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Publié par Richard

Il y a un an, le Québec était mis sur pause. Un virus faisait son entrée dans nos vies et cette entrée a été fracassante. Aujourd'hui, après 365 jours de souffrances, de morts, de solitudes, d'incompréhension, de restrictions, de gestes barrières, de consignes sanitaires et de couvre-feu, il faut jeter un regard sur cette dernière année mais aussi, il faut continuer d'espérer le retour à une certaine vie normale.

Pour souligner ce triste anniversaire Polar, noir et blanc par la plume de Christophe Rodriguez, vous présente un essai éclairant sur cette période importante de nos vies.

Je vous souhaite bonne lecture et surtout, bon courage pour le temps qu'il nous reste à vivre avec ce fameux COVID 19.

Richard

Le front, la peur et l’ennemi

Une chronique de Christophe Rodriguez

 

Il y a un an, la pire tragédie ou crise sanitaire frappait le Québec et le monde entier. Depuis, nous vivons dans l’espoir d’un vaccin, de moins de restrictions, d’un retour à la vie de famille, surtout quand le printemps pointera son nez sous peu.

Combien de pages, auront été écrites, de tweets enflammés, d’affrontements entre les pour et les contre les masques, sans oublier les trublions conspirationnistes dont les recherches se trouvaient la plupart du temps, dans les tréfonds du net, un peu comme le Mordor du Seigneur des anneaux.

Chef de bureau politique à l’Actualité, finaliste aux prix Albert–Londres, sans oublier quatre prix Judith –Jasmin, Alec Castonguay, retrace, dans ce livre fascinant, les dessous de cette crise, un peu comme si nous étions plongés dans un roman à suspense. Revivre les évènements, c’est faire confiance au talent de ce jeune homme qui me rappelle les grandes heures du journaliste Yves Courrière, ses deux tomes sur la guerre d’Algérie sont incontournables, tout comme Joseph Kessel couvrant à la mi-vingtaine les affrontements entre catholiques et protestants en Irlande, et bien entendu, Albert Londres, parce que le journaliste sait mettre le fer dans la plaie. Avec la polarisation des idées, la mémoire joue parfois des tours et nous oublions aussi qu’à la tête de notre province, pas un gouvernement ne fut préparé à un drame d’une telle ampleur. Auriez-vous aimé être à leur place? Attendez de lire ce qui suit.

La tragédie, le temps et la course folle.

Professeur dans l’âme, Alec Castonguay nous rappelle comment le virus est apparu et pourquoi, une certaine insouciance s’est installée dans la tête de nos gouvernements. Oui, la Chine était à l’autre bout du monde, donc, pas d’impatience. Mais voilà que ce «satané coronavirus», un peu comme les chars de Guderian pendant la bataille de France, traversa les lignes et enfonça en un rien de de temps les faibles barrières sanitaires. Notre système d’alerte si performant, mais réduit presque à néant par manque de fonds et ostracisé par une bonne partie de la classe politique fédérale ne put jouer son rôle de garde-fou.

Avec des dizaines d’entrevues à la clé qui exposent l’humanité de nos décideurs, le journaliste présente les faits, recoupe parfois les incompréhensions ou la crédulité, nous raconte, à la manière d’un Tom Clancy, comment l’achat de masques et d’équipements médicaux se négociait comptant sur le tarmac des aéroports.   Allions–nous manquer d’œufs, de viande, de lait, comment allez se comporter les réseaux de fibre optique pour ne pas que le système s’effondre avec le télé travail obligatoire ?.

Mois, par mois, nous allons revivre les demi-réussites, la tragédie des CHSLD, les disparus, le manque de lits dans les hôpitaux ainsi que celui du personnel et plus encore, le courage du personnel soignant. Aurions- nous pu faire mieux ? Certainement, mais avant de jeter la pierre à nos dirigeants et de crier à la dictature sanitaire, lisons cette formidable enquête et méditons.

«Ce choix a été un révélateur de nos forces et faiblesses, collectives et individuelles. La planète a été secouée, et on cherche à en tirer des leçons. Que restera-t-il de tout ça  ? » Vaste programme, comme aurait si bien dit à une autre époque, le Général de Gaulle ! 

Bonne lecture !

 

 

Le printemps le plus long

Alec Castonguay

Québec-Amérique

380 pages

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