Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Richard

Depuis deux semaines, "Polar, noir et blanc" était en pause pour cause de maladie. Nous revoilà de retour avec beaucoup d'énergie et notre habituelle passion pour les livres.

Les chroniqueurs habituels seront de retour avec leur enthousiasme et leur goût de partager leurs découvertes. En plus, cette semaine, vous aurez la chance de rencontrer une toute nouvelle chroniqueure, Candice Wu, une passionnée de littérature et une lectrice éclectique. Et dans quelques semaines, d'autres surprises, de nouvelles chroniques pourraient faire leur apparition. C'est à suivre !

Alors, je nous souhaite longue vie, bonne santé et plein de plaisirs de lecture.

En toute amitié !

Richard

Se sentir dépaysé ! Sensation agréable pour les personnes à la recherche de ce qui est nouveau, d’expériences originales ou de sorties hors des sentiers battus. Lire des auteurs et autrices de chez nous, européens, c’est quand même confortable ; on trouve nos repères rapidement. Se plonger dans la littérature asiatique, là, on se sent légèrement déstabilisé, un peu secoué et assez rapidement envouté. C’est ce qui m’est arrivé à la lecture de « Une grande famille » de Hika Harada, cette scénariste japonaise grande admiratrice d’Haruki Murakami.

 

Dans ce premier roman noir de Hika Harada, la romancière ne fait pas mentir sa réputation d’autrice féministe. Les femmes sont au centre de ce roman et le regard qu’on pose sur la société japonaise met en perspective les difficultés d’être femme au Japon au XXIe siècle.

 

« Une grande famille » c’est l’histoire de trois femmes vivant dans la même maison et de leur voisine, un peu particulière. Et c’est peu dire, comme on le découvrira au fur et à mesure du récit.

 

Ai Kitawaza (les noms ne sont jamais trop facile à prononcer …) vit des moments angoissants. Elle vient de divorcer parce que son mari la trompait. Les beaux-parents qui la méprisent font en sorte qu’elle n’ait pas  le droit de voir ses deux enfants. Pour clore le tout, elle perd son emploi car elle était la maîtresse d’un de ses patrons.

 

Sans le sou, pas mal démunie, elle se voit obligé de retourner vivre chez sa grand-mère, là où déjà sa mère vient de se réfugier. La pagaille dans la maison est plus qu’un état d’esprit, ça semble être la règle !  La mère et la grand-mère sont en chicane de façon permanente et juste avant l’arrivée de Ai, la mère avait blessé la grand-mère d’un coup de couteau. Pendant une petite dispute quotidienne ! Accusation, arrestation, paiement de la caution, rien ne va plus pour Ai ; heureusement (?), la voisine Miyoko vient à la rescousse.

 

La vie des trois femmes est un véritable enfer et il faut bien le dire, la mère et la grand-mère font tout pour en alimenter le feu. Ai essaie de mettre un peu d’ordre dans leur vie (et dans l’appartement aussi …) mais elle n’y réussit pas. Oasis de paix, elle trouve un travail dans une boucherie où elle peut au moins avoir des relations à peu près satisfaisantes. À la maison, elle développe de plus en plus une amitié avec sa voisine Miyoko, reconnue pour son dévouement à prendre soin de son grand-père. Miyoko, l’amie, la voisine … une vraie sainte ? Ça reste à voir … ou plutôt à lire !

 

C’est dans cette atmosphère un peu glauque, quand on se dit que ça ne peut pas aller plus mal, que le pire finit par arriver. Ai sera prise dans un tourbillon incessant, involontairement, comme dans des sables mouvants où à chaque geste qu’elle pose, elle s’enfonce de plus en plus.

 

Il est vrai que dans un premier temps, la lecture de romans asiatiques peut être assez rébarbative. On ne connait pas les auteurs.es, les atmosphères sont tellement différentes de ce que l’on connait et en plus, les noms des personnages sont imprononçables ou presque. Et dans les premiers chapitres, on a tendance à mélanger quelque peu les personnages. Je l’avoue, les premiers moments de lecture sont déstabilisants. Mais passées les premières impressions, vous pénétrez dans ces mondes un peu étranges pour nous les occidentaux mais tellement intéressants à découvrir.

 

Gardons l’esprit ouvert, donnons-nous des trucs pour reconnaitre rapidement les personnages et laissons-nous imprégner par ces cultures différentes, par cette modernité distincte qui nous offre un environnement passionnant à découvrir.

Vous aimez les romans noirs à la Dennis Lehanne, Maxime Chattam, Shane Stevens ou même ceux de J.R. Ellory ? Eh bien vous retrouverez dans ce premier roman de Hika Harada, les éléments qui vous plaisent dans les romans de ces auteurs. Avec le dépaysement en prime !

 

Un petit mot sur cette maison d’édition qui commence à faire parler d’elle dans le monde du polar, l’Atelier akatombo se spécialise dans la littérature japonaise. Fondé par Franck et Dominique Sylvain, je tiens à souligner la qualité du travail d’édition et de traduction des romans publiés jusqu’à maintenant. Chaque roman est parfaitement présenté, la jaquette est facilement identifiable et le contenu est dr très haute qualité.

 

Alors, n’hésitez pas à plonger dans les romans de cette petite maison fort prometteuse. Très rapidement, vous pourriez devenir accroc à la littérature japonaise. Ne manquez pas de lire ces auteurs et autrices qui nous sont encore inconnus.es. En plus de cette nouvelle autrice, je vous recommande, dans cette même collection les romans Tetsuya Honda, en particulier « Rouge est la nuit » et évidemment, le maître, le grand écrivain  Haruki Murakami, futur prix Nobel de littérature … à mon humble avis !

 

 

Bonne lecture ! Sayonara !

 

 

Une grande famille

Hika Harada

Atelier akatombo

2020

242 pages

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article