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Publié par Richard

"L'empereur blanc", un roman parfait pour les vacances.

Une chronique de Richard

J’aimerais vous faire connaitre une auteure, peu connue au Québec et qui, selon moi, pourrait grandement intéresser les lecteurs de polars de ce côté-ci de l’Atlantique. J’ai eu le plaisir de lire trois de ses quatre romans et à chaque lecture, j’ai été soufflé par sa capacité à mettre en place une atmosphère chargée de tension, à mettre en scène des personnages impressionnants et surtout, à se servir des huis clos pour nous raconter l’esprit humain rempli de méandres psychologiques fascinants.

Je me rappelle ce premier roman « Criminal loft » où elle imaginait une émission de téléréalité où les participants étaient tous des criminels de haut niveau, condamnés à mort, et qui pouvait, s’ils remportaient le prix, être gracié par la justice …télévisuelle. Dix terribles criminels n’ayant aucune limite morale et seulement un qui s’en sort. Imaginez la tension ! Vous comprendrez facilement que cette auteure est une admiratrice de Stephen King et qu’elle a retiré quelques enseignements de ses lectures.

Aujourd’hui, je veux vous parler de son tout plus récent roman, « L’empereur blanc », disponible au Québec depuis la mi-mai. Un roman surprenant, un huis clos angoissant et un endroit lugubre, inspirant où l’histoire a laissé une brèche temporelle que les fantômes de notre esprit, traversent allègrement pour alimenter le présent.

Cinq auteurs de romans noirs décident de se faire un week-end d’écriture bien particulier dans une maison étrange, isolée dans une forêt de l’Arkansas. L’atmosphère glauque de cette maison devrait être propice à la création, chacun des cinq auteurs étant à la recherche de l’œuvre qui relancera sa carrière.

Cette maison, personnage important du roman, mérite qu’on s’y attarde. Crescent house, c’est son nom, a été le théâtre d’un événement qui a marqué son histoire. La légende veut qu’un écrivain noir y a été exécuté par des membres de Klu Klux Klan. Certains pensent plutôt, qu’il aurait lui-même tué son épouse avant de se suicider. L’énigme irrésolu donne à cette maison un soupçon d’horreur et de mystère dans un coin de pays où le racisme n’a jamais été complètement éradiqué.

Alors, c’est avec beaucoup d’espoir que les cinq auteurs et autrices arrivent et s’installent dans leur chambre. Dès la première soirée, les choses se gâtent, tour à tour, les écrivains disparaissent. On dirait que la maison les avale, qu’une partie de la maison se donne des airs « d’auteur de romans noirs ». SMS, vidéos, ceux qui restent reçoivent des messages ambigus montrant ou décrivant les disparitions.

Pendant ce temps, dans le village voisin, une famille est complètement ravagée ; le père, la mère et leurs trois enfants, battus, mutilés, tués et installés autour de la table familiale, les mains cloués sur la table. Comme pour prendre un repas. Évidemment, la police enquête et les soupçons portent immédiatement sur les nouveaux locataires de Crescent House.

Sans faire de mauvais jeu de mots, la table est mise pour l’auteure manichéenne qu’est Armelle Carbonel. Retrouve-t-on un peu d’elle dans ces cinq écrivains ? Dan le nouveau propriétaire de la maison en panne d’inspiration, Sue et son trouble de la personnalité, l’étrange Steven, Anton soupçonné d’utiliser un « ghost writer » et Rachel, la gentille. À chacun leur tour, ils prendront la parole pour nous raconter ce qu’il voit, ressente … ou s’imagine. Un roman choral efficace où même la maison prend la parole …

Attention, ne portez pas de jugement trop rapidement, n’essayez pas de découvrir la vérité avant qu’Armelle ne vous la dévoile, l’auteure adore jouer avec ses lecteurs et lectrices, les lancer sur de fausses pistes et même, nous manipuler encore plus qu’elle le réalise avec ses personnages. Tout est ordonné, organisé, pour vous tromper et vous donner l’illusion que vous savez ce qui se passe réellement. Erreur !

Armelle Carbonel possède le talent extraordinaire de construire quatre murs d’une maison, y installer quelques personnages et d’y ajouter un climat, une atmosphère qui vous « paraitra » insoutenable. Roman psychologique, oui ! Roman policier, très certainement ! Thriller, avec du rythme, Oh oui ! Roman d’horreur ? si peu. S’il faut trouver une case pour classer ce roman, il faudrait parler de roman d’atmosphère. Et à ce jeu, Armelle Carbonel est experte.

Il y a quelques temps je vous parlais du roman de Frédérick Durand, « Dans les pas d’une poupée suspendue », je crois bien que la maison américaine de « L’empereur blanc » possède des gênes communs avec cette maison québécoise.

Et là, vous vous demandez sûrement mais qu’est-ce que le titre de « L’empereur blanc » vient faire dans cette histoire ? Eh bien, ce sera à vous de le trouver, cher futur lecteur ! Quand vous vous laisserez tenter par la lecture de ce roman. Pour découvrir la vérité. Et je vous laisse avec cette phrase de Louis Aragon ; ’l’art du roman est de savoir mentir’’

 

Bonne lecture !

 

L’empereur blanc

Armelle Carbonel

Éditions Mazarine thriller

2021

407 pages

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