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Publié par Richard

Le Grangé des beaux jours : Boom  !

 

Depuis : Le vol des cigognes, je suis attentivement la carrière du romancier/ex grand reporter Jean-Christophe Grangé. Parfois, inégal dans le traitement de ses histoires, nous retiendrons Les rivières pourpres, mais pas ses succédanés et le doublé Lontano, certainement l’une des plus puissantes analyses sur l’Afrique postcoloniale avec son lot d’affairistes, exploiteurs et autres barbouzes.

Un trio improbable.

Avec Les promises, roman-fleuve qui alterne l’histoire et le thriller pur jus, Grangé vient de frapper dans le mille. Oubliez toute de suite les comparaisons avec le regretté Phillip Kerr, même si le cadre de ce roman est le IIIe Reich. De la qualité de l’écriture, retenez votre souffle à la densité des histoires, l’auteur nous offre un véritable tourne-pages qui est sans contredit le, polar de la rentrée et plus.

Au cœur Des promises, nous sommes en présence d’un trio improbable qui sans le savoir, vit ses dernières heures de quiétude avant le déclenchement de la guerre. Simon Krause, psychanalyste, gigolo à ses heures, s’enrichit en recevant dans son cabinet les hautes dames de la société. Enregistrant leurs propos sur bandes acétates, il les fait parfois chanter pour améliorer son quotidien de dandy.

Franz Beewen, gestapiste qui a monté les échelons par la force et la ruse, est le prototype du combattant conquérant, n’hésitant pas à cogner et assumer pleinement les directives de son état-major.

Mina Hessel, baronne de son état, abandonnée par des parents qui ont fui outre-Atlantique, s’occupe d’un hôpital psychiatrique où se trouve justement le père du gestapiste. Brulé par les gaz, ayant perdu la raison dans l’enfer des tranchées, ce pauvre homme délire et ne reconnait plus son fils, qui essaie de s’en occuper, comme d’un devoir de mémoire.

Un tueur rôde

Être une «  poule de luxe » ou une grande dame du régime ne protège pas. Dans ce Berlin luxueux où le champagne coule à flots, pendant que les juifs et Tsiganes sont pourchassés et envoyés dans ce qui deviendra les camps de concentration, un tueur en série rôde. Il s’attaque de façon assez brutale à ces promises et Franz Beewen, doit faire tout ce qu’il peut pour l’arrêter.

Cette plongée nous fait donc découvrir l’autre côté du miroir. La montée en puissance de l’appareil nazie, le rêve d’un Reich de mille ans, la création de l’aryen qui se traduira par des horreurs innommables et autres expériences médicales. Ce travail d’historien amplement documenté ne nuit en aucun cas à forme du roman policier. Étape par étape et couche par couche, Grangé creuse, mène le lecteur «  par le bout du nez », offre une vision de la nature humaine peu réjouissante tout en se gardant une légère porte de sortie, parce que oui, l’espoir existe.

Cette somme de toutes les peurs, magnifiquement menée par une écriture puissante qui évoque parfois les cartes postales d’un autre temps, nous entraine sur les pas d’un monde qui se prépare à éclater. Allez, offrez-vous ce cadeau, ce roman historique est remarquable !

Bonne lecture ! 

Les promises

Jean –Christophe Grangé

Éditions Albin Michel

 650 pages

 

 

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