en faire un maelström maléfique. Du plaisir de lire à son meilleur !

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.Rinzen et l’homme perdu » de Johanne Seymour

Un excellent roman de Johanne Seymour. Après les enquêtes de Kate, vous découvrirez un personnage fascinant, une enquêtrice bien particulière, une Québécoise aux origines tibétaines, attachée à sa culture, sa religion et à sa famille. Son coéquipier, homosexuel à la sexualité débridée, complète cette équipe pas comme les autres.

On souhaite une longue vie à ces personnages car l,auteure a su leur dessiner un profil qui devrait générer de saprées bonnes histoires.

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« Le blues des sacrifiés », Richard Ste-Marie

Une de mes prochaines lectures. Je vous en parle parce que j’adore Richard Ste-Marie et j’aime son personnage de policier philosophe. Richard Ste-Marie est un auteur qui prend une place de plus en plus importante dans le paysage du polar québécois. Son personnage de flic philosophe, Francis Pagliaro, ce policier honnête, sans histoire, amoureux de sa femme et cultivé comme un professeur de CEGEP, charme de plus en plus, les nombreux lecteurs qui ont la chance de le rencontrer, au cours de ses enquêtes.

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Et finalement, je me fais un peu de publicité, aussi pour les 33 auteurs et auteures québécois qui m’ont accompagné dans la réalisation de ces deux recueils. En espérant que ces deux livres et ce blogue qui dure depuis plus de six ans, soient des sources d'inspiration pour les merveilleux lecteurs que vous êtes ?

Et merci aux écrivains pour votre passion, votre talent, votre disponibilité, votre intelligence et pour tous vos mots qui peuplent notre imaginaire ! Vous êtes essentiels !

« Crimes à la librairie », collectif Richard Migneault

« Crimes à la bibliothèque », collectif Richard Migneault

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Published by Richard -

Le 12 août, j'achète un livre québécois (suite)

Mes suggestions de polars québécois ( 2e partie de 3)

Dans le but de vous aider à faire vos achats de livres québécois pour le 12 août prochain, je vous ai préparé une petite liste de suggestions des meilleurs polars, écrits par nos auteurs du Québec. Je la publierai en trois parties, par ordre alphabétique de noms d'auteurs.

Autant pour les lecteurs québécois que pour nos amis européens, je vous mettrai le lien vers le site "Les libraires" où vous pourrez vous procurer ces livres en les commandant en ligne. Une simple inscription et vos polars québécois vous seront livrés à la maison.

Bonne lecture et surtout, bonne journée du 12 août !

« Les villages assoupis » d’Ariane Gélinas

Bien connue dans le monde de la « fantasy », Ariane Gélinas nous livre avec cette trilogie, des romans puissants, dérangeants et parfois même assez prenants. Sans nous donner un récit haletant avec de multiples rebondissements, elle nous trace plutôt une arantèle diabolique, avec un fil de soie qui semble fragile, mais qui nous attrape et nous laisse prisonnier de son atmosphère. Ne cherchez pas l’intrigue haletante, le thriller angoissant, laissez-vous simplement emprisonner par la suavité du style de l’auteur et par son écriture en demi-teintes. Amateurs de romans noirs, lancez-vous !

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« La misère des laissés-pour-compte » de Maxime Houde

Ouvrir un Stan Coveleski (le roman, pas le personnage!) de Maxime Houde (pas lui, non plus…), c’est commencer une histoire qui vous plaira à coup sûr. Une enquête bien ficelée, un personnage récurrent que l’on accompagne avec plaisir, une visite guidée dans le Montréal des années 40 et 50 et tout cela, dans une écriture joyeuse qui déclenche le plaisir de lire et un sens de l’humour qui provoque le plaisir de sourire. Ça vous tente ?

Après "L'Infortune des biens-nantis", voici donc « La Misère des laissés-pour-compte », la septième enquête de Stan Coveleski, ce privé très « cool », sans peur et sans reproche.

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« La bataille de Pavie » d’André Jacques

L’histoire est intéressante, passionnante. Comme à son habitude, André Jacques nous guide dans le monde complexe du milieu des arts et nous fait voyager, au gré des pérégrinations de son antiquaire. Le récit a du rythme, les dialogues sont percutants et le sens de l’humour vient souvent alléger une atmosphère parfois lourde.

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« Jusqu’à la chute » de Catherine Lachance

Catherine Lafrance est une auteure à découvrir et je crois que le public friand de polars trouverait un roman à la mesure de ses attentes. J’ai commencé ce roman en pensant que je me reposerais du polar ; au contraire, j’ai été convaincu que l’auteure pourrait être avantageusement comparée à nos auteurs de thrillers préférés.

Je vous recommande « Jusqu’à la chute ». Vous serez conquis ! Et moi, comme amateur de polars, je me souhaite vraiment que Catherine Lafrance se lance dans l'écriture d'un polar. Je suis convaincu qu'elle y réussirait très bien ...pour le plus grand plaisir des lecteurs.

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« Les faits divers n’existent pas » de Martine Latulippe

J’ai lu avec beaucoup de plaisir le recueil de nouvelles de Martine Latulippe, «Les faits divers n’existent pas». Ces nouvelles noires, parfois très très noires, se dégustent avec gourmandise, les unes après les autres ou mieux encore, en véritable gourmet, comme un cocktail dinatoire, laissant notre esprit de lecteur savourer chacune d’elles avec délectation.

La nouvelle est malheureusement un genre qui est peu lu. Pourtant, quel plaisir peut-on y retrouver en s’immergeant dans chacune d’elles et se laisser bercer par l’histoire, mais surtout par l’atmosphère créée par l’auteure. Martine Latulippe, une véritable décoratrice d’intérieur de l’âme, en quelques phrases, nous compose des ambiances, y place des humains presque ordinaires et nous entraine dans un tourbillon d’émotions et de sensations.

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« La vie comme avec toi » de Geneviève Lefebvre

Je le sais, ce roman n’est pas une nouveauté, mais je l’ai tellement aimé que je ne pouvais faire cette liste sans l’inclure.

Geneviève Lefebvre donne avec «La vie comme avec toi» une certaine noblesse au polar. Elle mêle habilement sentiments, amours et polar pour donner à ses lecteurs, une sensation bien particulière, le sentiment d’avoir vécu un moment de lecture sur le seuil de l’émotion.

En ce qui me concerne, j’ai été ému et touché. Et si c’est votre première rencontre avec cette auteure, je peux affirmer sans crainte que c’est le début de quelque chose ... qui devrait durer ... !

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« Le mauvais côté des choses » de Jean Lemieux

Le mauvais côté des choses vous offre une aventure bien ficelée, au rythme des morts et des branches d’amélanchier, approfondie aussi de références sur l’histoire récente du Québec, sur la musique, et riche des mille visages de la métropole québécoise. Retrouver avec plaisir André Surprenant le policier fétiche de Jean Lemieux ; il offre toujours d’agréables moments de lecture dans des enquêtes passionnantes.

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« Bienvenue à Meurtreville » d’André Marois

Une grande nouvelle ou un petit roman d’André Marois. Du pur plaisir ! Il s’apporte facilement à la plage ou à la piscine, supporte la crème solaire avec grâce, mais a quand même un peu peur de l’eau. Sans blague, voyez comment André Marois revisite « La grande séduction » avec son imaginaire et sa plume trempée dans l’encre noire.

Une collection très intéressante chez Héliotrope !

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« L'encre mauve » de Florence Meney

Un roman qui affiche la maturité d'une auteure en pleine progression ! De roman en roman, Florence Meney s'améliore et nous présente des polars passionnants dans le milieu journalistique et celui de l'édition. Dans "L'encre mauve", vous rencontrerez le mal en personne, portant la toge de la justice. Un policier qui perd la tête et tue toute sa famille. Et surtout, un couple que l'on aime, lui journaliste et elle, éditrice, un couple qui vit des moments difficiles. À lire et à découvrir !

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