Un blogue qui parle de livres, de bons livres, dans tous les genres, juste pour le plaisir de lire et d'en parler.
13 Janvier 2013
Une année avec PESSOA
« Je est un autre »
Ami lecteur, qui croque à l'envi des textes de tout genre, de toute époque, de toute qualité,
Toi qui aimes ces mondes parallèles cachés derrière tant de couvertures,
Toi qui es parfois gagné par la fièvre de tout lire, de tout découvrir, d'explorer à l'infini ces mondes qui s'ouvrent à toi,
Dans cette frénésie contemporaine du savoir et du connaître,
Dans cette escalade inachevée de nouveaux sommets,
Je t'invite en cette année à « un voyage immobile » dans l'ombre de Fernando PESSOA.
Viens, laisse toi glisser dans les limbes d'où PESSOA se parle,
Je t'invite à t'asseoir à mes côtés pour embrasser du regard ce monde labyrinthique qui s'offre à nous à chaque effleurement d'un texte de PESSOA,
Viens te perdre dans ce dédale de poésie, de souffrance, de beauté,
Approchons, immobiles, de toutes les facettes de ce diamant,
Laissons nous gagner ensemble par le spectacle douloureux de cette grâce,
Effeuillons, tour à tour, les mots écrits par Alberto Caeiro, Ricardo Reis, Alvaro de Campos, Bernardo Soares, du poète anglais, français, tous ces « autres » qui sont « lui », ses hétéronymes …..
Plongeons dans ces vies parallèles qui ne sont qu'une et pourtant personne
Mais, ami lecteur, je te préviens, ce voyage a la beauté cruelle des allers sans retour,
Personne ne revient pas de ces limbes où « l'intranquilité est l'incapacité pour sa conscience fluctuante, volatile, de s’amarrer au réel, à sois même, au monde, pour être quelque chose ou quelqu'un »,
Alors, si tu largues avec moi les amarres, les rivages de ton monde s'évanouiront à jamais dans la brume de ce quelqu'un que tu ne seras plus.
Si, comme lui, tu « portes en (toi) tous les rêves du monde. », embarque avec moi pour ce voyage vénéneux aux confins de la poésie et de la douleur d'exister,
Dans cet univers où résonne cette question sans réponse « qui donc me sauvera d'exister ? Je gis ma vie »
Car, « Lire PESSOA n'est pas suivre un chemin nettement tracé dans un monde de significations et de formes closes, c'est flotter au-dedans d'une conscience intranquille, sans cesse en éveil ou en fuite, où les significations et les formes naissent et meurent comme les vagues de la mer qu'il a si bien chantées dans ses poèmes » Préface de Robert Préchon « l'existence multipliée » au volume «Oeuvres poétiques » de Fernando PESSOA à la Pléiade.
Le voyage commence ici ….
« vivre une vie cultivée et sans passion, au souffle capricieux des idées, en lisant, en rêvant, en songeant à écrire, une vie suffisamment lente pour être toujours au bord de l'ennui, suffisamment réfléchie pour n'y tomber jamais Vivre cette vie loin des émotions et des pensées, avec seulement l'idée des émotions, et l'émotion des idées. Stagner au soleil en se teignant d'or, comme un lac obscur bordé de fleurs. Avoir, dans l'ombre, cette noblesse de l'individualisme qui consiste à ne rien réclamer, jamais, de la vie. Être, dans le tournoiement des mondes, comme une poussière de fleurs, qu'un vent inconnu soulève dans le jour finissant, et que la torpeur du crépuscule laisse retomber au hasard, indistincte au milieu des formes plus vastes. Être cela de connaissance sûre, sans gaieté ni tristesse, mais reconnaissant au soleil de son éclat, et aux étoiles de leur éloignement En dehors de cela, ne rien être, ne rien avoir, ne rien vouloir …
Musique de mendiant affamé, chanson d'aveugle, objet laissé par un voyageur inconnu, traces dans le désert de quelque chameau avançant, sans charge et sans but ... » Extrait de « Le livre de l'intranquilité »
Prochaine escale : Lisbonne
A bientôt Ami Lecteur …..
Attila