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10 Juillet 2020

Une chronique de Sylvie Geoffrion
Machisme, pression sociale pour que les filles se marient, violence verbale, sexisme, police ultra-hiérarchisée et sévère, verticalité de la société japonaise, organisation en colonne faisant en sorte que chacun est obligatoirement au-dessus d'un autre et où les femmes cherchent encore leur place non, non nous ne sommes pas au 19e siècle, nous sommes bien dans le Japon d'aujourd'hui !
Tetsuya Honda signe ici le premier opus des enquêtes de la "lieutenante" Reiko Himekawa avec "Rouge est la nuit".
Des enquêtes policières oui mais aussi un portrait franc, honnête, pas toujours joli du Japon. Celui de ses marginaux, celui des Tokyoïtes, de cette ville ultramoderne et traditionnelle à la fois mais aussi une représentation de la police et de son fonctionnement pour le moins étonnant. Des flics qui doivent prendre le bus/le métro/le train pour se rendre sur les lieux d'un crime, des flics qui n'ont pas d'arme faute de budget, des flics qui doivent dormir au bureau ou dans les hôtels à proximité du commissariat le temps de l'enquête, les informations qui doivent remonter la chaîne, des journées qui ne finissent plus...bref une rigidité surprenante mais aussi des tolérances tout autant déconcertantes !
Leur façon de fonctionner n'est pas disons, empreinte de subtilités. On est souvent dans du brut ici, autant pour le criminel que pour le policier.
Cette femme, lieutenant de police, sera confrontée à la chaleur étouffante de l'été à Tokyo, à des cadavres affreusement mutilés retrouvés dans l'eau, à des collègues aux pratiques disons ambiguës et aux propos sexistes, à la culpabilité ressentie face à sa famille mais, Reiko saura se redresser et elle fera face.
Vivement les traductions des suites des enquêtes de Reiko Himekawa.
Bonne lecture !
PS: J'aimerais souligner la belle édition de ce roman. Atelier Akatombo, maison d'édition dédiée à la littérature japonaise, c'est plus que réjouissant avec en prime, une jolie libellule en logo.
PS 1 (par Richard ... qui se permet une intrusion ... toute amicale dans le texte de Sylvie !): mes amitiés à l'éditrice de cette maison qui est aussi une merveilleuse écrivaine, Dominique Sylvain !
Bonne lecture !
Rouge est la nuit
Tetsuya Honda
2019