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Publié par Richard

Quand Paris s’enflamme, les rats quittent le navire

Une chronique de Christophe Rodriguez

Nous sommes à l’été 1944. Les alliés sont aux portes de Paris, la résistance multiple les frappes contre l’occupant nazi et ces derniers, en plus de commencer à plier bagage, exécutent sans distinction.

Avec ce 4e tome, l’écrivain Romain Slocombe entame la descente aux enfers de l’inspecteur Sadorski. Cette puissante épopée «dans les égouts» d’un petit monde en déroute, dépasse ce que nous aurions pu imaginer en veulerie, trahisons en tout genre, résistants de la dernière heure, sans oublier un portrait très fouillé et au vitriol du monde de la collaboration.

Avant de commencer votre lecture, nous vous conseillons fortement de lire le dossier en fin du roman pour vous familiariser, avec ce qui fut l’histoire de la collaboration en cette année 1944, ainsi que la réédition en poche de La Gestapo Sadorski.

Léon Sadorski, inspecteur principal adjoint de la 3e section des renseignements généraux et des jeux qui dirigeait aussi le « rayon juif », croupit en prison. Ce ne sont pas les résistants qui l’ont envoyé à Fresnes, mais bien des collègues et « amis » de la Kommandantur. Il se sent effectivement à l’étroit, peu habitué à côtoyer des repris de justice, résistants, prisonniers politiques et parfois petits trafiquants, qu’il a lui-même dans un passé pas si lointain, envoyé en prison. Par un jeu politique qui est loin d’être désintéressé, parce que malgré tout, l'Inspecteur est un flic dévoué, un serviteur efficace de l’état (comprenons celui qui est encore en place), une mission lui sera proposée.

La disparition d’un ancien ministre

Sans être un marché de dupes, encore que ses supérieurs lui ordonnent sous une fausse identité d’exfiltrer le ministre du cabinet Léon Blum, Georges Mandel. Cette opération véridique, qui se soldera par l’assassinat du ministre dans une forêt de Fontainebleau n’est que la prémisse d’un roman crépusculaire.

Entre les faits historiques, les portraits à couper le souffle, la sinistre carlingue (rue de La Pompe) qui exécuta nombre de résistants avec l’aval de l’occupant, Romain Slocombe nous invite à une fascinante descente aux enfers. Il fallait du courage pour écrire sur l’envers du décor, loin des images d’Épinal du Paris en liesse. Pendant 4 ans, elle fut une ville ouverte au crime et à la veulerie, et Sadorski comme bien d’autres, « troquera » sa carte de collaborateur pour la croix de Lorraine, avec un, mais!

Foisonnant, «  Célinien »,  dans le style, avec des accents du Frédéric Dard qui s’y connaissait très bien en roman noir, Slocombe signe avec L ’inspecteur Sadorski libère Paris, un puissant roman qui ne laissera personne indifférent. 

Bonne lecture !

L’inspecteur Sadorski libère Paris

Romain Slocombe

La bête noire

Robert Laffont

632 pages

 

La Gestapo Sadorski

Romain Slocombe

Point

Policier

545 pages

Entrevue de la librairie Mollat.

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