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Publié par Richard

Le destin, un quartier et l’odeur des pâtisseries

Une chronique de Christophe Rodriguez

Avant de connaître la notoriété comme romancier, William Boyle natif de Brooklyn, fut disquaire dans un magasin spécialisé. Très observateur, il était au fait des us et coutumes de son petit quartier, les bons ainsi que les mauvais garçons, et les histoires de famille.

Avec La cité des marges, nous plongeons en plein cinéma. Sans drainer l’œuvre de Martin Scorcese ou Sergio Leone, nous avons immédiatement pensé aux Affranchis, du moins les premiers temps, ainsi que Once Upon In America où la vie de quartier était le ciment d’une bonne ou d'une mauvaise évolution.

Au centre du Brooklyn des années 90, mais il est bien aisé de transposer la trame de ce roman au cœur des années 50, Donnie Parascandolo, policier corrompu usant d’une violence disproportionnée, est homme de main pour le truand local. Il campe les gros bras, ramasse les loyers impayés ainsi que les dettes de jeu et parfois, éjecte un concurrent. Pendant une ronde de nuit, il jette une personne en bas d’un pont, outrepassant comme il se doit les instructions de son patron. Dans son quartier où tout se règle sous le manteau, cette disparition, une autre, ne fait pas grand bruit, mais un enfant se souviendra.

Du père au fils.

Donnie, le flic ripou a perdu son fils de façon tragique ainsi que sa femme. Ce mal être qui le poursuit n’aide pas à sa condition. Nous trouvons aussi.  Donna qui pleure aussi son fils, Rosemarie qui veut éponger la dette de jeu de son marin et Nick, le seul littéraire du groupe qui rêve de cinéma, puis d’écrire l’histoire de son faubourg.

De remords en contradictions et d’expectatives parfois teintés de vœux pieux, La cité des marges est le kaléidoscope de petites vies, dont l’espoir s’avère assez mince et Donnie sait très bien que la vengeance arrivera tôt ou tard. Avec en toile sonore  Bruce Springsteen, Otis Redding, ou Joni Mitchell, William Boyle entrecroise ces destins, se fait en quelque sorte le mémorialiste d’une époque où les récits se mêlent aux effluves des pâtisseries italiennes. Une fresque touchante qui évoque autant le cinéma que les quartiers de notre enfance.

Bonne lecture !

 

La cité des marges

William Boyle

Gallmeister

412 pages

 

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