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Publié par Richard

Une chronique de Richard

 

Amateur de vin, lecteur de polars et passionné d’histoire, «La mémoire des vignes» de l’Américaine Ann Mah avait tout pour m’accrocher : une page couverture belle et intrigante, une 4e de couverture alléchante et un sujet pour le moins appétissant.

 

D’abord journaliste spécialiste en tourisme gastronomique, Ann Mah a écrit un essai sur l’art de la cuisine française qui a connu un énorme succès. Elle partage sa vie entre Washington et Paris, elle écrit dans le New-York Times. En 2018, elle commence une carrière d’écrivaine en publiant son premier roman « The lost vintage », traduit en français par Sophie Aslanides.

 

Et ce roman est une réussite !

 

Trois femmes sont au centre de ce roman.

 

Kate, une jeune sommelière de San Francisco, d’origine bourguignonne, revient au pays, dans la maison de son enfance pour améliorer sa connaissance du vin de sa région natale. Elle veut passer l’examen de la plus haute distinction œnologique, le prestigieux et très difficile concours de Master of Wine. Elle retourne donc dans la maison familiale habitée maintenant par son cousin Nico et sa femme, Heather.

 

Heather est la personne qui supporte toute la logistique entourant le domaine de son beau-père, Philippe. Le père se son mari. Pour un projet à long terme, elle a décidé de faire le ménage dans l’immense cave de la maison où se trouve un ramassis de vieilles choses, de boites en carton qui sentent l’humidité, des journaux, des livres, etc. Sur une de ces valises, des initiales sont inscrites H.M.C.

 

Dans cette valise, elles y retrouvent du linge, une carte de Paris, des photos en noir et blanc. Qui est H.M.C. ? Nulle part dans l’histoire de la famille et du domaine, on ne retrouve quelqu’un avec ces initiales. Puis, au fil du ménage de la cave, dans une boîte remplie de livres, les deux cousines découvrent un diplôme décerné à Mlle Hélène Marie Charpin. Un mystère entoure cette jeune femme et la personne qui pourrait en dire plus, refuse obstinément d’en parler. En disant que cette histoire devrait être oubliée.

 

Il n’en fallait pas plus pour aiguiser la curiosité de Kate et de Heather.

 

Le lecteur, à l’insu des deux femmes, est plongé dans le journal personnel de cette Hélène et apprend, au fil des pages, le quotidien d’un vignoble avant et pendant l’occupation. Comment l’arrivée des Allemands a modifié la vie des villageois et transformé certains de ses habitants en collaborateur ou en résistants. Passionnant !

 

Pendant ce temps, les deux cousines trouvent derrière un mur qui semble plus récent que le reste de la maison, un cellier rempli de bouteilles de vin des meilleurs millésimes, un lit et quelques meubles. Une véritable fortune ! On y apprend que certains vignerons bourguignons avaient construit ces celliers pour éviter que leurs meilleures bouteilles tombent aux mains des nazis.

 

En alternant entre les recherches des deux cousines, le silence de certaines personnes face à cette recherche, la vie sur le vignoble et le journal intime d’Hélène, l’auteure tisse une intrigue haletante, bien ficelée qui accroche le lecteur. Bref, on est scotché à l’histoire !

 

Bien sûr, on ne peut échapper à quelques histoires d’amour qui viennent pimenter cette quête de la vérité. Pas désagréable mais quand même un peu prévisible. Un petit défaut que l’on pardonne facilement !

 

Alors, si vous aimez les polars sans effusion de sang mais avec une bonne dose d’effusion de vin, si vous aimez ces histoires qui nous font remonter dans le temps avec nos yeux et notre jugement actuel, « La mémoire des vignes » saura répondre à votre besoin d’une bonne histoire bien écrite et bien documentée.

 

Un bon cru !

 

 

Quelques extraits :

 

« Mon cœur cognait si fort que je craignais qu’ils n’entendent ses battements frénétiques. C’est révoltant de devoir se soumettre aux inspections de ces gens, de redouter leur regard glacial, d’être traité avec tant de suspicion alors même qu’on n’a rien à cacher. »

Extrait du journal d’Hélène

 

« Nous mangeâmes et bûmes jusqu’à ce que le vin soit remplacé par le ratafia, un alcool maison fabriqué à partir du jus de raisin d’une puissance alcoolique quasiment mortelle. »

 

 

 

Bonne lecture !

 

 

La mémoire des vignes

Ann Mah

Éditions Cherche Midi

2019

469 pages

 

La mémoire des vignes
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