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Publié par Richard

« La vérité du romancier est dans les marges de son roman »

Une chronique de Richard

 

Congé de polar, aujourd’hui. Je tasse les fusils, les poisons et les autres outils des meurtriers pour vous parler de chaudière pour laver les planchers et de la charrette d’une certaine Pélagie.  Mais surtout, pour vous parler d’Antonine Maillet, une des grandes auteures de ce côté-ci de l’Atlantique …et aussi connue et reconnue dans les vieux pays, comme aurait dit la Sagouine.

 

Oui je laisse le polar de côté pour cette journée de Fête nationale pour vous parler de la plus québécoise des Acadiennes, moi, le Québécois de naissance, mais l’Acadien de descendance et de fierté .

 

« Clin d’œil au Temps qui passe » est un regard tendre d’Antonine Maillet sur sa vie, son œuvre, son pays (ses pays ?) et sa langue.

 

Tout au long de ses réflexions, on entend la voix de cette icône de la littérature canadienne-française, aux accents de la Sagouine et de Pélagie-la-charrette. De sa naissance à Bouctouche jusqu’à ses 90 ans, elle raconte, que dis-je, elle nous parle de tout, mais pas de rien. De la vie, de son écriture, de la naissance de ses personnages comme de la mort de ses parents, toujours avec son joli petit sourire en coin et son accent tout en nuances de mer.

 

Tout commence par l’enfance et la découverte des mots ! Et de la religion ! Mais à dix ans, un événement marquant parcourt le monde, la seconde guerre mondiale. Et dans la maison de la jeune Antonine, la radio fait aussi son apparition. Elle suit donc l’actualité avec ses « oreilles d’enfant » et commence, déjà à élaborer des histoires. « Je n’y comprenais pas grand-chose, mais j’étais maître en « faire accroire ». »

 

Voilà comment on devient écrivaine ! Et très rapidement, cette grande dame de la littérature nous raconte tout son cheminement littéraire. Des anecdotes savoureuses, des événements et surtout, la naissance de ses personnages fétiches qui nous ont marqués.

 

Tout d’abord La Sagouine, née pour une série d’émissions de radio. Ses premiers mots, « Je reste en bas, mais c’est pas là que je suis née. Ben plus haut, avant la guerre. » La vénérable laveuse de planchers venait de naître avec sa langue propre et son seau d’eau sale. Et l’extraordinaire comédienne, Viola Léger lui prêtait son visage et sa voix. Inoubliable !

 

Encore aujourd’hui, j’aime ré-écouter sa voix, entendre ses paroles et vibrer avec ses émotions. À la fin de la chronique, je mettrai un lien pour la voir et l’écouter.

 

Puis, il a eu Pélagie, Radi, Mariagélas, Évangéline deusse, Gapi, tous ces personnages qui ont peuplé notre imaginaire et qui sont encore vivants dans nos cœurs de lecteurs. Et grâce à ce monde et à son imaginaire, elle  est « entrée dans l’Histoire sans cogner. »

 

Enfin, dans les derniers chapitres, ses réflexions sur la vie, la mort et sa capacité à marcher entre les lignes nous donnent des pages magnifiques qui nous invitent à la relecture !

 

Cette chronique, je la termine en disant un grand merci à Antonine Maillet ! Et, je vous laisse, chers lecteurs et lectrices de ce blogue avec cette superbe phrase : « Entrer en littérature c’est en partie sortir de la ligne droite et franchir l’horizon des interdits. »

 

Bonne Fête nationale à tous les Québécois !

Bonne Saint-Jean !

 

 

Bonne lecture !

 

 

Clin d’œil au Temps qui passe

Antonine Maillet

Leméac Éditeur

2019

171 pages

 

 

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