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Publié par Christophe

La Sicile et Le Nouveau Monde

Par Christophe Rodriguez

Pendant une semaine, il flottait dans ma tête des images de citronniers, d’aventuriers, de villages perdus, d’honneur familial, et ce, bien avant les transhumances de notre civilisation. Se détachait aussi des images du Parrain avant New York, de ces familles soumises aux jougs des propriétaires terriens qui monnayaient à prix d’or, l’eau, nécessaire à la culture des citronniers.

La « Mano  Negra », ancêtre, de toutes les organisations criminelles, faisait régner la terreur, avait des accointances jusqu’au Nouveau–Monde et contrôlait presque les allées et venues de tout un chacun. Avec L’America qui est loin d’être un roman Harlequin, l’écrivain/grand journaliste Michel Moutot nous fait revivre « ces années de plomb », avec en toile de fond, une histoire d’amour qui tournera bien mal.

L’exil ou la mort

Nous sommes en 1902, dans une petite ile située au large de la Sicile. Dans le petit village de Marettimo, la vie pas toujours facile est consacrée à la pêche ou la culture des agrumes. Après la disparition de son père, le jeune marin-pêcheur Vittorio Bevilacqua va se retrouver dépositaire du mandat familial, et du matin au soir, il trime dur pour faire vivre sa mère et ses trois sœurs.

Par un beau soir d’été, soir de repos trop rare aussi, il fait la connaissance d’Ana, fille du riche propriétaire terrien Salvatore Fontarossa, chef d’un puissant clan mafieux qui tient le village et l’administration sous sa coupe. La suite facile à deviner sert de toile à fond à un retour dans le temps, avec des effluves de citronniers, réunions familiales très cinématographiques qui évoquent autant la genèse du Parrain que la vie de ces Italiens dont la misère n’est jamais loin. Obligé de s’exiler pour avoir enfreint avec sa belle, le code d’honneur, Vittorio retrouvera la communauté de pêcheurs, exilé aux États-Unis.

Soutenu par une recherche approfondie, sans que cela devienne un pensum, Michel Moutot nous fait découvrir l’entraide, l’or rose (le saumon) qui enrichira les côtes californiennes et les familles italiennes qui ont recréé un mode de vie, semblable à leur coin de pays. Comme Jack London, Albert Londres ou Joseph Kessel, la plume se fait efficace sans jamais oublier l’amour en toile de fond. La belle Ana contre sa famille ira rejoindre son amour des premiers jours avec le bébé devenu petite fille.

Un formidable roman aux descriptions ensoleillées qui vous fera oublier pour un instant, les affrontements du temps présent !

Bonne lecture !

 

Michel Moutot

L’America

Seuil,

426 p

 

 

 

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