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Publié par Richard

Une chronique de Richard

Amateur de Stephen King dans ma tendre jeunesse, toujours étonné par les écrits de Patrick Senécal mais malgré tout, un peu guidé par un snobisme incompréhensible, j’ai boudé pendant longtemps mon plaisir du frisson, de la peur et de l’horreur. Puis, en pensant aux jeunes lecteurs, épris de ce genre de littérature, il me fallait faire table rase de mes préjugés et me lancer dans la lecture d’un « roman qui fait frissonner » !

Rencontrée au salon du livre de Montréal et future participante au prochain recueil des Mystères à l’école, je me suis mis à la lecture de « Chasse bestiale » de Sylviane Thibault. Sceptique dès le début, j’ai vu tomber chacun de mes préjugés, un par un, en me laissant prendre très rapidement par l’histoire et par les personnages qui la font vivre.

Férus de sensations fortes, amateurs d’histoire d’horreur, six jeunes amis organisent une chasse bien particulière. Profitant d’une semaine de vacances, ils louent un chalet en milieu boisé de la réserve faunique des Laurentides et ils établissent les règles de cette chasse à l’homme. Quatre chasseurs, deux proies, les six amis se partagent les rôles; deux jours et deux nuits, à l’extérieur, sans interruption ! 

En se rendant vers le chalet, dans une tempête où la visibilité est nulle, le VUS frappe quelque chose : la tête d’un animal. Seulement la tête ! Et voilà, l’horreur qui s’installe dans la tête des six jeunes ... et du lecteur !

Arrivés au chalet, tout est en place pour le confort des occupants, sauf une connexion Internet. Mais, a-t-on besoin de ça en pleine chasse extérieure ? Dans une histoire d’horreur, qui répondrait « non » ?

La chasse commence. Comme souvent, la forêt est inhospitalière, surtout la nuit, les loups font leur concert habituel et tous les craquements se transforment en bête méchante ou en diablesse maléfique. Mais l’innocence de la jeunesse prime; le plaisir peut commencer.

Et comme dans « Les dix petits nègres » (je m’excuse auprès des âmes sensibles ...) d’Agatha Christie, les participants à la chasse disparaissent un après l’autre ! L’horreur s’installe rapidement, s’installe alors, un climat où chacun peut devenir la prochaine victime ou être celui ou celle qui provoque les éliminations cruelles.

Qui est responsable de ce massacre annoncé ? Une bête qui hante la forêt ou un des participants à cette chasse qui tourne bien mal ?

Sylviane Thibaut maîtrise parfaitement les codes du genre : l’atmosphère est bien installée, les acteurs du drame presque impuissants, un cadre forestier qui alimente les peurs, des indices parsemés dans l’histoire et une progression vertigineuse de l’angoisse des jeunes personnages ... qui se téléporte sur le lecteur, assurément.

L’écriture est efficace, au service de l’intrigue, la fluidité du style favorise une lecture de « page turner ». En bref, pour les amateurs de frissons et d’horreur, l’autrice rend la marchandise et c’est très très efficace !

Oublions le cliché du « cœurs sensibles s’abstenir », ici on ne raconte pas l’histoire d’une licorne qui glisse doucement sur son arc-en-ciel. « Chasse bestiale » est un roman d’angoisse et d’épouvante et c’est pour ses qualités de roman de peur que je le recommande aux lecteurs et lectrices qui aiment le genre. Et même aux autres qui ont lu dans leur jeunesse, lointaine ou pas, les maîtres de l’horreur que sont Stephen King et Patrick Senécal !

 

Bonne lecture !

 

Chasse bestiale

Sylviane Thibault

Éditions Héritage Jeunesse

Collection Frissons sang pour sang québécois

2021

305 pages

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