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Publié par Richard

Une chronique de Richard

 

Depuis quelques années, la vague du polar suédois a envahi les gondoles (j’allais dire les drakkars ??) de nos librairies. Poussées par les auteurs fétiches de la littérature nordique ( le duo Maj Sjöwall et Per Walhöö et surtout par Henning Mankell) et par l’arrivée du phénomène Stieg Larsson, les maisons d’édition nous présentent, à grands coups de bandeaux rouges et de déclarations-choc, les huit reines du polar scandinave et les six rois du polar islandais ou suédois. Bref, on ne doit pas laisser son sens critique à la maison quand on lit ces publicités racoleuses et parfois, un peu beaucoup exagérées.

 

Le lecteur apprend et il devient de plus en plus prudent.

Soyons et restons sceptiques !

 

Cependant, quelque part entre l’Europe et le Groenland, il existe une île de plus de 600 000 personnes, où les habitants ont été marqués dès leur enfance par de grandes histoires, les fameuses sagas de familles. L’Islande nous offre des auteurs et des autrices de grand talent : Arnaldur Indridason, Arni Thorarinsson, Jon Kalman Stefansson et Yrsa Sigurdardottir, en sont des exemples concrets.

 

Et voilà qu’une autre auteure pointe le bout de sa plume dans le paysage du polar nordique. Avec un talent certain ! Lilja Sigurdardottir est une écrivaine à découvrir. « La cage » est le troisième tome de sa série « Reykjavik Noir » publiée en français aux éditions Métailié. Comme dans toute trilogie, il est souvent préférable de lire les romans en respectant l’ordre de publication. J’ai lu le premier « Piégée » (Excellent !), je n’ai pas lu le deuxième (par goût du risque et manque de temps) et me suis lancé dans le troisième, sans aucun problème. Alors, sentez-vous libre de les lire dans l’ordre qui vous plait !

 

« La cage », c’est avant tout, l’histoire d’Agla ! Une femme douée pour la finance et accusée d’évasion de capitaux. Elle est en prison, déprimée et en peine d’amour. Elle tente de se suicider. Sauvée de justesse ! Elle reçoit la visite d’un homme qui lui demande de fouiller le dossier nébuleux du stockage de l’aluminium, en Islande. De sa cellule, elle placera ses pions (principalement Maria une journaliste d’investigation, celle par qui elle a été accusée) pour découvrir ce qui se cache derrière les agissements de la compagnie Météorite.

 

Entre temps, une jeune junkie vient la séduire et lui fait oublier celle qui l’a laissé tomber et qui était une des causes de sa tentative de suicide. Élisa, cette jeune femme tout juste sortie de l’adolescence, saura-t-elle remplacer Sonia dans le cœur d’Agla ? Et à quel prix ?

 

Pendant ce temps, un jeune adolescent, fils d’un homme d’affaires impliqué dans une mafia de « cols blancs », obnubilé par le discours haineux d’une certaine radio-poubelle, prépare un grand coup pour impressionner la jeune fille qu’il fréquente.

 

Évidemment, vous vous doutez bien que toutes ces histoires vont se rencontrer, quelque part dans les dernières pages de cette trilogie.

 

Lilja Siugurdardottir, dans un style épuré, sans fioriture inutile, nous dépeint une partie de la société islandaise marquée par la corruption et les manigances des « bandits en cravate ». Dès le début du roman, le lecteur est accroché à l’histoire … et inutile de vous débattre pour vous décrocher de l’hameçon, l’autrice vous maintient dans le suspense du récit à coups de courts chapitres, dans un rythme effréné. Balloté d’un personnage à l’autre, chaque chapitre vous immerge au cœur de l’action. Des temps morts ? Non ! Des revirements ? Oh oui ! Du plaisir à aimer ou détester les personnages ? À chaque chapître. Des surprises ? Jusqu’à la fin !

 

Un élément remarquable chez cette digne représentante de la littérature islandaise, comme pour certains de ses collègues écrivains, elle possède un regard critique étonnant sur son pays, la société dans laquelle elle vit et qu’elle veut nous faire connaitre. On a souvent l’impression de se faire raconter plus qu’une histoire. Mais de se faire raconter un pays, une société.

 

 

Je vous recommande fortement la lecture des romans de Lilja Sigurdardottir. Et surtout, ne vous laissez pas impressionner par les noms des personnages (et même des auteurs …) ! C’est tellement simple ! En Islande, on ne lègue pas de patronyme à ses enfants. On ajoute « dottir » au prénom du père pour les filles et « son » aux garçons. Donc Arnaldur est le fils d’un certain Indridi et Lilja est la fille de Sigurdar.

 

Alors, laissez-vous tenter par l’aventure du polar islandais …  Et si j’étais né en Islande, je signerais cette chronique,

 

Richard Henrison !!!

 

 

Bonne lecture !

 

 

La Cage

Lilja Sigurdardottir

Éditions Métailié Noir

2018

312 pages

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