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Publié par Richard

 Le paradis pour s’effacer 

Une chronique de Christophe Rodriguez

Pour son 8roman, l’auteur de «  frileurs» Niko Tackian nous transporte sur une île paradisiaque. Aussi captivant que Franck Thilliez, Niko Tackian s’est joint en 2015 au carré restreint des écrivains français pour qui le polar sous haute tension est devenu un vecteur d’émotions, pour notre plus grand plaisir. Choix des libraires en 2020 pour Avalanches, qui était en enquête étouffante sur le motif de Shinning, il reçut également en 2015 le prix du Polar du public des bibliothèques au Festival polar de Cognac. Dans ses modèles, l’ami Tackian cite  Herman Melville, Denis Lehane pour Shutter Island ainsi que L'île de Felsenbourg du méconnu J.C Schnabel que je me promets bien de découvrir, un jour!

Yohan, le héros du livre, est en pleine crise existentielle. Après un roman à succès, tout part en vrille et sa vie ressemble à une longue nuit sans fin. Par l’intermédiaire d’un copain et du Darknet, là où se négocient toutes les opérations criminelles et bien d’autres produits toxiques, une «identité» lui suggère d’effacer son passé, grâce à une pilule bleue. Il n’hésitera pas une seconde.

Un miracle sous les palmiers?

Du jour au lendemain, il se retrouve sur une île paradisiaque, méconnue de toutes les cartes géographiques et entourée de personnes, qui ont, fait le choix de disparaître de la circulation. La mise en bouche est lente, et les premières pages sans avoir la consistance du National Geographic nous font rêver. C’est mal connaître l’auteur qui nous a concocté un vrai suspense sous haute tension. Rapidement, le lecteur sera happé par les contradictions, l’esprit King Kong (qui a t-il derrière le mur et bien entendu, les fausses pistes à la manière de Sherlock Holmes, mais sans notre détective héroïnomane.

En discutant avec ses récents camarades, Yohan se rend bien compte qu’il faudra payer un lourd tribut pour habiter sur ce paradis. Pourquoi, une famille fut décimée pourquoi de petits drones surveillent les allées et venues de ces pensionnaires à la dérive, et pis encore, comment sortit de cette île en cas de danger?

L’accoutumance vient en lisant. Si la trame de fond est traditionnelle, Tackian mise sur la paranoïa, le sentiment d’être étouffé et les fausses rumeurs qui en ont mené plus d’un et d’une à leur perte. Par de courts chapitres, cette nouveauté est d’une efficacité redoutable. Il ne faut pas toujours croire aux miracles, surtout ceux qui arrivent des tréfonds du Web.

Bonne lecture !

 

Respire

Niko Tackian

Éditions Calmann -Lévy

298 pages

 

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