Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 15:59

Le 29 janvier 2010, sans savoir dans quoi je m'embarquais, j'écrivais ma première chronique et je créais " Polar, noir et blanc".

 

Et depuis ce te 2-ansJPEG.jpg mps, 197 chroniques plus tard, je suis toujours aussi passionné par la lecture et l'écriture de mes chroniques.

 

Pourquoi ?

 

Parce que j'aime ça ! Beaucoup !!

 

Mais cette raison n'est pas suffisante ! 

 

J'aime animer "Polar, noir et blanc" parce que je vous ai rencontrés. Vous tous, lecteurs et auteurs, blogueurs et éditeurs, amis et membres de ma famille et aussi tous ceux qui, au fil du temps, sont devenus des amis et amies au quotidien.

 

Je profite donc de cette 198e chronique, pour vous remercier de votre assiduité. Merci pour les commentaires que vous laissez comme des traces de votre passage dans ma bibliothèque. Merci pour vos suggestions, celles que j'ai lues et celles qui ont engraissé ma pile à lire. Merci pour vos encouragements, pour vos petits mots et vos messages personnels.

 

J'adore ce blogue parce qu'il me permet d'avoir de vos nouvelles. J'adore "Polar, noir et blanc" parce qu'il est un lieu de rencontres et de découvertes extraordinaires. J'adore écrire ce blogue car il me permet de rester en contact avec vous.

 

J'espère que vous m'accompagnerez encore longtemps dans ce monde fascinant de la littérature.

 

Aux plaisirs de lire !!

 

Bonne lecture !!!

 

Richard

Par Richard - Publié dans : Humeurs - Communauté : Salon Lecture
Écrivez-moi vos commentaires ! - Voir les 42 commentaires
Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 17:14

Paul-au-parc.jpg

J’adore Michel Rabagliati ! J’aime Paul !!!

J’ai un plaisir fou à suivre la vie de Paul, son personnage principal. Certains disent qu’il est notre Tintin national ! Non je ne suis pas d’accord. Les albums de Paul ne sont pas des histoires d’aventure mais plutôt l’expression d’un quotidien rempli de tendresse et de ... souvenirs pour le lecteur ! En plus, l’illustrateur nous transporte dans des univers complètement différents où nous pouvons retrouver Paul l’adolescent («Paul au parc») après l’avoir vu père de famille («Paul à Québec»).

Pour moi, une nouvelle histoire de Paul, c’est un  album de photographies familiales que l’on ouvre pour la première fois et où je me reconnais dans l’un ou l’autre de ses personnages.

«Paul au parc» nous transporte à la fin des années 60 et  début des années 70. Paul oscille entre l’enfance et le début de son adolescence; du cerf-volant au premier baiser dans le parc, tout en tendresse, il jette un regard naïf sur son époque. Époque troublante, époque de grandes turbulences dans ce petit monde tranquille de la «province de Québec». Les chanteurs aux cheveux longs, les messes à gogo, la montée d’une jeunesse un peu folle, tout cela fait réagir les adultes. Mais les bombes et la montée du FLQ (Front de Libération du Québec), les graffitis sur les murs, la relation amour-haine avec le premier ministre Trudeau ... l’espace politique est bouillonnant et Paul découvre ce monde trouble avec ses yeux de jeune adolescent.

Puis la découverte du mouvement des Louveteaux (première étape du scoutisme) lui permet de s’ouvrir au monde extérieur, à la vie hors de sa famille: découverte de l’amitié mais aussi, découverte de son monde à travers les yeux des animateurs du mouvement. Et la rencontre marquante avec Daniel et son béret du Che, genre d’idole, de mentor qui l’amène vers l’apprentissage de la guitare, de la photographie et d’une vision sociale et politique bien de son temps.

Et voilà, pour un Québécois de cette génération, tous les souvenirs qui ressurgissent: les posters sur les murs de la chambre, les représentations théâtrales de «La Roulotte», les premières émissions de télévision en couleurs, le garage Fina, le premier baiser et l’odeur de la pâtisserie du coin. Pour nous, Québécois, les albums de Paul nous font revivre ces époques et nous projettent dans ce passé peu lointain. Pour les lecteurs européens, Paul demeure une découverte, une prise de conscience de ce qui se passe ou s’est passé, chez les cousins d’outre-mer.

Alors, pour votre plaisir, je vous recommande cette lecture, ce bain de culture et d’histoire, pour le  plaisir des yeux ... et de l’âme.



Au plaisir de la lecture.


Paul au parc
Michel Rabagliati
Éditions la Pastèque
2011
144 pages et quelques illustrations supplémentaires ...

 

Sur le site de la Pastèque: voir ici !

 

Le site de l'auteur: Michel Rabagliati

 

Une courte entrevue de Michel Rabagliati par Claudia Larochelle

 

 


 

 

Par Richard - Publié dans : Bandes dessinées - Communauté : partageons nos lectures
Écrivez-moi vos commentaires ! - Voir les 9 commentaires
Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 18:43

L'armée furieuse On rencontre parfois des personnes qui ont tout dans la vie: beauté, intelligence, richesse, bonté, etc. Ces personnes font envie. Parfois même, elles créent autour d’eux un sentiment négatif: certains ne les aiment pas parce qu’elles sont trop parfaites ... donc suspectes.

On rencontre ce genre de phénomène aussi chez les auteurs. Selon moi, Fred Vargas a toutes les qualités d’une excellente écrivaine. À chaque roman, à chaque nouvelle parution, je l’attend savec impatience, je trépigne de plaisir en le tenant dans mes mains et je le lis avec un plaisir toujours renouvelé. Et je suis rarement, très rarement déçu ! Quand Fred Vargas sort un nouveau livre, je sais que je ne m’ennuierai pas. Mais ce n’est pas l’avis de tout le monde, trop de succès cache quelque chose. Oui oui !!! C’est vrai ! Trop de succès cache souvent le talent !

Auriez-vous compris que j’aime Fred Vargas ? Oui, vous avez raison ! J’adore cette auteure. Et j’espère vous convaincre de partager mon amour ...

Premièrement, pour ceux qui ne le savent pas, Fred Vargas est une femme. J’ai rencontré beaucoup de gens qui pensaient que Fred était un homme. Il est vrai, qu’ici au Québec, les apparitions publiques de Fred Vargas sont très très rares, malgré sa popularité. Et il semblerait que ce serait la même chose en France.

Deuxième élément, Fred Vargas a étudié l’histoire et l’anthropologie à la Sorbonne et y a obtenu son doctorat. Aspect important de sa vie qui va teinter grandement son écriture: très souvent ses personnages sont historiens et ses intrigues tournent autour de la grande et petite histoire. «L’armée furieuse» son dernier roman n’y fait pas exception.

Troisièmement (oh ça fait très sérieux cette énumération, très universitaire ...!), son personnage de commissaire Jean-Baptiste Adamsberg est très attachant. Et surtout, au fil des lectures de cette série, vous y rencontrerez une galerie de personnages secondaires qui entourent bien ce commissaire taciturne et rêveur, aux méthodes d’enquête pleine de zénitude et de contemplation. Comment ne pas aimer l’immense et tellement efficace Violette Retancourt et l’encyclopédie vivante, son adjoint Adrien Danglard, père de cinq enfants et grand grand amateur de vin blanc.

Finalement, vous serez conquis par la finesse de l’écriture de Vargas, la qualité de ses intrigues, son humour et son style efficace, charmeur et poétique par moment. Elle réussira toujours à vous surprendre, à trouver le fait ou l’image qui vous laissera pantois devant cette imagination fertile et créatrice. Assis dans votre siège préféré, admiratif, jouissant du moment présent et en demandant encore. Un exemple ? Auriez-vous pensé, un jour, commencer la lecture d’un roman policier où il aurait un meurtre commis avec une boulette de pain ? Nous sommes loin, très loin de l’instrument contondant, du poison ou du revolver à six coups !!! Et voilà, la miette de pain, une nouvelle arme blanche ?

Lire Fred Vargas, pour moi, c’est assurément un grand plaisir de lecture, un excellent moment à suivre ses personnages, à les découvrir et à les redécouvrir. Avec «L’armée furieuse», le charme a encore fonctionné !

Jean-Baptiste Adamsberg est appelé pour constater le décès suspect d’une vieille dame, étouffée par des miettes de pain. Après avoir interrogé le mari, pris connaissance de son amitié particulière pour un mammifère rongeur et découvert le mobile de ce dernier repas mortel, il fait une autre rencontre un peu bizarre. Une petite dame, venant d’un village de la Normandie, veut lui parler d’événements étranges, de meurtres, de disparition, de terreur et d’un phénomène particulier à sa région, l’armée furieuse.


Lina, la fille de cette vieille dame, digne descendante d’une lignée de clairvoyants funestes, raconte qu’elle a aperçu «l’ armée furieuse», une chevauchée de fantômes, accompagnant quatre personnes qui ont des choses à se reprocher. Cette vision annonce la mort de ces quatre personnes. Lina en a reconnu trois; la quatrième demeure un mystère. Et comme par hasard, une de ces éventuelles victimes vient de disparaitre ... C’est bien assez pour exciter la curiosité tranquille de notre commissaire rêveur. Il ajoutera à ses promenades réflexives sur les  berges de la Seine, le peu fréquenté chemin de Bonneval, hanté par la Mesnie Hellequin.

Quel plaisir de découvrir cette légende et surtout, de voir avec quel talent Fred Vargas réussit à construire une histoire crédible et passionnante autour d’un mythe qui remonte au XIe siècle.

Ah oui, j’oubliais, vous allez aussi rencontrer, dans ces premières pages, un pigeon. Un pigeon aux pattes attachées, un pigeon qui accompagnera toute la brigade sur l’enquête. Du pur Vargas !

Participant aux deux enquêtes, Adamsberg y implique même son «nouveau fils» (apparût dans «Un lieu incertain» le dernier roman de Vargas) dans la recherche des criminels. En ce qui me concerne, j’aimerais bien revoir ce fils qui donne une nouvelle dimension au personnage d’Adamsberg.

Et comme si ce n’était pas assez, le lecteur pourra suivre une autre enquête sur la mort d’un riche industriel, brulé vif dans son auto ... Y aurait-il un lien avec toutes ces histoires ? Que fait le principal suspect du meurtre de l’industriel dans l’enquête sur l’armée furieuse ? L’armée furieuse existe-t-elle vraiment ? Voici donc beaucoup de questions qui trouveront réponses dans une fin habile et surprenante, une finale qui nous fait dire qu’on a très hâte au prochain roman de l’auteure.

Car en effet, qui pourrait nous charmer, nous envoûter, nous passionner avec des indices comme le fil qui attache les pattes d’un pigeon, des miettes de pain, des sachets de sucre ou encore plus dangereux, des lacets de souliers ? Ou encore avec un petit génie qui a la capacité de parler à l’envers et une famille complètement folle ... incluant Lina, la fille au corsage qui chamboule le commissaire.

Si vous ne connaissez pas Fred Vargas, je vous conseille immédiatement de vous lancer à la recherche de ses romans. J’aime beaucoup Adamsberg et sa bande ... mais je ne boude pas mon plaisir à retrouver les trois Évangélistes historiens et leur compère, le vieux Vandoosler ( je vous conseille une petite visite chez Viviane Hamy).


Pour ceux qui la connaissent et l’apprécient, vous avez déjà sûrement lu ce dernier roman. Alors, ils nous restent qu’à attendre son prochain rompol. ( autre invention de Fred pour parler de ses romans policiers).

Voici quelques extraits ... pour me faire plaisir:

Une première citation pour mes collègues en éducation: «L’enseignement est une vertu qui aigrit. Le flicage est un vice qui enorgueillit.»

Je laisse maintenant Adamsberg vous présenter son équipe: « Il y a trois règles à retenir, Zerk, et avec cela tu es sauvé: quand on ne peut pas aller au bout de quelque chose, il faut demander à Veyrenc. Quand on ne parvient pas à faire quelque chose, il faut demander à Retancourt. Et quand on ne connaît pas quelque chose, il faut demander à Danglard. Assimile bien cette trilogie.:

Et pour ceux et celles qui ont des origines normandes ...:
« - On dit que les Normands n’aiment pas beaucoup parler, hasarda Adamsberg qui se mit à marcher dans le sillage de la femme, qui exhalait une légère odeur de feu de bois.
Ce n’est pas qu’ils n’aiment pas parler, c’est qu’ils n’aiment pas répondre. Ce n’est pas la même chose.»


«Parmi mes hommes, capitaine, il y a un hypersomniaque qui s’écroule sans crier gare, un zoologue spécialiste des poissons, de rivière surtout, une boulimique qui disparaît pour faire ses provisions, un vieux héron versé dans les contes et légendes, un monstre de savoir collé au vin blanc, et le tout à l’avenant. Ils ne peuvent pas se permettre d’être très formalistes.»

«En soi, perdre du temps ne gênait pas Adamsberg. Insensible à la brûlure de l’impatience, il n’était pas prompt à suivre le rythme souvent convulsif de ses adjoints ... c’étaient dans les interstices presqu’immobiles d’une enquête que se logeaient parfois les perles les plus rares.



! erutcel ennoB


L’armée furieuse
Fred Vargas
Chemins nocturnes
Éditions Viviane Hamy
2011
428 pages

Une magnifique entrevue de Fred Vargas: à lire ici !

Par Richard - Publié dans : Critiques - Communauté : Passionnés de romans, parlons-en...
Écrivez-moi vos commentaires ! - Voir les 24 commentaires
Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 12:23

Bonjour à vous tous,

 

Juste un petit mot pour vous annoncer que je ferai maintenant partie de l'organisation de l'événement polar "Les printemps meurtriers de Knowlton" ! J'agirai à titre d'adjoint à la coordination.

 

Je suis très heureux de rejoindre cette équipe qui réalisera une fin de semaine complète d'activités littéraires, dans le cadre enchanteur du Lac Brome. Le polar sera à l'honneur et vous pourrez y rencontrer plusieurs auteurs d'ici et d'ailleurs.

 

Retenez donc les dates de cet événement où vous pourrez faire des rencontres littéraires extraordinaires, du vendredi le 18 au dimanche le 20 mai.

 

Pour vous, chers lecteurs et chères lectrices de "Polar, noir et blanc", je vous en révèle quelques-uns:

 

Les invités d'honneur: Chrystine Brouillet, R. J. Ellory et Martin Winckler

 

Les auteurs qui seront également présents: Martin Michaud, André Jacques, Jean Lemieux, Sylvain Meunier, Laurent Chabin, Jacques Côté, Jean-Jacques Pelletier, François Lévesque et Geneviève Lefebvre.

 

Dans les semaines qui viennent, je me ferai un plaisir de vous tenir au courant des dernières nouvelles des "Printemps meutriers". En attendant, je vous invite à consulter le site Internet et à vous inscrire sur le site Facebook. Vous serez, alors, les personnes les mieux informées.

 

Ce sera un plaisir de vous y rencontrer.

 

Au plaisir de lire !

 

Bonne lecture

 

Le site des "Printemps meurtriers de Knowlton"

 

"Les printemps meurtriers de Knowlton" sur Facebook

 

 

 

Par Richard - Publié dans : Humeurs - Communauté : livres policiers
Écrivez-moi vos commentaires ! - Voir les 17 commentaires
Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 12:48

Les Harmoniques Comme beaucoup d’autres amateurs de romans noirs, j’avais été complètement séduit par «Garden of love» de Marcus Malte, publié au début de l'année 2007. Ce roman, d’une richesse et d’une complexité qui pouvait en dérouter quelques-uns, nous happait par le style de l’auteur et par cette ambiance très particulière qui enveloppait, et les personnages, et les lecteurs qui s’y aventuraient.

Le dernier Marcus Malte, "Les Harmoniques", n’a pas cette complexité, ni cette atmosphère déroutante, mais il possède une puissance qui m’a encore une fois envouté. Le retour de ses premiers héros, le pianiste Mister et le chauffeur de taxi Bob, donne, évidemment une couleur typique à ce roman.

Pour ceux qui ne le connaitraient pas, Marcus Malte (de son vrai nom Marc Martiniani) (Excusez-moi, je viens de ma laisser aller dans le potin artistique ...) est un écrivain français,  prolifique auteur de romans pour adultes, de nouvelles et de littérature pour la jeunesse. Il est aussi un excellent musicien.

Sur son site internet, il a écrit d’ailleurs une phrase que j’affectionne particulièrement:

" Je suis né en 1967 à la Seyne/Mer, et j’y suis resté. Devant la mer.
J’ai fait des études de cinéma, mais ça n’a pas trop marché.
J’ai fait un peu le musicien, mais ça n’a pas trop marché.
Aujourd’hui j’essaie d’écrire des histoires. On verra. "

En ce qui me concerne et en accord avec ses lecteurs, Marcus Malte peut maintenant dire qu’il est un des meilleurs auteurs de polars de la France. Contrairement au cinéma et à la musique, l’écriture, a été une réussite. Et «Les Harmoniques» est, selon moi, un excellent polar musical, pour la musique de ses phrases et celle qui teinte de ses notes et de ses harmonies, chacune des pages de ce roman.

Permettez-moi une parenthèse. On parle beaucoup de livres électroniques et de liseuse ... mais je viens d’y voir toute une utilité, en lisant ce roman de Marcus Malte. À tout moment, les personnages parlent de la musique, en choisissent, en écoutent; ce serait fort plaisant, qu’intégrée à l’oeuvre, lecteur puisse écouter la même musique que les personnages du roman. J’ai tenté l’expérience en lisant quelques chapitres avec mon ordinateur branché sur YouTube ... ! Et bien, ce fut une expérience sensorielle assez extraordinaire. Je me suis senti beaucoup plus près de ces deux compères et du climat dans lequel ils évoluaient !!

Bon, assez de divagations ... Revenons en à l’histoire !

Vera Nad est retrouvée morte, complètement calcinée, dans un vieil entrepôt. La jeune yougoslave d’une vingtaine d’années était actrice et fréquentait régulièrement le  club de jazz où jouait Mister, le grand pianiste noir. Deux jeunes dealers de drogue avouent le crime; la police classe l’affaire, tout est réglé ! Un simple fait divers qui ne suscite aucune autre question. Affaire classée !

Pas pour Mister, qui réussit à convaincre son ami Bob que cette affaire cache quelque chose. Vera ne prenait pas de drogue; elle ne trempait donc pas dans ce milieu. Nos deux héros partent donc sur le chemin tortueux qui les mènera peut-être vers une autre vérité. Moins assurée. Plus laide encore que les apparences. peut-être même, plus énorme qu’elle n’y parait!

Commence alors cette longue quête qui les mènera dans une école de théâtre bien particulière, premier arrêt avant de pénétrer dans un monde peuplé de pourris, de magouilleurs, de comploteurs et de politiciens véreux. Les douze portraits de Vera retrouvés dans une exposition seront le passeport qui les mènera jusqu’aux rives du Danube, en passant par Paris et par Vukovar.

Vukovar, le village où tout a commencé ! Vukovar, là où un énigmatique narrateur nous raconte le chemin parcouru par Vera. Intercalé entre les chapitres du récit, ce mystérieux personnage fait revivre Vera, nous la décrit dans ce passé tout récent et dans celui, plus lointain, plus horrible. Ces arrêts, ces chapitres en italique, sont d’une poésie et d’une force qui transcendent violemment le développement du récit. Les réponses s’y trouvent mais elles suscitent d'autres points d'interrogation. 

Marcus Malte réussit un tour de force en nous décrivant un monde violent, infâme, sans jamais qu’une goutte de sang ne vienne tacher notre lecture. Le récit des horreurs d’une guerre lointaine nous sont racontées avec justesse et émotions; l’auteur les imagine dans ses mots; le lecteur les lit et s’en fait une image toujours juste. Sans démonstration inutile.

Le style de Marcus Malte est d’une poésie prégnante ... Son écriture est complexe mais parfaitement lisible ... Ses images nous touchent ! Ses personnages nous collent à la peau. La belle Vera est morte dès le début mais sa présence est tellement forte qu’on voudrait la ressusciter et la faire revivre dans les bras de Mister.

Il ne faut pas oublier également l’amour inconditionnel de l’auteur pour la mer. Dès les premières phrases du livre, dans une scène pleine d’émotions, avec une trame musicale, un fond harmonique tout en douceurs, le récit commence par cette vision aveugle de «cette modeste flaque noire» qu’est la mer en pleine nuit. Le ton est donné, la musique flotte tout doucement, le récit commence, le lecteur se laisse emporter par les vagues musicales et le doux ressac de la poésie de l’auteur.

La mer, nous la verrons sûrement un jour !!!


Voici quelques extraits illustrant le style de Marcus Malte:
« Ce type est un vrai poète: on lui donne trois poils de cul, il en fait une balayette.»

«Il y eut des nuits mémorables - putain ça, oui -. de purs orgasmes auditifs, d’inconcevables délires aussitôt nés aussitôt morts et dont le seul souvenir est celui qui restera à jamais gravé dans la cire des oreilles de ceux qui y étaient.»

« Qu’importe celui qui trône. Qu’importe le maître, pourvu qu’on ait la place à ses pieds. Pour profiter de ses caresses. Et bouffer ses restes lorsqu’il est repu. Et monter la garde. Et mordre lorsqu’il l’ordonne. Brave bête, va.»

Un dialogue qui m’a fait sourire:
« - Ah ! Le hasard ... Sais-tu ce que disait Kierkegaard à propos du hasard ?
Mister sentit une grande lassitude l’envahir. Ses paupières tombaient toutes seules. Il dut faire un effort pour les relever.
Non, dit-il. je ne sais pas.
Dommage, dit Bob. J’aurais bien aimé connaître son avis sur la question.»

Et finalement, un superbe paragraphe que j’ai lu et relu pour m’en imprégner:
« La photo.
Celle qu’il eût préféré ne jamais exposer à son regard. Inexorablement. Une lame la recouvrait, elle sombrait, s’enfonçait, disparaissait dans une des fosses profondes de la mémoire et alors l’espoir naissait, celui de la savoir perdue, enfin, engloutie, exilée, celui de la savoir condamnée à l’oubli et aux ravages de l’éternité, mais sitôt caressé ce rêve s’évanouissait tandis qu’à l’opposé elle renaissait, elle, toujours elle, la photo, tache grise, puis blême, puis claire de plus en plus à mesure qu’elle se détachait du noir des abysses et remontait, palier par palier, resurgissait du néant en dansant sa petite danse lente et obstinée, légère, mouvement ascensionnel exactement contraire à celui de la feuille morte et desséchée -  telle sa trajectoire reflétée dans le miroir du temps, dont l’air de rien elle bouleversait le cours, le prenant à rebours - et ainsi réapparaissait, progressivement, grossissait, se précisait, se regorgeait de vie et de force et finissait par émerger, nette, implacablement nette, en révélant ce qui jamais n’aurait dû être et qui pourtant était»
Vera.
Sa faiblesse.
Sa défaite»

Essayez d’être insensible à la puissance de cette phrase ... à tout le drame qui se cache derrière une seule photo !!!

Et après, seulement après, je vous souhaiterai, bonne lecture !


Les harmoniques
Marcus Malte
Série noire
Gallimard
2011
370 pages

 

Il m'était impossible de parler d'un roman aussi "jazzé" sans vous mettre en référence la chronique de l'oncle Paul, un grand amateur de jazz !! Allez-y faire un tour ! (Juste ici !)

 

Le site de l'auteur: Marcus Malte


 

 

Marcus Malte présente "Les Harmoniques":

 


 

 

 

 


Par Richard - Publié dans : Critiques - Communauté : Passionnés de romans, parlons-en...
Écrivez-moi vos commentaires ! - Voir les 17 commentaires

Présentation

Je lis présentement

Pwazon.jpg

Les-ignorants.jpg

Les-contes-macabres.jpg

Mes prochaines lectures

 

 

 

 

 

Dire-son-nom.jpg

 

 

Feddayin !

Je les visite souvent ...

Mes coups de coeur !

de la ville ...Au pays de le mémoire blancheLe roman policier tome 2

La chorale du diable

Bizango

 

L'homme inquietDans le quartier des agités

cinq secondesUn-jardin-en-Espagne.jpg

 

 

Lettre-a-St_Exupery.jpg

178-secondes.jpg

 

L'avant dernière chance

 

 

Dans-sa-bulle.jpg

 

 

  Le livre sans nom

Des suggestions de lecture

 

 

 

 

 

 

Recherche

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Recommander

Profil

  • Richard
  • Polar, noir et blanc
  • Homme
  • Laval
  • Littérature Thriller Polars Romans policiers
  • Boulimique de lectures, j'adore parler des livres que j'ai aimés. Polars, thrillers, romans policiers, romans historiques, romans noirs ou littérature blanche; bref tout m'intéresse !!!

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés