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Publié par Christophe

Il fut un jeune soldat

Par Christophe Rodriguez

«Le froid monta à regret de la terre et les brouillards en se levant révélèrent des troupes au repos, étirées sur les collines. Tandis que le paysage passait du marron au vert, l’armée s’éveilla et commença à frémir d’impatience au bruit des rumeurs. Les regards se tournèrent vers les routes qui, de longues dépressions de boue liquide, se chargeaient en voies praticables. Un fleuve, à la couleur ambrée dans l’ombre des berges, murmurait au pied des soldats ».

Ce court paragraphe ne provient pas de l’un des sublimes romans de James Lee Burke qui a donné à sa Louisiane natale des couleurs plus que chatoyantes, mais bien d’un jeune homme, écrivain/journaliste qui disparaîtra en 1900, après avoir contracté la tuberculose. Par L’insigne rouge du courage que vient de rééditer Gallmeister avec une nouvelle traduction, est un roman sur la guerre, l’engagement, la peur, au temps de la guerre de Sécession.

Considérés comme l’une des œuvres phares de la littérature américaine, dixit Ernest Hemingway qui en connaissait un peu sur la fiction, nous vous recommandons fortement cette prose qui n’a pas pris une ride. Changez les lieux, et vous pourriez faire un bond en 1914, dans les tranchées ou pendant la guerre du Vietnam.

Le corps à corps

Il s’appelle tout simplement le jeune homme. Secrètement, il rêve de grandes batailles comme à l’époque de l’empire grec. Sachant qu’une guerre divise son pays, les États-Unis , il n’a pas vraiment le sens du devoir, mais plutôt celui de l’aventure ou mieux, encore, donner un but à sa morne vie de paysan.

Contre l’avis de sa mère qui lui fait rapidement comprendre que les «morts peuvent se ramasser à la pelle», il s’engage.

Porté par une écriture parfois poétique, le jeune homme va découvrir la vie du régiment, ses frères d’armes qui espèrent en découdre, sinon à quoi bon être soldat ? Au fil des pages, l’emploi de mots simples, parfois minimalistes évoque certains films de guerre comme : À l’Ouest rien de nouveau, Le crabe tambour et dans une moindre mesure, Il faut sauver le soldat Ryan.

Lors de la première escarmouche, il s’enfuit, pétrifié de terreur, mais il reviendra avec une blessure au front, le fameux insigne rouge qui lui « ouvrira » la porte de la bravoure.

Une conclusion universelle et un roman magistral que bien des étudiants et étudiantes devraient lire!

Bonne lecture !

 

L’insigne rouge du courage

Stephen Crane

Gallmeister,

210 p.

2020

 

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