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Publié par Richard

Un crâne dans le petit bois

Résumé :

En rentrant de l’école, Clara trouve un crâne de cheval enterré dans le petit boisé qui appartient à sa famille. Elle se sent dès lors investie d’une mission: celle de percer les mystères qui entourent cette découverte. À qui appartient ce crâne ? Pourquoi ce cheval a-t-il été enterré à cet endroit ? Depuis combien de temps y est-il ? De quoi cet animal est-il mort ?

C’est dans les carnets qui s’empoussièrent depuis des décennies au grenier et qui racontent une partie de l’histoire de son arrière-arrière-grand-mère, Ange Langis, que Clara et sa grand-maman trouveront des réponses à leurs questions. Du coup, elles en apprendront beaucoup sur l’histoire de leur famille.

Mon avis :

J’aime la poésie de Christiane Duchesne. L’atmosphère feutrée des univers qu’elle met en place m’interpelle. Je me retrouve dans le rapport presque fusionnel qu’entretiennent ses personnages avec la nature.

« Chaque semaine, Clara montait très tôt sur le premier traversier du samedi matin et partait respirer l’odeur de l’eau, bien différente chaque jour selon l’heure des marées. Elle le faisait aussi l’hiver, attentive au mouvement des glaces et de la bataille que leur livrait le bateau, attentive aux craquements, à tous ces sons que fait la glace quand elle se brise contre la coque. »[1]

Au demeurant, la couverture d’Un crâne dans le petit bois m’a rappelé celle d’un précédent roman jeunesse écrit par la même auteure il y a plusieurs années : La bergère de chevaux; une histoire que j’avais adorée et que j’ai encore dans ma bibliothèque !

***

Clara découvre le crâne de cheval dès le premier chapitre. Au fil des pages, les mystères s’accumulent et semblent imbriqués : pourquoi surnommait-on leur famille les Têtes-de-cheval ? Qui est cet oiseau aux yeux cerclés de jaune et de vert qui visite les rêves de Clara et ceux de sa grand-maman ? En quoi une dent de cheval peut-elle les aider à élucider cette affaire ? Christiane Duchesne parvient à maintenir le suspense jusqu’à la fin. Comme Clara, on veut percer le mystère qui entoure la mort de ce cheval, qui pourrait être celui de son arrière-arrière-grand-maman.

Au moment où notre jeune héroïne déterre les os, son meilleur ami, Bab, est à l’hôpital. Puisqu’aucun autre de ses amis ne peut comprendre la portée de son secret, Clara décide de se confier à sa grand-mère, avec qui elle partage « l’amour du fleuve et du vent »[2]. Cette histoire de crâne de cheval suscite aussitôt l’intérêt de Mad. Ce roman sort donc le jeune lecteur du cadre de l’école et des amis. En privilégiant la relation de Clara avec sa grand-mère, les parents de la fillette sont également mis de côté. De toute manière, à 11 ans, Clara a besoin de sortir du giron parental…

C’est dans le grenier de sa sœur Mini que Mad décide de commencer ses recherches. Rapidement, l’enquête la conduit vers une pile de carnets rédigés au début du 20e siècle par sa grand-tante, Argentine Langis, qui y racontent notamment l’histoire de sa sœur Ange. Non seulement ces lettres feront en sorte que le mystère du crâne de cheval sera résolu, mais la découverte de ces cahiers, dont Mad elle-même n’avait jamais pris connaissance, donnera l’idée à Clara de commencer à écrire un journal intime.

« Elle avait décidé de faire désormais comme Argentine Langis, d’écrire à la main dans un cahier plutôt qu’à l’ordinateur, parce qu’ainsi quelqu’un pourrait trouver un jour ses cahiers, peut-être dans 100 ans, les conserver les lire à ses descendants comme le faisait aujourd’hui Madeleine avec elle. Il était bien plus intéressant d’avoir de vrais écrits à tenir plus tard entre ses mains que de fouiller dans un ordinateur que personne, à ce moment-là, ne saurait sans doute plus faire fonctionner. »[3]

La découverte de ces cahiers, et le fait également que Clara envoie des lettres à son ami Bab plutôt que des textos pour le tenir au courant de l’avancée de son enquête, sort une fois de plus le lecteur de sa zone de confort. De nos jours, écrire à la main n’est plus tellement à la mode.

  De mon côté, je l’avoue, j’ai un faible pour les romans qui nous font découvrir le passé par le truchement de vieille correspondance découverte dans les greniers ou dans d’autres endroits propices à camoufler des secrets. Ça me rappelle quand j’allais fouiller dans le grenier de la vieille maison de campagne que j’habitais, petite. J’y dénichais de vieux objets ou vêtements, et parfois, des cartes postales ou des photos. La vie de nos ancêtres m’a toujours intriguée. Aujourd’hui encore, je me pose toutes sortes de questions à propos de ceux qui ont foulé cette terre avant moi.

Au cours de ma lecture, l’impatience de Clara m’a un peu agacée ; mais je peux comprendre qu’à 11 ans, notre héroïne ressente ce besoin de s’affirmer, surtout quand les adultes qui l’entourent la prennent trop souvent pour une rêveuse qui traficote la réalité.

***

Je recommande vivement ce livre. En plus de solliciter l’intelligence du lecteur pour résoudre une énigme, Un crâne dans le petit bois l’invite à revisiter son histoire familiale. Voilà une occasion en or pour les parents et les grands-parents de parler de leur enfance et de l’histoire de leurs aïeux à leurs rejetons une fois cette lecture terminée ! Et comme Clara a pu le constater en voyant une photo de son arrière-arrière-grand-maman, on peut trouver des ressemblances parfois frappantes avec nos ancêtres ; et pas seulement des ressemblances physiques. Comme on dit, la pomme ne tombe jamais bien loin de l’arbre.

 

Bonne lecture !

 

Titre : Un crâne dans le petit bois

Auteure : Christiane Duchesne

Parution : 21 septembre 2021

Thèmes et genres

Enquête, Famille, Animaux, Histoire

Nombre de pages : 168 p.

Public cible : 9 ans et +

Éditeur : Québec-Amérique

Collection : Gulliver

 

 

 

À propos de Christiane Duchesne (texte tiré du site de l’éditeur) :

« Femme de lettres, Christiane Duchesne a publié plus de 100 ouvrages ainsi que des textes pour le théâtre, la télévision, la radio et le cinéma. La traduction de plus de sept cents titres d’albums illustrés pour la jeunesse et les paroles d’une centaine de chansons s’ajoutent également à son œuvre. Ses romans ont été récompensés à trois reprises du prix du Gouverneur général, trois fois du prix Christie et trois fois encore du prix Alvine-Bélisle, entre autres honneurs. Elle anime des ateliers de création pour tous les publics. »

 


[1] P. 42

[2] P. 55

[3] P. 136

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P
J’adore Christiane Duchesne et ce billet m’a convaincue de lire ce titre, merci !
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R
Merci Mélanie !