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Publié par Richard

Une chronique de Richard

 

Il aura fallu cinq ans d’attente après Violence à l’origine pour retrouver, avec grand plaisir, le formidable duo de policiers de l’auteur québécois, Martin Michaud. Victor Lessard et son ineffable collègue Jacinthe Taillon sont de retour et en pleine forme (façon de parler surtout en ce qui concerne Victor). Plusieurs d’entre vous, chers lecteurs et lectrices de ce blogue, avez trompé l’ennui en suivant la série télévisée mettant en vedette Patrice Robitaille et Julie Le Breton mais quand même, le retour de ces deux comparses était attendu. Avec impatience !

 

Pardonnons tout de suite à Martin Michaud qui a la chance d’alterner entre le métier de scénariste et celui de romancier, car cette nouvelle enquête, Ghetto X, tient parfaitement la route. Elle a le don de nous river sur notre siège de lecture et, quand on a terminé, on se demande si nous devrons attendre encore cinq ans pour retrouver la mangeuse de graines de tournesol et le ténébreux policier au passé trouble.

 

Passons à l'histoire ...

 

Après avoir démissionné de son poste à la section des Crimes majeurs du Service de la police de Montréal, Victor Lessard travaille à la sécurité du Casino de Montréal. Non non, on ne retrouve pas notre héros assis bien confortablement devant des dizaines d’écrans de surveillance, mais plutôt dans une position précaire au 6e étage de l’ancien pavillon de la France devenu casino, parlementant avec un apprenti suicidaire venant de perdre tout l’argent emprunté à son fils.

 

Pendant ce moment tragique, quelques kilomètres plus loin, Jacinthe Taillon lui laisse un message sur son cellulaire. Elle voudrait lui parler de quelque chose en précisant, toutefois que non, elle ne s’ennuie pas de lui. Gentillesse oblige !

 

Deux heures plus tard, Victor se retrouve donc penché au-dessus d’un cadavre et accueilli par les remarques savoureuses (pas toutes, quand même !) de l’artiste de la répartie et de la pro du sarcasme, Jacinthe Taillon dans toute sa splendeur. Même s’il voudrait se retrouver n’importe où ailleurs, Victor analyse la scène de crime, se concentre sur la provenance du projectile et annonce que le tireur devait être un « sniper de haut calibre » pour avoir atteint sa cible, ici au 44e étage de l’immeuble.

 

Connaissant le personnage, on se doute bien qu’il s’impliquera dans cette enquête. Mais une révélation de son mentor et ex-coéquipier sur son lit de mort, viendra bouleverser la vie presque tranquille de Victor. Dès ce moment, il sera carrément immergé dans son passé, ce passé qui a laissé des traces indélébiles, qui fait de lui cet être un peu trouble, en veine de connaitre cette vérité si bien cachée. Ces révélations étonnantes sur les actions de son père deviendront rapidement un des éléments importants de cette enquête.

 

Et cee journaliste assassiné, quel sujet poursuivait-il ? La corruption, le terrorisme, les activités de la mafia russe, la montée d’un groupe d’extrême droite et des suprémacistes blancs. Les sujets ne manquaient pas et l’enquête prend des proportions tellement importantes que le Service de police de Montréal devra collaborer avec la Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS).  

 

 

Après ces cinq années d’absence, j’ai retrouvé avec joie les deux personnages de Michaud. Victor, plus réflexif, plus sensible et avec une difficulté énorme à contenir cette violence intérieure qui le consume. Jacinthe, toujours aussi bourrue, un peu vulgaire, toujours une réplique piquante, prête à attaquer, avec un appétit sans limites, mais avec une humanité extraordinaire. Quel duo !

 

Comme dans toutes les enquêtes de Victor Lessard, Martin Michaud utilise tous les outils qui font d’un polar, un très bon roman. Son expérience de scénariste nous donne un roman avec du rythme, des allers-retours dans le temps qui alimentent la curiosité du lecteur, des dialogues savoureux et des rebondissements crédibles et bien dosés.  Dans ce roman, l’auteur nous démontre clairement son talent.

 

Cette cinquième enquête du duo Lessard-Taillon est nettement la meilleure de cette série. Avec ce tout dernier roman, Martin Michaud confirme sa place au milieu des meilleurs auteurs de polars québécois. Et j’oserais même dire, n’en déplaise à mes amis français, que Martin Michaud nous donne d’aussi bons polars que les excellents Franck Thilliez, Karine Giebel, Jean-Christophe Grangé, Jacques Saussey et Olivier Norek.

 

 

Lecteurs européens, n’ayez pas peur de lire les auteurs qui écrivent en français de l’autre côté de l’Atlantique ! Et vous lecteurs québécois, soyons fiers de notre littérature ! Même si elle est peu lue dans la francophonie (ça commence à changer …), elle est quand même excellente ! Martin Michaud en est ici, la preuve vivante !

 

 

 

 

 

Bonne lecture !

 

 

Ghetto X

Martin Michaud

Éditions Libre Expression

Août 2019

546 pages

 

 

 

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