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Publié par Christophe

La terre de nos aïeux et après ?

Une chronique de Christophe Rodriguez

L’année dernière, à peu près au même moment, nous découvrions Underground Railroad, de l’auteur américain Colson Withehead qui fut couronné du prix Pulitzer. Cette longue histoire sous forme de fiction, mais avec des faits historiques indéniables, racontait la fuite d’esclaves vers le nord, par une route imaginaire inscrite dans les mémoires du temps.

Dans le même état d’esprit, et animé d’une violence encore plus sourde, nous vous recommandons fortement : Ici n’est plus ici du jeune auteur américain cheyenne Tommy Orange.

En ces temps troubles, ou un président «twitte» plus rapidement que son ombre sans l’intelligence du célèbre cowboy Lucky Luke, en ces temps, où l’immigration fait la manchette chez nos voisins du sud,  Tommy Orange nous rappelle que la vie des Amérindiens ne valait pas très cher, avant et maintenant.

Douze hommes en quête d’identité

Dans la ville d’Oakland, et nous parlons d’aujourd’hui, la vie de ces jeunes autochtones n’est pas particulièrement réjouissante. Stigmatisés dès leur enfance, la plupart vivotent ou essaient de s’en sortir.

En prologue, le romancier raconte ce que fut la vie de ses ancêtres et croyez-en votre blogueur, les pages sont éprouvantes. De massacres en déportations et de pillages en outrages, le mythe de l’homme blanc « libérateur » en prend un coup… historique. Après des décennies de recherche, nous savons que les grands espaces américains ne se sont pas construits benoitement et les Indiens d’Amérique furent pourchassés sans relâche. S’ils sont devenus « des créatures à plumes  » selon le jeune auteur, comment réconcilier le passé et le présent ?

Au fil des chapitres qui ne sont pas des nouvelles, précisons-le, vous allez découvrir les protagonistes. Tous de descendance amérindienne, ils se préparent au grand pow-wow, censé rassembler les communautés. Certains y voient une manière de transmettre un héritage culturel, tandis que d’autres veulent dénoncer un passé marqué au fer rouge. Que ce soit Orvil, Opal ou Bill, le vétéran du Vietnam, tout un chacun porte une cicatrice, un fardeau, soit celui d’une mémoire qui s’est perdu dans l’acier des villes. Ces exclus du rêve américain souhaitent tous quelque chose, mais quoi au juste ?

Avec un prix PEN/Hemingway et meilleur roman de l’année par la presse américaine, ce jeune auteur à la plume trempée dans les souvenirs est sans contredit LA révélation de cette rentrée littéraire.

Bonne lecture !

 

Ici n’est plus ici

Tommy Orange

Éditions Albin Michel,

2019

352 pages

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Commenter cet article

Alex-Mot-à-Mots 05/09/2019 16:10

Il me tente de plus en plus. Sa couverture orange m'avait attiré.

Richard 05/09/2019 19:34

Moi aussi, il me tente beaucoup !