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Publié par Richard

Georges Brassens ou la chasse aux papillons

 

Un bon petit diable à la fleur de l’âge, la jambe légère et l’œil polisson, et la bouche pleine de joyeux ramages, allait à la chasse aux papillons.

Une chronique littéraire et musicale de Christophe Rodriguez

Né le 22 octobre 1921, le plus polisson et engagé des chansonniers aurait eu cent ans. Que vous ayez 15 ans, 30 ans ou 60 ans, Georges Brassens pour qui la chanson était plus qu’un art se redécouvre toujours. Que ce soit au village de Brive-La-Gaillarde, Sur les bancs publics, tenant à la main  La cane de Jeanne, avec  La première fille qu’on a prise dans ses bras ou en compagnie du célèbre Gorille, ses textes, disons-le tout haut, sont immortels.

À notre manière, nous levons notre chapeau à cet artiste inclassable. Sur scène avec sa guitare et son fidèle complice, le contrebassiste Pierre Nicolas et plus tard, le guitariste Joël Favreau, il ciselait ses chansons comme on cisèle des poèmes, et nous pensons à Paul Fort, François Villon et Francis Jammes (La prière).

Dans cette forte biographie qui évite bien des pièges, le résidant de Sète Bernard Lonjon qui est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés à l’ami Georges nous propose un parcours au jour le jour. Remontant le fil du temps, signalons aussi, que Brassens disparu trop tôt à l’âge de 60 ans, Lonjon nous fait compagnon du chanteur/poète.

Année par année, et mois par mois, tout est là. Des premières amitiés indéfectibles aux premiers amours, de ses parents discrets aimants à Jeanne qui le recueillit Impasse Florimont, ce parcours d’un homme simple est tout ce qu’il y a de plus touchant et instructif. Dès qu’il eut quelques francs en poche, Brassens aida ses amis, secrètement ou non. Loin d’être un végétatif, il parcourut la France, donna des milliers de concerts, prit l’avion contre son gré, pour venir au Québec, puis dire bonjour au grand Félix Leclerc.

Alternant, entre le travail, Les copains d’abord, sans oublier la discrète Pupchen, qu’il ne demanda jamais en mariage, cette somme journalistique vaut bien des biographies. Un aller simple, pour le pays de Brassens, sa poésie, la rencontre mémorable avec Jacques Brel et Léo Ferré, les concerts caritatifs, dont celui pour l’association Perce-Neige de son ami Lino Ventura et bien d’autres dons du cœur, pour lesquels il ne demanda jamais rien. En annexe, vous trouverez tout ce qui fit sa bibliothèque, outil essentiel pour la composition, puis la ronde des jurons, surnoms dont il affublait ses camarades. Concluons avec cette émouvante épitaphe de Jean-Pierre Chabrol :

«  Georges, grand chêne à l’ombre duquel, auquel il faisait si bon être ».

En musique aussi

Est-ce la totale pour employer une expression familière, pas tout à fait, mais, nous y sommes presque.

À l’occasion de ce centenaire, la compagnie de disque Frémeaux & Associés, spécialisée dans le patrimoine musical, vous invite donc à redécouvrir Brassens à petit prix. Sous la direction d’Olivier Julien qui a supervisé entre autres l’immense coffret Michel Legrand, ce tout « Georges » vaut son pesant d’or. Loin des compilations bon marché réalisées à la va-vite, nous sommes en présence d’un tout agencé avec minutie.

De 1953 à 1962 (Polydor/Phillips), suivi d’un très bel hommage au poète Paul Fort et son incontournable : Petit Cheval. L’essence de la chanson, beaucoup poésie, un peu de grivoiserie qui se réécoute toujours avec ne oreille neuve. Parmi les surprises:  un enregistrement public en 1953 à La Villa d’Este, donc un inédit, qui se conclut avec cette Brave Margot qui donnait la « gougoutte  » à son chat.

Soulignons le travail de restauration sonore ! On savourera l’entretien avec Luc Bérimont (1960) entrecoupé de chansons puis, direction Brassens et des interprètes. Point n’est besoin de tous les énumérés, mais nous aurons un faible pour : Juliette Gréco avec sa Chanson pour l’Auvergnat soutenu par le grand orchestre de Michel Legrand, Patachou évidemment et le jazz tout en finesse par la chanteuse Claude Parent (Au bois de mon cœur) avec comme chef d’orchestre : Alain Goraguer, le complice de Boris Vian.

Brassens avec vous et pour toujours!

Bonne lecture et bonne écoute !

 

 

Brassens l’enchanteur

Bernard Lonjon

L’archipel

523 pages

 

Intégrale Georges Brassens

et ses interprètes

Sous la direction d’Olivier Julien

Frémeaux&associés/Naxos

6 CD

 

 

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