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Publié par Richard

"Depuis tout petit, j'ai toujours détesté la mer."

Une chronique de Richard

 

Mollusque. Fable écologique, farce gastronomique ou métamorphose fantaisiste, voilà les mots qui me viennent à l'esprit, après la lecture de ce roman.

 

Cécilia Castelli, pour son premier roman, a décidé de transgresser les genres, dépoussiérer le style et nous offrir un roman déjanté avec une histoire impossible, mais avec un fond de réflexion qui dépasse les 150 pages de cette histoire abracadabrante.  

 

Patrice possède le mot de passe pour un rabais assez incroyable au restaurant Le Rhino. À la place d’une addition astronomique, avec ce mot de passe, il peut dévaliser le buffet pour 15 euros. Toutes les semaines, il invite Gérard, son ami et narrateur du roman, à partager sa table. La première fois, Gérard a été suspicieux, n’a pas pris de vin et s’est demandé où était l’arnaque.

 

Chaque semaine, c’est la fête ! On bouffe, on décortique, on suce, on cause bigorneaux et pattes de crabe et on arrose le tout. Avec panache et toujours à 15 euros.

 

Puis, par une belle journée de bord de mer, Patrice annonce à son ami que, pour lui, c’est terminé, il commençait un régime. Qu’à partir de maintenant, il ferait attention à son alimentation!

 

Commence alors, une lente, mais inéluctable transformation ! Gérard y assiste impuissant, avec toute l’affliction d’une peine d’amitié. Jusqu’où se poursuivra cette métamorphose incompréhensible ?

 

Cécilia Castelli nous raconte cette histoire avec brio tout en nous présentant un roman qui porte le lecteur à la réflexion. Bien sûr, il y a le premier niveau avec ses rebondissements et ses péripéties. Mais ce qui compte dans cette lecture, c’est de se laisser porter par l’imaginaire de l’auteure et de découvrir les réflexions qui se cachent derrière cette fable.

 

Mollusque pose des questions sur notre société de consommation, sur le respect de l’environnement et notre comportement en tant que locataire de cette terre (et cette mer) qui n’appartient qu’à nos futurs enfants. Mais aussi, Cécilia Castelli nous présente ici, un superbe roman sur l’amitié et la culpabilité.

 

Mollusque, ce premier roman, est annonciateur de grandes choses pour cette auteure qui est capable de nous surprendre avec cette histoire. Je suis certain, en regardant son talent, que son deuxième roman saura aussi, nous surprendre.

 

Merci Cécilia, pour ce moment de folie "gastéropodique" !

 

Bonne lecture !

 

 

« Par contre – on se console comme on peut – tu savais, toi, que les bigorneaux perdaient leur sexe à l’automne tout ça pour en avoir un beaucoup plus gros au début du printemps. »

 

« Quoi que je fasse, j’étais toujours pour elle un fardeau, un gosse de trop, même si j’étais enfant unique. »

 

« Un jour, je me disais que l’amitié était un vaste merdier, une belle chierie qui n’avait ni queue ni tête. Que c’était comme l’amour, que ça pouvait exploser même après vingt-cinq ans de relations et de confidences. Qu’on avait beau avoir partagé le gîte et le couvert, s’être juré de finir séniles main dans la main, eh bien, les promesses pouvaient s’envoler d’un claquement d’ailes. »

 

 

 

Mollusque

Cécilia Castelli

Éditions Le serpent à plumes

2018

151 pages

 

 

 

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Commenter cet article

Alex-Mot-à-Mots 11/07/2019 09:51

Une auteure prometteuse, je note ce titre.

Richard 11/07/2019 13:54

Du talent à revendre !