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Publié par Christelle

Cette chronique a été rédigée par Christelle Lison, toute nouvelle collaboratrice à Polar, noir et blanc.

Bienvenue Christelle !

 

Pour son nouveau roman, André Jacques nous propose de retrouver l’antiquaire Alexandre Jobin au cœur d’une histoire de faux tableaux. Partant de Montréal pour Barcelone puis pour Paris, accompagné par moment de sa chère Chrysanthy, le célèbre antiquaire doit faire preuve de beaucoup d’astuce pour retrouver un peintre disparu de la circulation depuis plusieurs années, Jordi Carvalho. Pourchassé par des russes, eux-mêmes suivi par Pavie, la fille d’Alexandre Jobin, l’antiquaire souhaite aussi venger Isabelle, sa jeune assistante, blessée par le cocktail Molotov lancé dans la vitrine de sa boutique.

 

Dans cette aventure, l’antiquaire risque de laisser des plumes, lui qui depuis quelques temps n’est déjà pas au meilleur de sa forme : « Déconne pas Alex. C’est pas d’une migraine que tu souffres, tu le sais. Mais d’un TSPT, d’un trouble de stress post-traumatique causé par tes expériences de guerre là-bas, dans les Balkans… et par tout le reste. ». Les cauchemars qui parsèment les pages du roman nous font d’ailleurs comprendre à quel point les souffrances causées par le passé militaire d’Alexandre sont profondes : « Elle l’entraîne devant la fosse. Un charnier. Un autre. Au fond, une dizaine de cadavres entremêlés. Des hommes surtout. Un adolescent à la gorge tranchée où s’agglutinent des mouches. Des visages tordus aux orbites vides. Des gueules ouvertes pour un dernier râle. ».

 

Une fois sur les traces de Jordi Carvalho, Alexandre Jobin comprend que l’histoire est plus compliquée qu’il ne l’imaginait et qu’il ne sera pas si aisé d’obtenir de nouvelles toiles, originales… car si le peintre a disparu, c’est peut-être aussi parce qu’il cache un terrible secret. « De vagues rumeurs. Carvalho aurait été mêlé à des affaires louches. Des affaires de mœurs. À cette période, au moment où nous l’avons rencontré, il était très perturbé. » Et qui est la jeune femme qui accompagne le peintre, celle que plusieurs surnomment la duègne : « Chandail rouge et pantalon noir. Trente ans peut-être. Sans doute moins. Deux yeux noirs cerclés d’un lourd maquillage noir. Ses traits, déjà durs, se figèrent en voyant le visiteur qui accompagnait Carvalho. ».

 

Si Alexandre Jobin est le protagoniste de cette histoire, André Jacques laisse une place importante à Pavie Parenteau, celle dont « la lame tranche l’oreille gauche à l’oreille droite. En un geste précis et rituel. » et à Jordi Carvalho, ce peintre tout droit sorti de l’imagination de l’auteur, mais dont le rouge ne peut que titiller nos yeux. Ces femmes aux yeux cernés, c’est près de 400 pages de plaisir pur, de descriptions fines qui nous emmènent au cœur de Barcelone puis aux pieds de la Tour Eiffel, de questionnements sur l’état de santé d’Alexandre Jobin, de secrets enfouis par Pavie Parenteau et de tendresses partagées.

 

Bonne lecture !

 

Ces femmes aux yeux cernés

André Jacques

Éditions Druide

2018

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Commenter cet article

Candice 10/12/2018 01:05

Très bel article, très intéressant et bien écrit. Je reviendrai me poser chez vous. A bientôt.

Richard 10/12/2018 02:48

Merci beaucoup Candice ! Toujours un plaisir de lie vos commentaires !