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Publié par Richard

Les jours de Monsieur Gilles

Une chronique de Christophe Rodriguez

«  Vient un moment où on se demande si on réussira à franchir la rue dans les délais impartis ». Et c’est ainsi que le romancier, homme de radio, passionné de jazz et depuis peu, arrière-grand-père, Gilles Archambault nous parle du temps qu’il reste et qui file.

Pour au moins trois générations, Gilles Archambault, homme discret et pilier d’une radio qui nous donna de grandes émissions, fut la voix de Jazz Soliloque. Tous les soirs, à 22 h, il puisait dans son immense collection de disques et nous ouvrait des horizons, sans oublier ces merveilleuses nuits de jazz.

Gilles Archambault, ce fut aussi ses billets doux-amers avec l’ami Le Bigot et ce qu’il fit à la chaine culturelle comme réalisateur, tout en cultivant directement l’art du romancier. Il a beaucoup écrit, mais le plus beau du moins pour votre chroniqueur reste  Un après-midi de septembre. Dans ce récit consacré à sa mère disparue, nous trouvons matière à aimer notre mère et certains passages devraient être relus mille fois.

Mais voilà que notre ami Gilles vieillit . À 88 ans, entouré de ses enfants et arrière-petits-enfants, malgré la «  dynastie du coronavirus qui domine », il fouille dans son album photo, livre certains passages sur sa vie privée, se remémore Lise, la femme de sa vie, disparu il y a quelques années. S’il a été un «  fieffé nostalgique », «  il semble que je sois plus léger ». Moins de lectures, même si les livres furent son havre de paix, moins de jazz, sa célèbre collection a presque disparu, d’autres en profiteront, il prépare en quelque sorte sa sortie. Comme, Léon –Paul Fargue qui arpentait les rues de paris, Gilles Archambault prend d’autres chemins, parfois de traverses et nous découvrons un homme sensible.   Fut-il un bon père, oui, un bon mari certainement, mais parfois absent ou lunatique, qui aura parfois confondu «  appétit de vivre et approbation de la vie ». (Elias Canetti).

Ce petit livre est aussi l’occasion de souvenirs, de portraits comme celui du grand journaliste/animateur Louis Martin et une époque où tout était possible. Ce livre, c’est aussi nous qui voyons le temps passé, les amis qui disparaissaient, les époques qui changent. Ces 108 pages, lisez-les précieusement parce que l’ami Gilles, a le talent de nous émouvoir, simplement, comme Pagnol !

Bonne lecture !

 

Gilles Archambault

Il se fait tard

Boréal

108 pages

 

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