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Publié par Richard

Fin de parcours pour les combattants

Une chronique de Christophe Rodriguez

Les afghans, ce furent les soldats qui allèrent au casse-pipe, dans un conflit sans fin et perdu d’avance. Lâchés par le régime en place, déshonorés par certains, mais vus aussi comme des héros, ils forment une fraternité d’après guerre.

Dans cette forte épopée à saveur très politique qui conjugue le roman policier au roman noir, le romancier Alexeï Ivanov tisse des parallèles foisonnant, sur cette URSS débarrassée de la Perestroïka, mais vouée à bien d’autres démons, dont celui du luxe à outrance, et des clans plus ou moins mafieux.

Partir avec la caisse

Comme dans un très bon thriller, Le dernier afghan s’ouvre sur un vol spectaculaire, mais pas n’importe lequel.. Guerman Niévoline, le modeste chauffeur de cette organisation afghane recyclée en coups tordus, part avec la caisse qui contient une acceptable centaine de millions. Comment un «personnage aussi falot» a-t-il pu réussir à faire un tel pied de nez à ces durs à cuire, qui en ont vu bien d’autres. C’est ce que vous allez découvrir, mais à la manière d’une histoire à rebours.

Bien au fait de ces soldats qui sont passés des champs de bataille à la vie criminelle, qui dépeint cette nouvelle génération de malfaiteurs, usés par le temps, mais par contre, amis du pouvoir en place.

Général dans l’âme, Serguei Likholiétov est le doyen de ces «carpet baggers» en déroute. Par la force surtout, l’escroquerie ainsi que la corruption, il a réussi avec quelques sbires à monter des affaires juteuses qui, sans apporter la gloire, font tomber dans son escarcelle des roubles bien sonnants.

Très réaliste dans son écriture, presque «célinienne», tout se joue dans la démesure. De la guerre en Afghanistan aux couronnes de cités désœuvrées, happées par la misère, la vraie vie se calcule en heures et non en années. Est-ce que la seule bouée de sauvetage de notre «héros», la belle Tatiania le suivra, il vous faudra lire, comprendre, sans nécessairement approuver.

Une fresque sanglante parfois, où l’Afghan fut leur véritable ennemi.

Bonne lecture !

 

 

Le dernier afghan

Alexeï Ivanov

Éditions Rivages / Noir

638 pages

 

 

 

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