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Publié par Richard

... (son) seul crime avait été de naître trop noir sur une terre trop blanche. Il avait terminé en fruit étrange et sordide, suspendu à un peuplier.

"Un fruit amer", page 84

Chronique rédigée par Richard

 

Voilà ce que l’on peut appeler un « page turner », un « thriller » haut de gamme, le genre de roman anti-sommeil qui vous tient éveillé toute la nuit.

« Un fruit amer » est un roman terrible, dur et franchement angoissant, compte tenu de la réalité contemporaine qui nous préoccupe.

« Un fruit amer », c’est un roman sur le racisme, sur la ségrégation raciale aux États-Unis pendant les années soixante.

« Un fruit amer », c’est aussi une page couverture terrible très révélatrice de ce qui vous attend en ouvrant les pages de ce livre : la renaissance du Ku Klux Klan dans une petite ville de l’Alabama et l’utilisation du feu par les suprémacistes blancs pour nettoyer une race inférieure.

 

« Un fruit amer », c’est  d’abord et avant tout, le corps d’un jeune noir, suspendu à la branche d’un arbre.

 

Mai 1963, la ville de Birmingham risque d’exploser à tous moments. Après l’arrestation de Martin Luther King, les manifestations se succèdent et le shérif de la ville, Eugene « Bull » Connor, personnage réel, adore ces confrontations et se sert de tous les moyens pour réprimer les manifestations.

 

En cette journée du 7 mai, au milieu de la panique créée par la répression des forces policières, une jeune blanche est arrêtée. Meredith est la fille unique du principal employeur du comté de Woodbrige, Michael Clarence, contracteur riche, employeur craint et raciste.

 

Fin juillet, on retrouve dans la forêt, le corps d’une jeune fille. Elle a été sauvagement battue, violée et laissée à l’abandon, en pature pour les animaux. Le corps est tellement mutilé que l’identification est très difficile. La police locale finit par découvrir que le corps est celui de Meredith Clarence, qu’elle était enceinte et que le père était un jeune noir.

 

Alors, dans la tête du shérif Conrad Miller et de son adjoint Burt Wallace, il ne fait aucun doute que le jeune noir est le coupable. Aucune preuve, aucun témoignage crédible, rien n’arrête ces policiers corrompus. Et évidemment, la justice divine, celle du KKK, passera très rapidement à l’action. Pendant un raid nocturne, des membres de la secte aux chapeaux coniques battent à mort le jeune noir, le pendent à un arbre, tuent ses parents et mettent le feu à leur modeste maison.

 

Unanimement, tous les citoyens (blancs) de la ville se rangent derrière ce simulacre de justice. Sauf les membres des groupes de citoyens noirs, un jeune journaliste du quotidien local et une jeune recrue du FBI, envoyée par sa hiérarchie pour découvrir ce qui se cache derrière l’affaire de la jeune Meredith.

 

Commence alors une lutte sans merci entre les deux groupes. Le jeune agent du FBI réussira-t-il à lutter contre toute une ville, des policiers corrompus, des élites municipales qui manipulent de loin et les membres sous-fifres des KKK ? Est-ce que la vraie justice pourra se manifester ?

 

Ce premier roman de Nicolas Koch est une réussite totale. Assez que je me suis demandé si c’était une traduction d’un auteur américain. Eh bien non, Nicolas Koch est Français. Un Français de la Normandie. Mais surtout, Nicolas Koch est un jeune écrivain que nous devrons suivre dans ses prochains romans. S’il continue à construire des intrigues aussi bien ficelées, à nous démontrer un style aussi efficace, ciselé à la machette et à nous donner encore des romans aussi captivants. En ce qui me concerne, ce romancier possède tout un avenir !

 

À découvrir … et attention à vos nuits de sommeil !

 

Bonne lecture !

 

 

 

 

Un fruit amer

Nicolas Koch

Éditions de saxus

2019

499 pages

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Commenter cet article
J
Mon cher Richard, pour moi ce roman approche du navet, non pour le thème ou le rythme ou les personnages, mais parce qu'il est si mal écrit que la maison d'édition devrait se faire un seppuku d’urgence ! <br /> D'habitude je me porte bien de tes conseils, là j'avoue une immense déception. J'ai même cru à une mauvaise traduction ! Alors que c'est écrit en (mauvais) français... par un français. <br /> On ne gagne pas à tous les coups.<br /> Bises amicales
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R
Ma chère Jeanne, j'avoue avoir eu quelques questionnements ... que j'ai vite mis sur le compte de la jeunesse. J'ai quand même apprécié l'histoire et les personnages. Bises XOXO