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Publié par Christophe

Le couteau  et le goupillon

Par Christophe Rodriguez

Jean-Christophe Grangé est un vieil ami au sens littéraire du terme. Depuis Le vol des cigognes directement inspiré de son travail de grand reporter, je surveille toutes les parutions de ce romancier qui s’est hissé au rang de maitre «  frileur » comme aurait si bien dit le regretté Michel Lebrun. Avec des hauts et des bas, il est bien difficile de faire preuve de constance, Grangé a réussi de très bons coups. Je songe évidemment Aux rivières pourpres ainsi que ses suites, et plus encore au doublé africain : Lontano/Congo Requiem. Ces deux énormes pavés sont aussi l’œuvre d’un journaliste avec connaissance approfondie du terrain.

Pour ceux et celles qui aiment la politique doublée d’un suspense redoutable à grande échelle, la cartographie des magouilles de cet immense continent, richissime et convoité par les puissances étrangères sur place , vaut dix cours de science politique appliquée.

Dans les méandres d’un couvent

Avec Les rivières pourpres qui furent portées à l’écran avec Jean Reno et Vincent Casssel, Jean-Christophe Grangé s’est porté au jeu de faire suivre les aventures du commissaire Niémans en série télévisée. Comme celle-ci n’a pas encore traversé nos océans, il nous reste la littérature.

Le jour des cendres (Albin Michel) emprunte le même chemin que la dernière chasse, soit un territoire reculé, des gens vivant en marge de la société, parfois réfractaire aux mœurs ainsi qu’au temps présent. Dans cette nouvelle aventure, Niémans enquête sur un meurtre dans une communauté religieuse, tandis que sa partenaire de crime : Ivana est déjà sur place en «  sous-marin », devenue pour les biens de l’affaire, une employée saisonnière qui participe aux vendanges.

Sous le sceau du secret, les vengeances s’activent et Niémans aura fort à faire. Personnage complexe, bourru, plus à l’aise sur le macadam de Paris que dans les terres froides d’Alsace, il va secouer "la fourmilière", si vous me passez l’expression. C’est un policier sous haute tension, à la manière des tourne-pages américains, mais avec une fibre du terroir qui rend l’action encore plus ténue. Des chapitres courts ainsi qu’une histoire bien rythmée qui ne vous resteront certainement pas en mémoire, mais soyons sympas, c’est du bon Grangé qui fait honneur à la profession.

Bonne lecture !

 

Le jour des cendres

Jean-Christophe Grangé

Albin Michel

Juin 2020

366 pages

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