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Publié par Richard

Une chronique de Richard

Il y avait bien longtemps que je voulais découvrir l’imaginaire et l’écriture de Michèle Pedinielli. J’avais lu quelques critiques très positives et ce que l’on disait sur sa détective privée, Ghjulia ( Diou ) Boccanera, me semblait plein de promesses. Alors, quand j’ai vu ce troisième roman avec ce titre évocateur, La patience de l’immortelle et surtout que l’enquête se situait dans l’Île de Beauté, la Corse, je tenais absolument à lire ce roman.

 

Et je n’ai pas été déçu ! L’auteure tient ses promesses et sa détective m’a charmé ; de même que ses descriptions des paysages et des mœurs des habitants de l’île. Un vrai plaisir de lecture !

 

Boccanera reçoit un appel surprenant de son ancien compagnon. Sa nièce, Letizia Paoli, une jeune journaliste fort populaire a été assassinée. Joseph Santucci croit que seule Diou saura résoudre cette affaire. Ghjulia n’est pas entichée par ce retour sur l’île qu’elle a quittée depuis longtemps, mais elle accepte quand même le défi.

 

Entourée par son ex-belle-famille, mais solitaire dans la foule corse, elle investiguera parmi les enquêtes de la jeune journaliste assassinée, celle qui aurait pu causer ce meurtre. Et ce ne sera pas facile de combattre l’opacité et de faire parler les silences des Corses qu’elle rencontre. Les informations qu’elle trouve semblent bien sensibles pour les gens de certains milieux. Assez pour qu’elle reçoive quelques coups (au sens propre et au figuré) d’avertissement. Même si elle a vécu assez longtemps sur l’île, imprégnée par ses façons de faire à Nice, Diou devra se réhabituer au code de vie corse. Pas facile … et parfois un peu dangereux.

 

Et bien sûr, elle devra aussi faire face à ses propres souvenirs, ses peurs. On ne creuse pas la vie des autres sans déterrer quelques pelletées de notre passé, et pas nécessairement le plus agréable.

 

J’ai beaucoup aimé ce roman pour bien des raisons. L’enquête est superbement bien ficelée. Michèle Pedinielli possède un talent certain pour imaginer et raconter une bonne histoire. Malgré le crime horrible de la jeune journaliste, rien dans le roman ne joue la carte du gore et du sanguinolent. L’important demeure la recherche du coupable et la façon d’y arriver.

 

Évidemment, il faut souligner la richesse du portrait que l’auteure nous fait de la Corse et de ses habitants : petits villages avec quelques maisons anciennes, des cafés où les personnes se retrouvent pour commenter tout ce qui se passe, les routes belles et sinueuses et la forêt, le maquis si célèbre.

 

Mais ce qui m’a le plus charmé dans ce roman, c’est la qualité et la profondeur des personnages féminins. Bien sûr, on aime Ghjulia, son intelligence, son humanité, sa façon d’analyser les informations qu’elle recueille, ses forces … et ses faiblesses. Soulignons aussi le magnifique portrait d’Antoinette, l’ex-belle-sœur, l’image même de la force tranquille et de la résilience. Sans oublier l’impact sur Ghjulia de la petite Marie Stella qui du haut de ses deux ans et demi, trouvera le chemin de son coeur.

 

Finalement, je ne peux passer à côté du style d’écriture de Michèle Pedinielli : des descriptions superbement imagées, un sens de l’humour intelligent, des dialogues savoureux et des tournures de phrases qui viennent surprendre le lecteur, sans avertissement. Que c’est beau la littérature quand c’est aussi bien écrit !

 

La patience de l’immortelle est un excellent roman à apporter en vacances ou à lire sous le parasol dans le jardin. J’ai découvert ce roman et son auteure, et à partir de maintenant, je suivrai sa carrière avec intérêt ! De même que celle de son personnage tellement attachant !

 

Une réflexion me vient en écrivant cette conclusion … J’adore l’insularité des auteurs et autrices islandais.es. Ce climat un peu particulier, à l’ombre des volcans, cette attitude réflexive probablement due à l’environnement. Et je me rends compte, en lisant les écrivains de la Corse (Cecilia Castelli, par exemple) qu’ils sont en train de définir leur propre insularité littéraire. Bien à eux, avec ses accents, ses coutumes et son code. À découvrir !

Et grâce à ces cartes postales littéraires, peut-être un jour, à visiter !

 

Quelques extraits :

« Attention, je suis capable de frémir devant un brin d’herbe vert tendre, de ressentir la caresse d’un champ qui se couche sous le vent ou de méditer en observant la branche d’un saule plongée dans une rivière où paressent des truites qui n’attendent apparemment qu’une fausse mouche pour entrer dans l’histoire. »

 

Et un personnage dont je n’ai pas parlé, mais qui a quand même son importance :

« Le sifflement du milan m’a fait lever la tête. Ils sont deux à se laisser porter entre les courants. J’imagine la vibration des ailes sur le vent, l’air chaud qui t’élève, l’absence de gravité … »

 

Et je n’ai pas pu m’empêcher de sourire en lisant cette courte phrase qui parlait d’un de mes personnages préférés :

« Ou Salvo Montalbano qui nage une dernière fois vers la plage de Vigata. »

 

 

 

 

Bonne lecture !

 

La patience de l’immortelle

Michèle Pedinielli

Éditions l’aube noire

2020

227 pages

 

 

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