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Publié par Richard

Le silence des crisEst-ce que Facebook pourrait devenir le nouvel hôtel de Rambouillet, célèbre salon littéraire de XVIIe siècle ?

J’adore commencer une chronique avec une idée qui m’est venue lors de ma lecture, une idée qui parfois surprend le lecteur ... et même le scribouilleur qui la met sur papier. Mais aujourd’hui, cet incipit insidieux m’est venu à la réception de ce petit roman qui a traversé l’Atlantique pour arriver timidement dans ma boîte aux lettres. Une rencontre, dans cet immense salon littéraire qu’est maintenant Facebook, une rencontre amicale entre une auteur et un lecteur, un échange littéraire, assis confortablement dans le salon de nos ordinateurs respectifs.

J’ai donc rencontré Stéphanie de Mecquenem sur Facebook. De fil en aiguille, en commençant par un commentaire, puis un «J’aime», suivi d’un «Partage» ... le dialogue s’est amorcé. Alors, on apprend que l’autre est auteure et que son roman est d’un genre qu’on pourrait aimer. Échanges d’impressions de lecture, puis échanges de suggestions de lecture, jusqu’au moment où la magie s’installe, où la phrase fatidique est dite: «J’aimerais bien lire ton livre !»

Et quelques jours plus tard, le facteur dépose ce petit morceau de vie d’une auteure qui, entretemps est devenue une amie !! Et voilà ce qui explique ce que vous lirez dans les prochaines lignes ... Une chronique sans aucune forme d’objectivité, teintée de mon amitié pour l’auteure et truffée de bons commentaires ... pleinement mérités.

«Le silence des Cris» est un très bon roman policier. Il vous procurera un bon moment de lecture et vous en ressortirez avec un bon souvenir de ce Grand Nord Québécois mais surtout, avec un bagage de connaissances impressionnant sur le vie, les coutumes et l’histoire de ce peuple qui possède près de 300 mots pour décrire la neige.

L’histoire est basée sur un fait réel. Des jeunes filles disparaissent mystérieusement dans ce pays du froid et de la neige. Sans laisser de trace et dans l’indifférence la plus totale ! Puis un corps est découvert; étrangement mutilé. Comme si l’assassin avait voulu y inscrire un message.

La nouvelle coroner en chef, Maryse Tremblay, décide de confier l’affaire à un duo un peu spécial: Tiphaine Dumont, une jeune avocate tout récemment nommée coroner et son complice un peu singulier, genre de docteur Watson de l’épigraphe, érudit et un peu bourgeois, Sir James Jeffrey.

Alors, commence une enquête marquée par les paysages inhospitaliers du Grand Nord québécois, par les us et coutumes des peuples qui l’habitent et par la confrontation entre leur spiritualité et le monde moderne. Cette quête de la vérité transportera nos deux enquêteurs dans des milieux étonnants, à la découverte d’un meurtrier mais aussi d’un art de vivre adapté à ce territoire hostile. Créatrice de spiritualité et de légendes, cette terre accueille dans sa froidure, le corps de ces jeunes filles portant un message indéchiffrable.

Stéphanie de Mecquenem nous présente cette deuxième enquête de ce duo hétéroclite dans un paysage complètement à l’opposé de son premier roman qui se déroulait au Mexique («Mauvais sang» dans la même collection). Habilement, sans casser le rythme du récit, l’auteure nous trace le portrait de cette civilisation, tout en développant son intrigue et la résolution de ces crimes affreux. Certains pourraient se lasser de ce lot d’informations en bas de page, de ce contenu informatif qui alimente le récit, moi, j’ai trouvé ce voyage très intéressant sans être didactique.

L’histoire est bien construite sans être un thriller haletant. On s’y glisse comme dans une chaloupe voguant sur un lac tranquille ... puis on se rend compte, au fil des événements, que nous sommes emportés sur une motoneige pétaradant bruyamment et se déplaçant dans le froid d’une tempête de neige de février.

Le style de l’auteure est franc, direct, sans fioritures inutiles mais avec assez de chaleur pour que l’on s’y sente bien. Et ô surprise ! Comme Stéphanie a vécu quelques années au Québec, elle a su faire usage de la «parlure québécoise» avec toutes les nuances et tout le savoir faire de l’écrivaine. Trop souvent, les auteurs français dénaturent la langue québécoise en la caricaturant, en mettant en exergue ses défauts ... juste pour faire «local». Stéphanie a réussi à éviter ce piège !

De plus, l’auteure possède un sens de l’humour qui rend ses personnages attachants, leur donnant une humanité toute simple. Cette amitié, cette complicité qui s’expriment souvent par le rire et le sourire, donnent une saveur plus digeste à l’horreur ambiante. De plus, sans avertissement, dans un clin d’oeil plein de tendresse, l’écrivaine peut faire apparaitre un personnage réel, une «anthropologue judiciaire bien connue» ... Le lecteur sourit ! On apprécie cette apparition comme une petite douceur dans le monde froid d’une morgue municipale !!

Et cette apparition vient enrichir une galerie de personnages fort bien décrite par l’auteure. La vitrine où défilent les suspects, nous en met plein la vue: un amateur de vaudou, un père violent, un prêtre au comportement étrange avec les jeunes filles, un trappeur victime du syndrome d’alcoolisme foetal, un ancien flic, les travailleurs de la Baie James et le Windigo, le célèbre personnage légendaire du Nord du Québec

Tous ces ingrédients font que «Le silence des Cris» est un très bon roman qui vous procurera un excellent moment de lecture, tout en enrichissant votre connaissance de cette nation autochtone. Ne cherchez pas le thriller haletant, le tourne-pages frénétique ! Laissez-vous porter par une ambiance, un climat, une atmosphère qui colore et qui influence cette enquête policière.

Et surtout, vous aurez beaucoup de plaisir à suive ce duo d’enquêteurs.  Tiphaine et Sir James pourront sûrement vous ravir et vous transporter vers d’autres aventures ... mystiques ! Stéphanie de Mecquenem a créé avec ses deux personnages, une multitude de possibilités d’enquêtes et d’aventures, une source de plaisir de lecture et l’occasion pour ses lecteurs de découvrir des lieux où parfois, le mal côtoie le bien, les légendes et la spiritualité.

Quelques extraits ... juste pour le plaisir !!!

" L’atterrissage se fit en douceur et les co-passagers se firent un devoir d’applaudir le pilote comme s’il venait là d’accomplir un exploit.»

- Ils sont contents car d‘ordinaire l’avion s’écrase, murmura Sir Jeffrey à l’oreille de Tiphaine."


" Georges Wilson n’avait pas le teint de quelqu’un qui se nourrissait de légumes à la vapeur."

" Vous savez il ne s’en prend qu’à des jeunes filles, alors désolée de vous casser vos illusions mais vous ne correspondez pas vraiment au profil ..."



Bonne lecture !


Le silence des Cris
Stéphanie de Mecquenem
Édilivre Coup de coeur
2012
204 pages

 

Comme ce roman n'est pas disponible au Québec et pourrait même être difficile à trouver en France, voici le lien vers la maison d'édition où vous pourrez commander votre exemplaire: cliquez sur Édilivre

 

Et une présentation de l'auteure ! À lire ici.

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Commenter cet article

Lystig 12/05/2012 08:09

parce que cette dame est du sud ?

Richard 12/05/2012 14:19



Je crois qu'elle demeur dans les environs de Paris !! Mais j,en suis pas certain !


Bonne journée, cousine



Lystig 12/05/2012 00:22

avec de la "parlure" ???? crénom de nom !

Richard 12/05/2012 04:32


Oh que oui ... Avec l'accent provençal ....


Pichenette 09/05/2012 00:06

Ce n'est plus une nouveauté: la toile est un nouveau moyen de communication et de rencontres virtuelles puis parfois suivies de vraies rencontres dont certaines se poursuivent même en histoires
d'amitié ou d'amour. Votre rencontre sur FB fait déjà des petits puisque les lecteurs de ton blogue découvrent Stephanie de Méquehem; J'adore!

Richard 09/05/2012 01:28



Et bien merci Pichenette,


Je suis certain que mes fidèles lecteurs auront beaucoup de plaisir à rencontrer cette écrivaine qui les amènera visiter son imaginaire.


Amitiés et bonne découverte !



Arthénice 08/05/2012 22:48

Cher Cardinal de Richard,
si le livre de Mademoiselle de Mecquenem est aussi remarquable que votre chronique, je veux bien en tourner quelques pages du haut de mon sofa...entre gens bien nés et lettrés, l'entente est si
aisée...Et qui sait, peut-être, deviendra-t-elle une de ces amazones frondeuses issues de notre cercle?...
Bien à vous, votre dévouée, mais exigente, Arthénice.

Richard 09/05/2012 01:26



Chère Arthénice,


Ou plutôt, pourrais-je dire, chère Catherine !! Ayant fréquenté les 57 sièges de votre salon, je m,en voudrais de ne pas citer ce cher François qui écrivit un jour:


" Et rose, elle a vécu ce que vivent les roses. L’espace d’un matin."


Phrase d'un poème qui ne conviendra sûrement pas à la carrière d'ateure de talent de madame de Mecquenem.


J'en suis convaincu, cette gente dame saura nous charmer de ses phrases ... encore bien longtemps. Et saura, je n'en doute point, répondre à vos hautes exigences.


Au plaisir des mots, des lettres et de l'esprit !!


Votre obligé !!!



Mimi des Plaisirs 08/05/2012 20:49

Un billet plein de bonnes critiques. Tu l'as fort bien mis en valeur ce livre des grands froids et son auteur doit être ravie de ta chronique.
J'aime beaucoup le démarrage de ton article, assez insolite pour piquer la curiosité.
Amitiés de Mimi des Plaisirs

Richard 09/05/2012 01:30



Chère Mimi, Toi l'amoureuse de la nature ... tu te régalerais de ces paysages nordiques ...


je te souhaite cette rencontre et tout le plaisir que j'ai eu à écrire la mienne !


Bonne lecture, chère amie !!!



Alex-Mot-à-Mots 08/05/2012 18:41

Alors si même Facebook permet de belles rencontres....

Richard 08/05/2012 20:21



Ça ne t'es jamais arrivée ???


Amitiés



Pyrausta 08/05/2012 10:13

la bonne nouvelle est qu'on peut trouver le livre en France!! HEHE!! Merci de cette chronique qui me tente bien du coup.Grr! je ne devrais plus venir chez toi car souvent ma CB crie!

Richard 08/05/2012 15:00



Bonjour Pyrausta,


Une chance que moi, je suis un service gratuit !!!


Alors, ne te prive pas !!!


Pour les livres, ça, je n'y peux rien ... mais ça me fait plaisir !!


Amitiés



Lise 07/05/2012 22:21

Bonjour Richard,

anti-Facebookienne comme je suis (on ne verra jamais ma face dans le grand livre) je ne connais pas cette auteure. Et comme il est quasi impossible de se procurer ce livre en version papier, tant
pis! Dommage car j'aurais adoré j'en suis certaine. J'ai dans ma bibliothèque un livre intitulé UASHAT, que j'ai trouvé dans le métro, et qui parle des autochtones Montagnais, sur la Côte-Nord, où
j'ai vécu les seize premières années de ma vie (Baie-Comeau, loin de Montréal où je demeure contre mon gré); j'ai été bouleversée par cette lecture.

Quand je déteste carrément un livre, plutôt que le jeter ou le mettre au recyclage, je l'abandonne volontairement dans le métro, ce qui est rare. Si c'était le cas pour Uashat, c'est aujourd'hui un
trésor de ma bibliothèque.

La lecture de livre sur écran, non! Et les liseuses ne me tentent pas du tout. Ceci dit, merci Richard de nous avoir parlé de cette auteure devenue une amie pour toi.

Lise sans blogue

Richard 07/05/2012 23:25


Bonjour Lise, Qu'elle bonne idée que de laisser un livre dans le métro ... J'espère qu'un jour le roman de Sréphanie sera disponible au Québec ... À ce moment, je me ferai un plaisir de te l'offrir
!!! En toute amitié.


stéphanie de Mecquenem 07/05/2012 17:30

Bonjour Richard et merci pour cette belle chronique. Voici donc un commentaire en direct de l'auteure, juste afin de préciser pour les québécois que mon livre est disponible en version numérique
sur itunes (l'Ibookstore) et pour les français sur tous les sites de vente en ligne (Fnac, Amazon, Chapitre etc) et désormais en rayons dans plusieurs librairies (ceux qui ne l'ont pas peuvent
aisément le commander uniquement avec le titre).

Richard 07/05/2012 18:16



Bonjour Stéphanie,


Merci pour ce commentaire !! C'est toujours un plaisir de voir les auteurs réagir à notre chronique.


Et je passe l'information aux lecteurs de "Polar, noir et blanc" ...


Merci !


Amitiés



christine Roy 07/05/2012 14:46

Richard,
très belle chronique ! Belle histoire réelle, d'une rencontre improbable entre une auteure et un blogueur, par l'intermédiaire du réseau "toile d'araignée" (c'est le petit nom que je donne à fb).
Et, une histoire pleine de contraste (pays hostile et population au coeur chaud, silence / cris, spiritualité et barbarie), ces déclinaisons d'une extrème à l'autre, la magie du froid....
Tu peux avoir la certitude que je vais aller me promener dans les pas de ce duo d'enquêteurs....Voyons où sont mes moufles ?

Richard 07/05/2012 15:46



Merci Christine,


Je te souhaite une belle découverte du nord de mon pays, vu par les yeux d'une excellente auteure !


N'oublie pas de te mettre un chandail chaud !!


Bonne lecture !


Amitiés



Missycornish 07/05/2012 13:13

Bonjour Richard, c'est sympa ces rencontres sur facebook. Je pensai a toi recemment car j'ai lu un livre qui pourrait te plaire, tres original et peu connu d'un auteur francais qui a ete directeur
de collection je crois avant de devenir ecrivain, J'en parlais dernierement dans un petit bilan, c'est le Pilon. Tres bien, je l'ai devore.Bises

Richard 07/05/2012 14:27



Merci mon amie,


Je cours revoir ta chronique ... Je t'en redonne des nouvelles !


Amitié


Bises