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Publié par Richard

Donna Leon, maîtresse de la Sérénissime !

Avertissement !

Cette chronique manquera totalement d’objectivité !

Je suis en amour avec Venise même si je n’aime pas les pigeons. La seule pensée d’un café sur la Place Saint-Marc me fait frissonner et je suis un inconditionnel de Donna Leon. J’adore Guido Brunetti et toute sa famille.

Alors, ne soyez pas surpris si je vous dis que les romans de Donna Leon sont des valeurs sûres, des plaisirs de lecture garantis.

Ce périple dans Venise que j’avais débuté par «Mort à la Fenice» me procure toujours autant de plaisir, vingt romans plus tard. Les talents de conteure de Donna Leon, sa capacité à faire vivre et vibrer sa ville d’adoption, la qualité de ses personnages et surtout, son sens de l’humour presque britannique (pour une Américaine vivant en Italie), se retrouvent dans chacune des enquêtes de Brunetti (et même dans ses autres livres ...).

La canicule sévit à Venise. Une chaleur intense, humide rend les Vénitiens amorphes. Même les criminels ! Guido Brunetti et Paola, sa douce moitié, préparent leurs vacances. À la montagne, là où on peut dormir sous la couette !

Entretemps, tout fonctionne au ralenti ... On retrouve le vice-questeur Patta, gardien de la «bourgeoisie vénitienne» et toujours aussi incompétent ainsi que sa secrétaire, l’enquêtrice presque personnelle de Guido, la signorina Elettra. Et aussi, l’inspecteur Vianello, fidèle adjoint du commissaire Brunetti qui vient lui raconter la relation spéciale que sa vieille tante entretient avec un «étrange cartomancien» !

Et Brunetti part enfin en vacances avec toute la famille. Le train roule vers des contrées plus fraîches, Mais ... Il y eut le meurtre ! Les vacances se terminent donc dans ce wagon. À la prochaine correspondance, Guido fera le chemin à l’inverse.

Un greffier de la cour est assassiné dans le jardin intérieur de sa résidence. Personne n’a vu ni entendu quoi que ce soit. Et Brunetti est titillé par quelques «coïncidences» où le report de certaines causes par une juge de la Cour, profitent grandement à ceux qui sont accusés.

L’enquête est ardue. Les fils s’entremêlent pour former un écheveau complexe. Les mobiles s’accumulent et les coupables aussi ! Les affaires se croisent et les réflexions également. Comme à son habitude, Donna Leon intègre dans ses romans des observations sur la société vénitienne, observations transférables dans chacune des villes de chacun de ses lecteurs: corruption, abus de confiance, intolérance face aux différences, homophobie, etc. Changez le nom de la ville ; mettez-y le nom de la vôtre et vous vous reconnaitrez.

Le récit de Donna Leon est toujours juste: chacune des étapes de l’enquête souligne l’intelligence et la perspicacité de Brunetti et promène le lecteur comme un touriste en vaporetto dans les canaux de Venise. Un peu plus et on entendrait les gondoliers chanter «O sole mio».

J’aime me plonger dans l’imaginaire de Donna Leon et partager sa vision du monde d’aujourd’hui, que ce soit dans son regard tendre sur de la famille de Guido, à table ou même en vacances, ou encore dans ses descriptions un peu acerbes du monde des criminels, de la corruption et de la politique.

«Brusca esquissa un sourire, qui ne dénotait ni humour ni amusement, mais une compréhension de la nature humaine telle qu’elle était, non comme on voulait qu’elle soit.»

Mais surtout, j’adore ses traits d’humour qu’elle parsème à petits coups de baguette magique; cet aspect de son écriture sert très bien le récit et surtout, rend encore plus sympathiques, ses personnages récurrents. Entre autres, j’aime bien la complicité qui s’installe entre Guido et la secrétaire de son patron, le vice-questeur.

Alors, sans surprise, je vous recommande ce dernier roman de Donna Leon. Et si vous n’avez jamais fréquenté son oeuvre, et bien, je vous souhaite un très bon séjour dans la Sérénissime, tout en poussant un soupir d’envie ... en déambulant sur ses ponts.

Bon séjour à Venise et bonne lecture !

Brunetti et le mauvais augure

Donna Leon

Calmann-Lévy

2013

286 pages


P. S. À la fin de la page, je vous rappelle les trois derniers romans de Donna Leon. Vous pourrez vous les commander en cliquant sur la couverture du livre ou sur le lien "Rue des Libraires".

«Le catholicisme était religion d’État en Italie, si bien que la justice avait tendance à se montrer tolérante envers l’Église et le comportement de ses représentants. Les accusations de pratiques usuraires, de complicité avec la Mafia, d’abus sexuels des enfants, de fraude et d’extorsion: tout cela avait tendance à s’évaporer grâce aux équivalents séculiers de l’eau bénite et de l’encens.»

page 62

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L
oserai-je t'avouer que je n'ai rien lu d'elle encore? Il me reste tellement d'auteurs, d'excellents auteurs même, à découvrir. J'ai quand même plusieurs Leone dans ma pal en plus, dont un très particulier qui s'appelle " Brunetti passe à table" et qui est en fait un recueil d'une centaine de recettes de cuisine ,italiennes regroupées par Dona Leone elle même. C'est sorti en poche l'année dernière . AMitiés
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R
Et bien, cher ami, il te reste tout un monde à découvrir ...<br /> Et évidemment, &quot;faute avouée, à moitié pardonnée&quot; il ne te reste qu'à passer à table avec Donna Leon et à déguster quelques moments de plaisir de lire ...<br /> Bon appétit ... et bonne lecture !