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Publié par Richard

"J'accepte la grande aventure d'être moi."

Simone de Beauvoir

 

 

Une chronique de Richard

Tout bon lecteur le sait, il existe des livres qui nous rendent meilleurs, des livres qui ressemblent à des couvertures chaudes par un soir d’hiver. Même pour les amateurs de polars, de romans policiers ou même de romans noirs, il vient un moment où on a besoin d’un roman « feel good », d’une histoire qui nous réconcilie avec l’humanité.

Dans « Belle comme le fleuve » de Mélissa Perron, pas de meurtres, pas de police (sauf celle qui donne des contraventions), pas de poursuite effrénée, ni d’enquêtes aux rebondissements acrobatiques, seulement de beaux humains, en quête de leur identité et de leur bonheur ! « Belle comme le fleuve » est un roman d’un certain bonheur !

Le monde de la littérature est un univers étrange et fascinant. Un échange de livres, un livre jeunesse pour une petite qui aime lire et la découverte d’une auteure que j’ai connue par le biais de sa production picturale, une magie s’installe et chacun des lecteurs y trouve son compte : un petit mystère à l’école pour la jeune et la découverte de l’écriture de Mélissa Perron pour moi.  Voilà comment ce roman a atterri sur ma table de chevet.

« Belle comme le fleuve » est le deuxième tome de la vie de Fabienne Dubois, la suite de « Promets-moi un printemps », premier roman de Mélissa Perron. Tout comme sa créatrice, Fabienne a reçu un diagnostic d’autisme. Et cela a changé sa vie. Je n’ai pas lu le premier roman, j’avoue que ça aurait sûrement facilité mon regard sur l’histoire, mais je ne crois pas que cela soit essentiel. Dès les premières pages, l’auteure place très bien ses personnages et le lecteur le moindrement aguerri, saura s’y retrouver très facilement !

Tout cela commence d’une bien drôle de façon. Pendant les funérailles, Fabienne s’apprête à rendre hommage à sa mère qui vient de mourir. Elle s’approche tranquillement du micro, ressent toute l’attention tournée vers elle, écoute le silence de tous les regards, et Fabienne, livre en une seule phrase, les dernières volontés de sa mère :

« Elle m’a demandé de vous dire qu’elle vous emmerde. »

Voici une belle entrée en matière pour une histoire toute en tendresse, en remise en question et en douce vérité.

Fabienne hérite d’un duplex sur le bord du fleuve. Pour un week-end, Fabienne et son ami (presque frère) Étienne se rendent à Saint-Augustin-sur-Mer pour voir la maison et décider ce qu’ils en feront. Pour Fabienne, la vie dans son phare, son travail dans une maison de soins palliatifs et la relative douceur de vivre qu’elle ressent depuis qu’elle a appris qu’elle était autiste, pas question de changer de vie. En plus, l’état de la maison un peu décati, avec beaucoup de vécu et surtout, entouré d’un village et de personnes qui pourraient être envahissantes, la conforte dans son idée.

Mais, c’est sans compter le pouvoir charmant d’un petit village du Bas-du-Fleuve et le charmant pouvoir d’une connaissance qui refait surface ! Et en découvrant ce qui se passait dans la maison de sa mère, Fabienne remettra en question les a priori qui l’habitaient avant ce week-end magique.

Et le lecteur se laisse emporter par cette histoire, jolie, pleine d’humanité et surtout assez divertissante.

Ce qui a aussi retenu mon attention, c’est le talent de l’auteure pour trouver des images, des allégories qui surprennent, qui charment et qui nous font sourire. Un exemple, pour décrire la poésie d’un coucher de soleil :

« Pour le deuxième soir de suite, Saint-Auguste avait mis son pyjama orange pour se préparer à aller dormir. »

Ou encore, cette phrase concernant le vélo que Fabienne a trouvé dans une ruelle et qui est devenu son ami qu’elle appelle Joseph :

« Ça fait toujours rire mes collègues quand j’leur dis que j’viens travailler avec Joseph et que je lui parle dans ma tête pendant que je roule. Moi, ce que je trouve drôle, c’est qu’ils croient que je fais des farces. »

Irrésistible !

J’ai aimé ce roman pour bien des raisons ! Juste se sentir bien en le lisant s’avère déjà un « gros avantage marginal » ! Mais ce que je retiens de ma lecture, c’est le plaisir de côtoyer deux personnes autistes, l’auteure et le personnage, s’imprégner de leur vécu, de leurs pensées, comprendre leur vie et leurs actes et surtout, apprécier les personnes qu’elles sont.

 

Une phrase me vient après cette lecture, une réflexion, une conclusion.

 

La différence, ce n’est pas ce qui nous différencie, c’est ce qui nous rend meilleurs.

 

Fabienne et Mélissa, nous en font la preuve dans ce roman attendrissant.

 

Bonne lecture !

 

 

Belle comme le fleuve

Mélissa Perron

Éditions Hurtubise

2021

307 pages

 

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