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Publié par Richard

Péril en la demeure

Une chronique de Christophe Rodriguez

Vous dire que nous attendions, le nouveau Don Winslow relève de l’euphémisme. Depuis sa trilogie consacrée aux cartels de la drogue qui s’ouvrait avec l’inoubliable Griffe du chien, nous anticipions avec impatience un inédit.

Pendant la pandémie, Don Winslow fut très actif sur les réseaux sociaux, pourfendant les élucubrations de l’administration Trump ainsi que les complotistes de tous poils. Il faut savoir que ce romancier fut un détective privé, comédien et même guide de safari avant de se dédier complètement à l’écriture. Son style alerte ainsi que ses histoires hautement documentées ont attiré les producteurs d’Hollywood. Nous savons que la trilogie Cartel sera transposée au cinéma ainsi que celle que vous allez tenir dans vos mains.

Coureur de fond pour ne pas dire marathonien, La cité en flammes fait donc partie d’un triptyque qui, une fois de plus, sera traduit au le grand écran. Avec cette nouveauté, point de sicarios ou jungles, mais bien le Rhode Island en 1986. Sur le mode antique de la ville de Troie qui sera incendiée par les Grecs, Don Winslow nous ouvre les portes d’un monde maffieux qui oppose les Irlandais aux Italiens, déstabilisé par une «  fleur vénéneuse», qui conduira à l’éradication des clans.

Seul contre tous, malgré lui

Danny Ryan, 29 ans, est un jeune homme loyal. Débardeur de profession, jouant parfois les gros bras pour le clan des Irlandais qui contrôle les ports ainsi que les syndicats, il rêve de pêche, de tranquillité et de paternité. Dans son petit monde où les amis d’enfance sont légion, la vie s’écoule sereinement. Ce, microcosme qui évoque Les Sopranos et Goodfellas, est un concentré de ces pégriots qui font leurs petites affaires, loin des grandes familles new-yorkaises qui contrôlent le crime organisé.

Lorsque Paulie Moretti dévoile sa nouvelle conquête aux différentes factions, un éclair traverse l’assistance, tout en sachant que les problèmes vont arriver bien tôt. Pam, archétype de celle qui n’est partie de rien et qui veut tout, ne cultive pas les états d’âme. Moretti est la première marche pour un monde, disons meilleur. Elle convolera peu de temps après avec Liam, demi-sel qui a fait peu de choses de sa vie. Ce grain de sable dans l’engrenage heurtera les sensibilités. Si le schéma est classique, Winslow avec tout le talent que nous lui connaissons dresse une impressionnante galerie de personnages. Du père autrefois respecté, maintenant diminué, à la mère qui est devenue une riche femme d’affaires après avoir abandonné son fils Danny.

Bien entendu, ce polar bien ficelé vous tiendra en haleine, mais il faut du temps pour s’attacher aux figures ainsi qu’aux intrigues multiples pour comprendre la dynamique des clans. J’ai retrouvé, avec Cité en flammes, la patte du vétéran louisianais James Lee Burke. Pour qui sonnera l’heure de la rédemption, à vous de le découvrir?

Bonne lecture !

 

 

La cité en flammes

Don Winslow

Harper Collins / Noir

392 pages

2022

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