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Publié par Richard

« La gloire est une drogue dure qu’il consomme sans modération. »

 

Une chronique de Richard

 

Le monde du polar québécois devient de moins en moins homogène, il se diversifie et nous offre des expériences bien différentes à chacune de nos lectures. Dominique Girard est ce genre d’auteure qui accepte de relever le défi et de surprendre son lectorat à chaque publication. À son premier roman « Camille », elle nous présentait une femme bien particulière qui à la fin de sa vie s’imprègne de poésie. Puis à son deuxième, "Boîte de messagerie sulfureuse", elle s’est penchée sur l'étrange univers de la sexualité sur les réseaux sociaux. Avec son tout dernier roman « Bonheur meurtrier », l’auteure nous plonge dans le monde des gourous de la psycho pop et de leur entourage.

 

L’histoire …

 

Richard Young est une vedette de la croissance personnelle. Ses livres sont attendus fébrilement par tous ses lecteurs et lectrices. Ses conférences sont courues. Ses passages dans les médias gonflent les cotes d’écoute et ses tribulations amoureuses font la une de l’actualité « artistique ». Il annonce même qu’il sera bientôt un père comblé, sa conjointe, Marika, une très jeune mannequin colombienne est enceinte.

 

 

Le drame éclate quand il ne se présente pas à sa séance de dédicaces du dimanche après-midi, au Salon du livre de Montréal. Une file de lecteurs à faire rêver tous les auteurs de fiction, attendent impatiemment leur « dispensateur de bonheur » Il est retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel, étendu sur le divan du salon, la lampe brisée par terre. Le médecin légiste trouve une contusion importante sur la tempe droite, mais s’explique mal la cause de la chute qui l’aurait provoquée.

 

Intoxication, meurtre, suicide, à cette étape de l’investigation, toutes les hypothèses sont plausibles et envisagées.

 

Cathie Lebel, enquêtrice au  poste de quartier 20 du service de police de Montréal et son collègue Hugo Gagnon sont chargés du dossier. Ils auront tout un travail, car le gourou de la croissance personnelle avait autour de lui bien des personnes, des gens qui l’adoraient, d’autres le détestaient et certains oscillaient entre les deux.

 

Audrey Leblanc, son attachée de presse, travaille avec lui depuis le début. En plus de gérer son agenda et de chouchouter les relations publiques, c’est elle qui écrit tous les textes de ses livres ; elle est son « écrivain fantôme » ! Elle se trouve sous-payée et surtout mal reconnue.

 

Pierre Roberge, un confrère d’école et un ami, gère tout l’aspect monétaire de sa carrière. L’écrivain vient de lui proposer d’investir dans un projet de centre de santé. Le comptable hésite, mais promet d’y réfléchir.

 

Elisabeth Donato, l’ex-femme de la victime, ronge son frein en regardant les succès littéraires, financiers et amoureux de Richard ; elle n’accepte pas encore qu’il l’ait laissé tomber pour une femme beaucoup plus jeune qu’elle. 

 

Réal Légaré, un vrai psychologue qui n’a pas le succès de son « ennemi juré ». Il est envieux, jaloux et n’accepte pas que ses compétences (les siennes qu’il juge plus réelles) ne soient pas reconnues à leur juste valeur. Il est moins glamour, moins dandy et son apparence influence négativement sa popularité.

 

Et la docteure Brigitte Thibeault, le médecin personnel de la victime. Elle affirme moins connaitre son patient et n’avoir que des rapports professionnels avec lui.

 

Cathie Lebel mène l’enquête et très rapidement, elle se rend compte que certaines personnes auraient intérêt à avoir assassiné le maître à penser de la psychologie du bonheur. La policière dénoue les fils qui enchevêtrent les circonstances de la mort de Richard Young. Nous comme lecteur, à coups de petites découvertes, nous apprenons graduellement à mieux connaitre ce personnage et tout ce qu’il cachait dans son jardin secret. Malgré que …« Derrière ses traits fins se cache un coffre-fort. »

 

 

Dominique Girard donne vie à ce personnage d’enquêtrice avec talent ; nous la suivons, autant dans son enquête que dans sa vie privée. Ce qui donne un personnage attachant … qui devrait, on l’espère, avoir l’occasion de nous charmer dans une prochaine enquête.

 

« Bonheur meurtrier » est un bon roman, une histoire qui se tient et qui est très bien écrite. Rien pour révolutionner le genre, mais tout pour plaire aux lecteurs de romans policiers classiques. Et passer un bon moment !

 

Bonne lecture !

 

 

Bonheur meurtrier

Dominique Girard

Fides Polar

2019

234 pages

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