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Publié par Richard

Pour l’art et la peau : Boum !

Une chronique de Christophe Rogrigue

Voilà ce que nous pourrions appeler une fulgurante entrée en matière. Il faut que je remonte à loin, soit avec Religion de Tim Willocks (genre complément différent) pour avoir été happé par une de telle histoire, brillamment construite, avec de solides personnages (hommes et femmes).

Nouvelle dans le monde du polar sous haute tension, Anouk Shutterbeg vous fera aussi découvrir le monde des arts, les achats qui dépassent plusieurs millions et la soif de pouvoir de certains qui considèrent l’art, comme une monnaie d’échange. En lisant à petites doses Jeu de peaux qui fait surtout référence aux tatouages se rapprochant de l’œuvre d’art, j’ai retrouvé dans la patte de l’auteur, les intrigues, si bien ciblées du regretté Marc Menonville avec son commissaire Herve Le Bihan, qui trouvait la solution dans ses villes boîtes à chaussures (Jeux de paumes, Walkyrie vendredi, Dies Irae en rouge, tous publié chez Rivages).

Les affres d’un génie

Juliano Rizzoni est un jeune peintre adulé. Très précoce, il s’inspira dès ses 10 ans, de l’univers de Jérôme Bosch. À trente-trois ans, ayant hérité de la fortune familiale ainsi que de ses tableaux, il se meut dans le mode de l’art, les soirées mondaines et autres « parties fines » avec tout ce que cela peut comporter d’excès comme de convoitise.

Pourtant en ce 10 juin 2019, la vie lui semble moins facile, puisqu’il est convoqué à la PJ parisienne pour une affaire qui va rapidement mal tourner. En face de lui, un redoutable duo l’attend : le commissaire Jourdain, ours mal léché, mais policier efficace, et l’inspectrice Luce qui a mis de côté ses études en histoire de l’art, à la suite un revers familial.

L’affaire dont nous parlions est loin d’être de tout repos, puisque dix tatouages réalisés sur des amis proches ou fortunés seront mis en vente dans une enchère prestigieuse, mais où sont les personnes tatouées ? Tout cela pourrait être simple, avec une enquête qui va tourner au « gore », détrompez-vous ! Anouk Shutterberg, tel un petit poucet, sème, nous transporte, dans les arcanes du monde de l’art, faux-fuyant pour d’autres activités plus illicites, sans oublier la traque qui deviendra de plus en plus sordide, allant de l’ex-URSS, aux États-Unis et en passant par l’Italien.

Rien n’est inutile dans ce roman qui a pourtant des accents de vérité. Tous les personnages sont crédibles, attachés à leur métier, peu importe ce que cela va couter en vie humaine ou de façon plus personnelle. De l’imagination elle a cette jeune auteur et plus encore, un sens du suspense qui laisse pantois.

Si un jour, vous vous laissez tatouer, pensez-y deux fois ! Quelle réussite et vivement la suite, par ce que le tandem Jourdain/Bunevial pourrait fort bien se retrouver au grand écran. Souhaitons -le.

Bonne lecture !

 

Jeu de peaux

Anouk Shutterberg

Éditions Plon

359 pages

2021

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