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Publié par Richard

Devant tant de beauté, mon coeur s'est emballé. Grâce à toi, mes souvenirs sont dorénavant exempts de laideur. J'espère pouvoir retrouver ce goût de toi à chaque détour de mes futures réminiscences.

Giovanni C. (page 185)

Par Richard Migneault

 

« Terminal Grand Nord », pays de froidure, désert blanc aride, la Côte-Nord

n’est pas nécessairement un endroit de villégiature hivernale. Mais ces grands espaces, la forêt boréale de pins et d’épinettes, le froid cinglant qui fait mal au visage, la neige qui craque sous les bottes et les sentiers de motoneiges quadrillant les forêts, composent un décor parfait pour un polar nordique, à la québécoise !

 

Dans « Terminal Grand Nord », Isabelle Lafortune a eu l’audace de mettre en scène les relations difficiles entre les peuples innus, amérindiens et blancs, en y ajoutant un peu de politique et quelques malversations de compagnies minières. Joli programme pour un premier roman très réussi !

 

En avril 2012, on retrouve le corps de deux jeunes Amérindiennes. Dans la région, le climat est tendu. Ce double meurtre s’ajoute au scandale impliquant deux policiers ayant eu des comportements inappropriés sur des jeunes filles innues.

 

Compte tenu de la tension politique, du caractère explosif de la situation, la ministre de la Justice délègue Émile Morin, le directeur des enquêtes criminelles de la Sureté du Québec. Policier chevronné avec une vaste expérience, son calme et ses compétences devraient aider à calmer le jeu. Celui-ci demande à son ami Giovanni Celani, un écrivain reconnu, qui a habité dans la région, de l’accompagner pour profiter de sa connaissance de l’endroit, de ses coutumes et surtout, des façons d’aborder les gens, blancs comme innus.

 

La tâche ne sera pas facile.  L’affaire est complexe ! Personne n’a remarqué la présence de ces deux jeunes filles. L’enquête piétine et des événements viennent rendre le travail des policiers encore plus ardu : la démission de la ministre de la Justice, le suicide de son remplaçant, les magouilles des compagnies minières et le trafic de drogues.

 

Pour notre grand plaisir, l’auteure enrichit l’histoire en nous dévoilant certains éléments de la vie familiale et privée de l’enquêteur Morin et du passé de son ami écrivain. Personnellement, j’ai beaucoup apprécié la présence de la fille de l’enquêteur dans cette histoire : avec fraîcheur et candeur, Angelune Morin ajoute une touche bien particulière au récit.

 

Des personnages principaux forts, mais aussi une galerie de personnages secondaires attachants, que l’on aime aimer. Pas tous, quand même !

 

Isabelle Lafortune possède une maitrise du récit assez impressionnante pour un premier roman. Malgré la complexité de l’affaire, elle réussit à accrocher le lecteur dans cette enquête passionnante. La tension monte et le suspense est maintenu.

 

Ses personnages sont bien construits, avec une complexité toute en nuances et en vraisemblance. Avec son écriture efficace et pleine de sensibilité, elle réussit à nous décrire la beauté des paysages, parfois leur laideur et la rigueur de ces lieux. On perçoit toute sa tendresse et son affection pour ce coin de pays et pour les gens qui l’habitent.

 

«Terminal Grand Nord, un premier roman ? Eh bien oui ! Avec des airs d’une œuvre maitrisée. Et avec ce talent annoncé de l’auteure, tout nous porte à croire que les futurs écrits d’Isabelle Lafortune seront attendus avec impatience.

 

Un premier roman à lire, sans faute ! Une romancière à découvrir avec plaisir !

 

Curiosité agréable … à chaque chapitre, l’auteure nous présente une citation du célèbre   philosophe florentin, Nicolas Machiavel. Y aurait-il des liens entre l’écriture et L’art de la guerre ? Isabelle Lafortune cache-t-elle quelques principes machiavéliques dans l’art d’écrire un polar ?

 

À nous de le découvrir !

 

Quelques extraits :

 

« Celui qui prétend mordre peut mordre n’importe quoi, mais son plus grand risque est de mordre la poussière. Fais attention à toi. Ce n’est pas parce que tu ressembles aux autres que tu fais partie des leurs. »

 

« Tout dans ce pays semblait recouvert d’une zone de flou. »

 

« Que de la neige et des sapins coiffés d’un ciel bleu azur. Cette lumière pure et cristalline était si belle que c’en était presque indécent. »

 

 

 

Bonne lecture !

 

 

Terminal Grand Nord

Isabelle Lafortune

Éditions XYZ

2019

348 pages

 

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