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Publié par Richard

Depuis la sortie de son premier roman « L’affaire Mélodie Cormier », Guillaume Morrissette est devenu un incontournable du polar québécois. Situant son action à Trois-Rivières, le créateur de l’inspecteur Jean-Sébastien Héroux, donne à cette petite ville tranquille, des airs de ville du péché et du crime. C’est un peu exagéré mais c’est bon et on y croit.

 

Avec son tout dernier roman (Dernière heure ... vient de sortir chez Guy-Saint-Jean, le plus récent roman de Guillaume, "Le tribunal de la rue Quirion"), « L’oracle et le revolver » l’auteur nous amène complètement ailleurs. Il quitte, momentanément le roman policier pour nous plonger dans une dystopie chargée de symboles. Très déstabilisant au début mais l’histoire nous reprend et nous embarque … dans la barque de l’Amiral.

 

Un bon matin, Joseph se réveille dans un endroit qu’il ne reconnait pas. Un homme est à son chevet et l’appelle « Maître ». Et en plus, cet homme se nomme Larbin, et il lui apprend qu’il est arrivé au village par bateau et qu’on l’attend depuis des années. Il est l’Amiral de la légende que l’on espère depuis très longtemps. Et aussi, il a tous les pouvoirs.

 

Dès sa première sortie, on lui demande de rendre justice. Les gens du village s’inclinent sur son passage, le vénèrent. Arrivé à la grande place, il fait face à l’Oracle, une sorte de justicier, qui semble posséder un ascendant incontestable sur le village et ses habitants. Il y a aussi le Barde, un jeune homme enchainé, condamné à mort pour avoir voulu fuir le village, un crime punissable par la peine de mort. Aussitôt que Joseph demande justice, on exécute le pauvre chanteur, sans aucune forme de procès. Pour Joseph, c’est la consternation ! Ce n'était pas l'image de la Justice qu'il se faisait ...

 

Et ce n’est pas terminé ! Joseph, que tout le monde appelle l’Amiral, ira de mauvaise surprise en mauvaise surprise. Tyrannie de l’Oracle, une justice rapide sur la culpabilité, une femme influente que personne ne voit et une petite chaloupe, navire sur lequel on lui dit qu’il est arrivé. Au fond de l’embarcation, il y découvre un revolver. Et dans le village, juste une balle !

 

Très rapidement, Joseph se rend compte que l’Oracle manipule tout le village et exerce un pouvoir énorme sur les villageois en utilisant la peur, l’intimidation et un livre de lois très drastiques, incontestables et expéditives. Le bras de la Justice est long et le maillet du juge est agile.

 

Des exemples de règles … :

  • On ne sort pas du village car ça pourrait changer notre façon de penser;
  • Une femme ne peut pas avoir d’enfant après ses vingt-cinq ans.

 

Heureusement, les découvertes de Joseph ne sont pas que négatives. Quelques personnes forment un noyau de résistance et espèrent un jour, renverser l’Oracle.

 

Évidemment, Joseph fera partie de ce groupe révolutionnaire mais la partie sera loin d’être simple et facile. La bataille sera rude et les affrontements féroces. Et le dernier face à face … Je n’en dis pas plus !

 

Guillaume Morrissette nous présente ici un roman prenant des allures de conte. Une fantaisie qui cache des questionnements moraux très contemporains. Ce village, tiraillé entre le Bien et le Mal, pourrait être le symbole d’une province, d’un pays faisant face à de grands enjeux et à des changements possibles. Lire « L’oracle et le revolver » peut être un exercice de détente et de plaisir; mais il peut aussi, être une occasion de réflexion …et de plaisir.

 

Guillaume nous montre un aspect différent de son talent d’écrivain, un imaginaire polyvalent, une écriture efficace et parfois même, un peu mordante. En nous invitant à poser un regard sur ce village et ses habitants, l’auteur nous offre une clé pour mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons. Il est très possible de lire cette histoire en restant au premier degré … mais, chers lecteurs, on peut doubler notre dopamine littéraire, en abandonnant notre intelligence au plaisir de la compréhension et de la découverte du second degré.

 

 

L’oracle et le revolver

Guillaume Morrissette

Guy Saint-Jean éditeur

2018

358 pages

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M
Les dystopies me plaisent généralement, j'aime ce nouveau genre littéraire. Ce livre a l'air cependant bien sombre... A voir.
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R
Mais on y rencontre un peu de "joyeux" ... malgré le sujet !