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Publié par Christophe

Un héros bien discret

Par Christophe Rodriguez

Au fil du temps et surtout grâce au documentaire d’Alain Stanké, nous avons redécouvert la vie de Léo Major, soldat d’exception. Parfois, certains l’affublent assez grossièrement du titre de «  rambo québécois  », ce qui est une grave erreur, puisque cet homme modeste était tout, sauf un mercenaire.

De 1940 à 1945, il servit au sein du Régiment de la Chaudière, puis en Corée avec le Royal 22e régiment de 1950 à 1952.

Enfant turbulent, venant d’une famille modeste avec un père très autoritaire, il devint rapidement allergique à toute forme de tutelle, ce qui lui causa beaucoup de problèmes avec sa hiérarchie.

Sous la plume de l’historien militaire Luc Lépine avec deux préfaces assez éclairantes du capitaine à la retraite Éric Marmen et du major général Richard.V. Blanchette, nous revivons la vie d’un homme qui fut tout sauf banal. Étudiant honnête, nous comprendrons rapidement qu’il était fait pour l’action. Après avoir sauvé de la noyade trois jeunes filles en juillet 1936 dans le fleuve Saint-Laurent, c’est sur les chantiers de construction qu’il développe son habileté pour les opérations périlleuses, soit le dynamitage de roche pour consolider les pieux.

L’appel du large

En septembre 1939, quand l’Allemagne envahit la Pologne, le Canada entre en guerre. Célibataire comme bien des jeunes hommes, et malheureusement au chômage, il voit dans son incorporation, une manière de s’en sortir, sans trop savoir ce qui l’attendait. Cette grande aventure sera marquée par de durs moments, des entrainements intensifs, deux séjours à l’hôpital ainsi que des blâmes pour absences injustifiées !

Jamais meneur d’hommes et refusant les honneurs, c’est à Caen qu’il connaitra ses premiers faits d’armes, surtout comme tireur d’élite particulièrement efficace. Nous apprendrons, qu’il a refusé d’éliminer le simple soldat, prenant dans sa ligne de mire, les hauts gradés. Malgré un œil abimé par un éclat de grenade, d’où son surnom du fantôme borgne, il progressera jusqu’en Hollande ainsi qu’aux Pays-Bas.

En janvier 1945, il libèrera avec un sang-froid extraordinaire doublé d’un coup de génie, la petite ville néerlandaise de Zwolle, faisant croire à l’occupant nazi, qu’elle était entièrement encerclée. Souvent dépeinte au cinéma, il faut croire que certains scénaristes ont lu les exploits de Leo Major. Il récidivera lors de la guerre de Corée, mais dans un autre contexte, tout aussi dangereux.

Léo, parce qu’au fil de la lecture, il devient notre ami, subira de plein fouet le choc post-traumatique. Abusant de la dive bouteille pour oublier les morts, son ami Willy Arseneault, trop tôt disparu ainsi que deux jeunes soldats allemands qu’il aura abattus, le chemin vers la délivrance fut long. Il redécouvrira ses enfants et fut honoré maintes fois par les Pays-Bas. Une biographie toute simple à l’image d’un homme modeste qui s’ouvrira tardivement et sans fards sur ses exploits.

Bonne lecture !

 

Léo Major, Un héros résilient

Luc Lépine

Éditions Hurtubise,

197 p

 

 

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