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Publié par Richard

Deuxième phase du "week-end Marie-Eve Bourassa", au tour de Christophe de nous parler de "Tout écartillées".

Film coquin et autres histoires

Par Christophe Rodriguez

Malgré une saison littéraire un peu chaotique, le roman policier d’ici tire fort bien son épingle du jeu.

Prix Arthur-Ellis du meilleur roman policier canadien-français avec sa trilogie Red Light, la dame du polar Marie-Ève Bourassa récidive. Comme nous avions dévoré sa série sur le Montréal des années 30/40, avec une pensée pour le regretté anthropologue Serge Bouchard qui aurait certainement approuvé le tout, ce nouveau pavé change d’époque.

Toujours avec le même souci du détail, les liens cinématographiques et ce sentiment de nous faire redécouvrir, un pan de notre histoire, Marie-Ève Bourassa nous transporte, fin des années 60, milieu des années 70.

Un film compromettant

Dans cette nouvelle intrigue aux ramifications multiples, le Montréal des cabarets ainsi que des bars parfois miteux tient une place importante. Ayant presque disparu du paysage sous le pic des démolisseurs, ils formaient pourtant la colonne vertébrale de «  La Main ».

Ancien policier au cœur d’artichaut, Georges Kirouac vit de petits expédients, grâce à son métier de détective privé. En cet été 1976, il accepte de venir en aide à la belle Roxy, serveuse d’un bar exotique dont il est secrètement amoureux. Elle aurait, semble-t-il, tourné dans un film pornographique bas de gamme, qui va au fil des chapitres, se révéler beaucoup plus mystérieux et dangereux qu’il en a l’air. Pour venir à bout de cette énigme, il est secondé par un ancien collègue de travail, Raoul Gariepy. Toujours policier pour l’escouade des crimes de Montréal, il est un peu dépassé par son époque, ainsi que sa ville qui se transforme, pas nécessairement pour le mieux. Tenace, ayant vécu des évènements troublants en trente ans de carrière (l’émeute ainsi que le matraquage lors de la Saint-Jean en 1967, les bombes du FLQ, sans oublier l’arrivée des bandes de motards), il voit ressurgir un vieil ennemi : Simon-St-Amour. Cet ex-felquiste, âme damnée qui aura brisé la carrière du policier ainsi que celle de Georges Kirouac (vous le découvrirez beaucoup plus tard), se prépare-t-il à commettre un nouvel attentat ou coup d’éclat ?

Roman puissant, aux personnages bétonnés, Tout écartillées, devrait absolument faire l’objet d’un film ou d’une série télévisée. Plus encore que Georges Kirouac, Raoul Gariepy qui nourrit sa vengeance depuis des lustres est le personnage central de cette saga qui nous replonge dans la poudrière des années 60 jusqu’à ce nouveau Montréal qui accueille, les Jeux olympiques.

Marie-Ève Bourassa est une sublime portraitiste qui porte la ville dans son cœur, ainsi que le roman policier bien entendu !

Bonne lecture !

 

 

Tout écartillées

Marie –Ève Bourassa

VLB Éditeur

440 p

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