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Publié par Richard

Les dessous de la politique et notre histoire

Une chronique de Christophe Rodriguez

 

Journaliste depuis 50 ans, ancien directeur des pages culturelles du Journal de Montréal, ainsi qu’aux actualités, Pierre Schneider n’a jamais caché ses convictions indépendantistes. Engagé très jeune dans la mouvance politique, il fut le « Bozo les culottes » du regretté Raymond Levesque, puis vint le FLQ et l’emprisonnement.

À 70 ans et des poussières, celui qui signa avec Boum Baby Boom, la véritable histoire de Bozo-Les-Culottes (Québec-Amérique 2002), revient sur les années de poudre d’un Québec en fusion, avec l’intrigue Daniel Johnson, ainsi que son décès pour le moins mystérieux. Loin du complotisme qui fait fureur de nos jours, ce livre étayé par de puissantes recherches, des entrevues souvent rarissimes ainsi que des années de labeur à creuser la question, donne un portrait, pas particulièrement réjouissant, des forces politiques qui agitèrent le Québec pendant la Révolution tranquille et bien après évidemment.

Si nous ne justifions pas l’action violente du FLQ, il faut constater, que dés l’apparition du RIN et les premières agitations étudiantes, les services secrets, qu’ils furent de la GRC ou de La CIA, avec le regard bienveillant de puissants hommes d’affaires (Power Corporation), fit beaucoup pour étouffer les velléités de l’autonomie d’un Québec libre.

 

L’histoire en marche

René Lévesque, Jean Lesage et son "Maître chez nous" et Daniel Johnson. Chef de l’Union nationale, grand ami du général de Gaulle qui soutenait son travail politique pour l’indépendance du Québec, Daniel Johnson disparu à l’âge de 53 ans, emporté, semble-t-il, par une crise cardiaque. Mais voilà, le hic, aurait il était assassiné ?

Loin d’être de la politique–fiction, il faut lire et comprendre avant de juger de la démarche de l’auteur, parce que les 300 pages, hautement documentées, répétons-le, nous font revivre tout un pan de notre histoire.  Que ce soit le général de Gaulle avec son Québec libre, aux différentes actions d’un FLQ très tôt infiltré par les services secrets, au rôle plus ou moins actif de la CIA sur notre territoire, sans oublier l’innommable Loi sur les mesures de guerre, ce livre politique se lit comme un roman policier. Parce que Daniel Johnson est rusé, il va rapidement s’attirer les foudres d’une partie de la classe financière et bien entendu, des libéraux qui siégeaient à Ottawa.

Avec des formules qui font mouche, un travail de fond irréprochable, Pierre Schneider, « obsédé » depuis longtemps par l’affaire Johnson en conclut qu’il fut empoisonné.   Des élucubrations ? Que non! Lisez attentivement et vous comprendrez qu’il y a matière à questions, surtout quand l’auteur fait preuve d’une rigueur irréprochable !

Bonne lecture !

 

La république assassinée de Daniel Johnson

Pierre Schneider

Éditions du Mont-Royal

311 pages

 

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