Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Alexandra

Une chronique d'Alexanfra Beerli

 

Frédérique-Sophie Braize est une auteure française née à Evian en 1970.

Le fait d’avoir vécu près de dix ans avec ses grand-parents, paysans en montagne, a forcément joué dans sa manière d’écrire et de décrire. L’auteure sait de quoi elle parle et on le ressent complètement.

 

Même si elle avait déjà écrit avant mais sans partager ses œuvres avec qui que ce soit, elle a commencé à écrire vraiment après avoir été lauréate du Prix Vedrarias en décembre 2012. Elle a reçu le Grand Prix littéraire de l’Académie de Pharmacie en 2018, ainsi que le Prix Patrimoine pour son roman « SOEURS DE LAIT ». Ses domaines de prédilections sont la littérature générale, l’histoire, ainsi que le terroir. Ses livres sont toujours inspirés de faits réels, qu’ils soient historiques ou un simple fait divers et c’est ce qui me plaît beaucoup dans ce genre de livre.

 

Parmi ses œuvres :

 

2015 : « Paysannes de montagnes », aux Editions Lucien Souny

2016 : « Pour quelques arpents de rêve », aux Editions Lucien Souny

2019 : « Lily sans logis », aux Editions De Borée.

 

L’histoire des « SOEURS DE LAIT » se déroule après la première guerre mondiale, plus précisément en 1922. Les gens se reconstruisent lentement et réapprennent à vivre malgré la perte d’enfants, de maris, de pères …  les femmes attendent le retour de leurs hommes mutilé tant physiquement que psychologiquement par cette période de terreur. Les sœurs Baud n’ont pas les mêmes parents, mais elles ont été élevées ensembles et ont donc bénéficié du même lait maternel.

 

Parmi les « SOEURS DE LAIT », il y a l’aînée, Ferdinande, qui n’était pas désirée dans un premier temps, ses parents attendant un garçon. Cuisinière de métier et veuve de guerre avec deux enfants, elle avait décidé de quitter le village. Zoé et Anthelmette sont jumelles, bien différentes l’une de l’autre, mais mariées toutes les deux. Quand à la cadette, Coqueline, elle rêve de se marier avec un homme riche pour ne pas vivre ce que traverse tout le reste de sa famille, mais peut-être aussi parce qu’elle est romantique et naïve. Elle fera la connaissance d’un jeune homme, Côme, travaillant pour un laboratoire pharmaceutique. Un jeune homme que l’on aura du mal à cerner, soufflant un coup le chaud, un coup le froid, se mêlant dans la famille, sans aucune gêne. Que cherche t-il donc ? Ses intentions envers la jeune fille sont-elles honorables ? Quel est son véritable dessein ? Il sera bien accueilli au sein de cette famille, leur présentant un « remède miracle » et ses vertus, mais Pasque sera le seul à rester prudent face à cet inconnu. Est-ce que cela sera sans conséquences ? Quand on connaît l’histoire on se doute bien de ce qu’il risque d’arriver. Quand l’appât du gain est plus fort que tout le reste … et quand on exploite la faiblesse et la naïveté des gens pour arriver à ses fins en sort on indemne ?

 

Les couples parents d’enfants connaissent également une terrible malédiction. S’arrêtera t-elle un jour pour faire place au bonheur total ?

 

Les temps étaient très difficiles. Les hommes qui revenaient de la guerre défigurés ne percevaient même pas de pension d’invalidité. Parce qu’un nez arraché ne constituait pas un droit raisonnable à revendiquer une aide de l’État !!! On leur supprimait donc purement et simplement leur allocation avec des justifications aberrantes et inhumaines.

 

Le vocabulaire ancien et régional colle merveilleusement bien à l’histoire, si bien que je me suis sentie embarquée dès les toutes premières pages. Je suis sensible à ce genre de dépaysement. Les chapitres sont un peu long, mais curieusement cela ne m’a pas dérangé dans ce roman et ne perturbe aucunement le cours de l’histoire. Je me suis attachée à bon nombre de personnages, tous meurtries dans leurs épreuves, tous ayant des secrets. Zéphir est celui qui m’a sans doute le plus touché à cause de sa grande bonté d’âme, mais finalement, ils ont tous un bon fond qui fait que leur souvenir reste dans votre tête et votre coeur encore après la dernière page tournée. Ce roman m’a bouleversée !

 

Je ne connaissais pas cette auteure, mais je suis ravie qu’elle ait croisé mon chemin virtuel. Frédérique-Sophie Braize est une auteure que j’aurai grand plaisir à continuer à suivre, comme d’autres.

 

Soeurs de lait

Frédérique Sophie Braize

Éditions de Borée

2018

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article