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Publié par Richard

Une chronique de Richard

 

La sortie d’un nouveau roman de Roger Jon Ellory est toujours un événement attendu par beaucoup de lecteurs québécois. Ses deux venues aux printemps meurtriers de Knowlton ont fait en sorte que nous avons découvert un homme attachant avec un immense talent.

 

« Le chant de l’assassin » est un des meilleurs romans d’Ellory, du calibre de « Seul le silence », son roman le plus marquant. Une histoire prenante, des personnages qui vous collent à la peau et des descriptions des mœurs et de la vie du Texas profond à couper le souffle. Ce roman est un thriller captivant mais il est avant tout une étude de mœurs, une analyse psychologique passionnante et une étude sociologique exhaustive de la vie et des gens d’un village reculé du Texas profond. Sous le joug d’un shérif aux pouvoirs d’un dictateur omniprésent.

 

Henry Quinn vient de sortir de prison. Une folie d’adolescent, une malchance l’a envoyé dans cette université du crime que sont les prisons. Un ado un peu en boisson, tire des balles de fusil sur des cannes de métal; une d’elles dévie de son chemin et touche en pleine poitrine la voisine. Elle s’en tirera mais pas lui. Il est condamné à plus de trois ans de prison.

 

En détention, il partage sa cellule avec Evan Riggs, lui qui a tué un homme en le battant à mort. Il est condamné à perpétuité. L’histoire de ce détenu est navrante, son amour de la musique n’a pas réussi à lui faire oublier le vide intérieur qui l’habite. Malgré le succès de son premier disque, il continue à creuser son malheur dans les petites villes du Texas. Un soir, tellement saoul qu’il ne se souvient de rien, il se bat avec un homme et le tue.

 

 

Quand Henry Quinn sort de prison, Evan Riggs lui demande d’aller porter une lettre à sa fille, un enfant qu’il n’a jamais vu et qui aujourd’hui doit avoir plus de vingt ans. Avec la lettre en poche, Henry se dirige vers la ville de Calvary où vit la famille de Riggs. Évidemment, comme on connait Ellory, la remise de la missive ne se fera pas aussi facilement qu’une lettre à la poste.

 

Muni de cette promesse solennelle de remettre ce message en mains propres il arrive dans cette ville contrôlée par le frère de son co-détenu qui y est shérif. Ce qui s’avérait une tache assez facile devient pratiquement impossible quand les habitants de la ville gardent le silence dans une opacité complète. Tous semblent avoir peur du shérif ! Et la fille recherchée n’y est plus depuis sa naissance. Adoptée … mais par qui ?

 

La recherche sera difficile. Les secrets sont très bien enfouis et comme sous chaque pierre du Texas, il y a un serpent qui sommeille. Et Carson Riggs, le shérif, les nourrit au venin pour être certain qu’ils mordront comme il faut.

 

Ce roman est écrit sur une portée de feuille de musique aux tonalités de la mélancolique chanson des « lonesome cowboys ». Un six pack de bière, des cigarettes et un guitare suffisent à exprimer le spleen du musicien texan. Mais dès que les questions fusent, rien ne peut altérer le silence. Même la musique se tait.

 

Ellory nous présente une fresque magistrale sur les États-Unis du sud par le biais de cette ville que l’on pourrait croire typique. Son écriture toute en nuances, ses images qui nous parlent et sa capacité à nous raconter une histoire prenante, tout cela fait en sorte que je vous le recommande sans réserve.

 

Du grand Ellory à la mesure de son immense talent !

 

 

Bonne lecture !

 

 

 

Le chant de l’assassin

R.J. Ellory

Éditions Sonatine

2019492 pages

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