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Publié par Richard

Une chronique de Richard

 

L’Énigme de la chambre 622 ou l’énigme d’un roman plein de défauts … et de qualités. Énigme d’un roman honni par beaucoup et encensé par d’autres. Énigme d’un auteur dont chaque sortie de livre est un événement, où les passions des « pour » et des « contre » se déchaînent.

 

Énigme pour le chroniqueur ? Non, pas du tout ! Moi, j’ai aimé. Malgré les défauts et à cause de ses qualités.

 

Parlons d’abord défauts !

 

Bien sûr, un roman sur le monde bancaire genevois ne pourra pas faire l’apologie du féminisme ou d’une société égalitaire basée sur la répartition de la richesse. Les personnages sont peu sympathiques, carburent à l’argent et soignent leur image, leur façade. Est-ce un portrait juste de cette société ? Je ne le sais pas. Est-ce suffisant pour rejeter le roman ? Non. Pas en ce qui me concerne. Mais quel beau terreau pour y faire pousser les travers des humains qui le peuplent : trahisons, manipulations, pouvoirs indus, jalousies, etc. De la terre riche et grasse pour faire pousser de bons romans.

 

Autre défaut. Bien oui, une écriture assez rudimentaire agrémentée de clichés, de retournements improbables et de rebondissements spectaculaires, voilà ce qui nous turlupine tout au long de notre lecture. On se dit, « mais ce n’est pas possible ! » Puis on continue, happé par l’histoire, pris dans le tourbillon. Évidemment, si on accepte le contrat tacite entre l’auteur et le lecteur, qui lie l’invraisemblance et le "peu probable" au développement de la bonne histoire. Ça donne de bons moments de lecture

 

Et maintenant, les qualités …

 

Un des éléments les plus importants en littérature, c’est la qualité de l’histoire ! Et ça, c’est une des grandes forces de Joël Dicker ! Voici donc la tentative de résumé … sans trop en dévoiler, bien sûr !

 

Un auteur, intrigué par l’absence du numéro 622 dans le chic hôtel où il est venu se reposer, cherche à connaître la raison de cette anomalie. Aidé par une jeune femme (bien sûr belle et sexy !), il part à la recherche du mystère caché dans cette chambre. De fil en aiguille, cette enquête l’amène à explorer le milieu des banques suisses, à regarder sous les couvertures ce que l’on y a balayé et à découvrir un milieu où l’ambition et l’argent sont le Saint-Graal de la réussite.

 

Il y a un autre élément qui m’a vraiment plu, c’est l’hommage à son éditeur que l’auteur a imbriqué dans le roman, une admiration bien sentie pour Bernard de Fallois. Cet aspect du roman est une véritable réussite d’intégration et cet hommage est particulièrement mérité pour ce grand éditeur français qui a, entre autres, largement participé à la création de la collection du Livre de poche. De plus, ce témoignage permettait un jeu passionnant entre la réalité et la fiction. En ce qui me concerne, cet hommage vaut à lui seul la lecture de ce roman.

 

Également, même si pour certains cela pourrait être dérangeant, j’ai apprécié la structure de ce roman qui s’échelonne sur trois temps différents. Parfois, le lecteur peut être désarçonné, mais après quelques chapitres, on s’y retrouve assez facilement. Et surtout, ce jeu avec la temporalité donne à l’histoire une dimension intéressante, des allers-retours qui précisent certains aspects importants de l’intrigue, une complexité qui donne de la « richesse » au récit.

 

Je tiens aussi à souligner la qualité et la complexité du personnage de Lev Levovitch. Dès le début, j’ai accroché à ce personnage un peu « outsider » et plus le récit avançait et plus le personnage prenait de l’ampleur. De bien des façons ! À vous de le découvrir !

 

Alors, me direz-vous, je le recommande ou pas ?

 

Eh bien, si vous cherchez le futur prix Nobel de littérature, passez votre chemin, ce roman ne vous plaira pas.

Mais si vous désirez une bonne lecture de détente, une bonne histoire, un suspense qui vous tient et une finale surprenante, vous pouvez faire confiance à Joël Dicker pour répondre à ces besoins.

 

Je vous souhaite bien du plaisir à la lecture de ce roman. Il peut vous en donner !

 

Bonne lecture !

 

 

L’énigme de la chambre 622

Joël Dicker

Éditions de Fallois

2020

569 pages

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