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Publié par Richard

Après une absence passagère, me voilà enfin de retour.


Plusieurs circonstances ont fait en sorte que je n’ai pas beaucoup écrit sur mon blogue. Mais en général, on peut résumer la situation par cette phrase qui ne passera sûrement pas à l’histoire: un rapprochement avec les livres et la lecture m’a empêché de lire.

Mystérieux ! Pas vraiment ! Mais bientôt, je vous parlerai de ma nouvelle expérience de ... travail, celle qui me rapproche des livres ... et qui aura, je le pense, contribué  à alimenter ma passion pour tout ce qui entoure la lecture, les livres et les auteurs.

Alors, pour l’instant, je reprends avec plaisir le clavier pour vous parler d’un livre que j’ai bien aimé et surtout pour vous présenter un personnage que j’adore.
L'empoisonneuse d'Istanbul
Connaissez-vous le commissaire Kostas Charitos ? Personnage principal des romans policiers de Petros Markaris, Charitos est commissaire à Athènes. Râleur, impatient, irascible, têtu mais combien attachant, le commissaire est un homme de famille qui a bien de la difficulté à accepter les commentaires de sa femme et les décisions de sa fille. Et son mauvais caractère est exacerbé par la chaleur humide de sa ville, les problèmes de circulation et les aléas mécaniques de sa vieille auto qu’il adore. Amant de sa langue, le commissaire se retire souvent (surtout après une dispute avec sa «douce» moitié) pour lire ses dictionnaires. Et comme ses collègues Montalbano, Wallander et Carvalho, il adore bien manger. Markaris a déjà expliqué la naissance de ce personnage extraordinaire:

« Un beau jour, en écrivant le scénario pour la série de télévision « Anatomie d’un crime », apparaît clairement devant moi une famille grecque, typique, simple de petits-bourgeois. Ma première réaction a été de l’envoyer au diable. Dans tous les genres littéraires que ce soit le théâtre ou le cinéma, il y a partout des histoires de petits-bourgeois. Par conséquent, qu’écrire de plus là-dessus? Alors, je me suis dit, laisse tomber… Mais ce personnage était extrêmement têtu; insistant même. Il ne me quittait pas. Dès que je me mettais à écrire, il était toujours là, assis face à moi en me regardant. Le supplice a persisté jusqu’au moment où je me suis dit que, pour qu’il me torture ainsi, il ne pouvait être que flic ou dentiste. Quoi d’autre ? Les dentistes sont peut-être des gens sympathiques mais comme ils ne présentent aucun intérêt dramatique, j’en ai conclus qu’il s’agissait plutôt d’un flic. C’est ainsi que Kostas Charitos est né. »  (Petros Markaris dans le documentaire « Meurtre à l’Agora »)

Et voilà, dans ce petit paragraphe, vous pouvez découvrir l’imaginaire de Petros Markaris, son humour irrésistible et son style bien à lui.

«L’empoisonneuse d’Istanbul» est le 5e roman de cette série et probablement un de ses meilleurs.

Le premier «Journal de la nuit» était très bon. le deuxième, «Une défense béton» était assez moyen. Le troisième «Le Che s’est suicidé» est selon moi, son meilleur.
Son quatrième, «Actionnaire principal» était passionnant. Évidemment la lecture par ordre chronologique est souhaitable mais pas essentiel; et puis, ne pas lire «Une défense béton» ne vous empêchera pas d’apprécier les quatre autres.

Mais, revenons à notre empoisonneuse ... Le commissaire Charitos est en vacances à Istanbul avec sa femme, Adriani. Le mariage civil de leur fille (quelle honte, selon madame Charitos !) a été l’élément qui a déclenché l’organisation de ce petit voyage en amoureux. Pour ne rien manquer de cette ville mythique, le couple a acheté un forfait, un voyage organisé en groupe. Et voilà une première source de frustration pour notre commissaire à la mèche courte. Certains passages sont tout à fait hilarants et pourraient vous rappeler certains souvenirs de voyage.

Et puis, le séjour de notre couple en goguette est troublé par la découverte du corps du frère de la vieille Maria, nonagénaire de son état mais encore très lucide et assez intelligente pour devancer les policiers de quelques longueurs avant chaque meurtre vengeur de fautes anciennes. Notre inspecteur se met donc à la poursuite de cette gériatrique tueuse en série en arpentant les rues et les ruelles de la ville historique de Constantinople.

Toute une partie du récit nous plonge dans l’univers des «Roums», la diaspora grecque qui a résisté à l’imposition d’un impôt abusif des Turcs, impôt qui avait provoqué le départ d’une grande partie de cette communauté. Sans être didactique, ce contexte ajoute à l’intérêt du roman et m’a appris une partie de cette triste histoire d’intégration mal vécue.

J’ai suivi avec intérêt le parcours de cette enquête qui comme toujours est truffée de l’humour de Petros Markaris, agrémentée d’une écriture agréable et de dialogues souvent délicieux.

«- Quoi qu’il ait fait, nous autres, on l’a pendu !
- Et après, vous n’avez rien trouvé de mieux que de donner son nom à un boulevard.
- C’est pour mieux le piétiner ! dit-il en riant aux éclats.»

Chaque partie de l’enquête, chaque personne rencontrée, toutes les petites découvertes qui se transforment en indices, chaque comparaison savoureuse, tout cela  fait en sorte que l’on ressort de ce roman avec le sourire aux lèvres. Et ce, en savourant un dénouement tout à fait «markarissien» !

Je vous encourage grandement à découvrir cet auteur si peu connu. Je sais par expérience que les deux premiers romans sont très difficiles à trouver ( Merci mille fois à Suzanne, mon amie directrice d’école, qui a découvert pour moi «Une défense béton» dans l’endroit le plus insolite ... !). Mais que cela ne vous empêche pas de commencer avec le troisième ouvrage de cet auteur qui vous fera partager la chaleur, les odeurs, la gastronomie, la circulation et l’envoutement de la Grèce moderne.

En guise d’apéritif, je vous laisse donc avec la description du mariage de Katérina, la fille de Charitos et de Phanis, son médecin de mari:
«C’est ainsi que le mariage à la mairie s’est déroulé dans l’allégresse d’une oraison funèbre, avec nous d’un côté, aussi amers qu’un café noir, et les parents de Phanis de l’autre, tirant des mines d’enterrement.»

Bienvenue à Athènes !


Au plaisir de la lecture.


L’empoisonneuse d’Istanbul
Petros Markaris
Seuils Policiers
2010
289 pages

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V

Aie je ne connais pas du tout cet auteur ! Mais ton billet me donne envie de le découvrir au plus vite ;-))

A bientôt

Vonnette


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R


Et bien, je te souhaite une bonne découverte !


Au plaisir !



A

Je serai bien partante pour un petit dépaysement à Athènes.


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C

Merci Richard pour cette découverte, je le note !!!
Bonne semaine !


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R


Bonne lecture, Catherine !



J

AAAhhh, je suis en train de terminer, non pas "L'empoisonneuse" lu il y a qq jours, mais le précédent.
J'aime beaucoup même si l'homophobie de l'auteur me gêne passablement dans "Publicité meurtrière". Par contre son analyse de la place de la télé et au sein de la télé, de la publicité est tout à
fait pertinent. Je me risquerais à faire une comparaison avec Andréa Camilleri aux chevilles duquel Markaris arrive presque. Des méditerranéens tous les deux ! Mais Camilleri reste tout en haut en
haut de mon panthéon !


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R


Bonjour Jeanne,


Je suis tout à fait d'accord avec toi ... Camilleri est vraiment excellent et dépasse d'une coche Markaris ... Mais, je lis les deux avec grand plaisir. Et en plus, Montalbano a juste un peu plus
mauvais caractère que Charitos ... et les deux me font sourire ...


Deux grands auteurs ! Toujours des bons moments de lecture !



G

Bonjour Richard,
2eme fois que j entends parler de cet auteur.
MERCI de mettre tous les titres de la série dans l'ordre, c'est très appréciable !


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R


C'est un plaisir, chère amie !


Bonne lecture !



M

La Grèce certes, mais surtout la Turquie comme toile de fond! Quelle étourdie , je fais...


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R


Mais non !!!



M

Cher Richard,
Après ta "disparition", c'est agréable de te retrouver en blogueur...
Le personnage de l'enquêteur me paraît bien sympathique et la Grèce me tente comme destination: je vais essayer de trouver le livre.
Amitiés


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R


Bonjour Mimi,


Je suis convaincu que tu vas apprécier ce personnage !


Donne-moi des nouvelles ...


Bon samedi !



A

C'est tentant! Même si je ne suis pas amatrice des lieux où se déroule ce roman (je préfère souvent les polars nordiques) j'avoue qu'il m'a l'air pas mal celui-là!

Et puis tu piques ma curiosité avec ton nouveau travail... ?


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R


Bonjour Allie,


Allez, laisse-toi tenter ... La chaleur d'Athènes, la mystérieuse Istanbul et le coloré commissaire Charitos sont des antidotes extraordinaires au frois de l'hiver québécois !


Piquer la curiosité ? Ah oui ??


Et bien, c'était le but !


Bonne fin de semaine !!!



L

Te voilà bien mystérieux Richard, j'espère que tu nous en diras plus bientôt... Bises et très bon week end.


Répondre
R


Bonjour à toi,


Tu peux être certaine que je ferai un petit texte sur mon expérience !!!


Je prends des notes, je regarde autour de moi, j'observe ... et quand l'expérience sera terminée, je décrirai mon petit voyage au pays des ... !



G

Pas moi mais mon chéri, du côté de son père.


Répondre
R


Et voilà !


Merci !



S

bonjour Richard , je suis impatiente de découvrir la nature exacte de cette"nouvelle expérience de travail"...


Répondre
R


Bonjour Sophie,


J'écrirai une chronique pour raconter mon expérience dès ma dernière "journée de travail (?)" ...


En attendant, il nous reste tellement de livres à lire ...


Bonne journée et bonne lecture !



G

Bonjour Richard. Un billet très complet, d'un grand fan! ;-) Charitos est très attachant, surtout quand on connait un peu la Grèce et ses habitants...
A bientôt!


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R


Merci à toi !


C'est vrai ... tu es originaire de la Grèce ???


Bonne lecture !


Amitiés



P

L'allégresse d'une oraison funèbre..., le tortureur qui ne peut être que flic ou dentiste... cet humour me ravit! J'irai faire un tour à la bibliothèque!


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R


Bonjour mon amie,


Et oui, je savais que cet auteur pouvait te plaire. Un petit plaisir de lecture assuré !


Bonne fin de semaine, chère amie pédagogue !



M

J'adore la dernière citation, tout un programme ! :-)

Quel est ce métier qui permet de se rapprocher des livres (chanceux !) ?


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R


Merci Marie pour ta visite et ton commentaire !


Et bien, je pense que j'ai suscité ta curiosité ... Je répondrai à ta question dans une chronique que j'écrirai ... à la fin de mon expérience !


Et je te l'avoue ... j'ai très hâte de vous en parler !


Bon week-end et bonne lecture !



L

Bien noté ! car ce que j'aime le plus dans les polars c'est pouvoir rire et sourire....
Belle journée !


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R


Et bien avec ce personnage de Charitos, tu seras servie... autant quand il veut être drôle mais encore plus quand il se fache ...!


Markaris possède un sens de l'humour savoureux qui, moi, me fait du bien.


Bonne lecture !



L

Tu es bien mystérieux...

ta citation me fait penser à Warterloo/Iéna ; Trafalgar/Austerlitz.



(sans oublier Eylau, Rivoli, Arcole)
(et tout un stock de rues)


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R


La réponse dans une future chronique !


Bonne lecture !